L’acte 10 des Gilets jaunes domine largement le “Grand débat” du pouvoir

L’acte 10 des Gilets jaunes domine largement le “Grand débat” du pouvoir

Après leur acte 10 amplement réussi, les Gilets jaunes occupent une position nettement dominante face au pouvoir et son “Grand débat”. Reste à trouver le coup gagnant.

À l’évidence, malgré les chiffres de participation toujours ridicules donnés par le ministère de l’Intérieur (l’agence de presse de presse américaine Reuters crut bon de doubler d’autorité celui indiqué pour Paris), malgré le black-out quasi total des médias du microcosme (acte 10 réduit une nouvelle fois à la portion congrue dans les suppléments dominicaux de ce jour), les Gilets jaunes ont amplement conforté le succès reconnu de l’acte précédent.

Avec un constat : une nette diminution des violences, d’ailleurs limitées à des confrontations en nette diminution avec les forces de l’ordre et aux exactions sporadiques de quelques casseurs de plus en plus isolés. Hiérarchie policière renâclant à relayer les ordres de répression d’un ministre Castaner toujours aussi hors-sol ? Essoufflement des troupes du front après 10 samedis de conflit ininterrompu ? Une chose est sûre : les Gilets jaunes tiennent le terrain.

Deux maires dissidents auront suffi à ruiner la stratégie présidentielle

En face, la contre-attaque du pouvoir avec son “Grand débat” patine sérieusement d’entrée. Deux constats :

  • un forcing en sur-régime manifeste pour un “chef de l’État” fébrile, peinant à tenir le marathon de ses interventions ; à chaque sortie, sa connerie-qui-tue : les pauvres « qui déconnent » ; les chômeurs qui « vivent mieux en faisant des allers-retours entre l’emploi et le chômage ».
  • une organisation confuse et mal maîtrisée ; l’intervention de deux maires “dissidents” aura suffi à ruiner la stratégie présidentielle : Christian Venries, maire de Saint-Cirgues, intimant le président d’arrêter « de stigmatiser, d’opposer, de mépriser », René Révol, maire de Grabels, révélant les dessous de l’organisation du grand raout macronien.

Au final, selon des sondages menés par des instituts pourtant acquis au pouvoir, la proportion des Français doutant de ce “Grand débat” (70 %) est à à peu près identique à celle de ceux qui s’obstinent à soutenir les Gilets jaunes (67 %).

Trouver le coup gagnant

Mais dominer n’est pas gagné. Un nul, c’est-à-dire un maintien du statu quo avec le roi adverse toujours trônant en son Élysée, équivaudrait à une défaite pour les Gilets jaunes… et pour l’immense majorité des citoyens français qui les soutiennent.

Il est clair que le but du jeu n’est plus de négocier quoi que ce soit avec l’adversaire, mais de le terrasser et de la contraindre à débarrasser le plancher. En bref, virer Macron et son équipe de voyous, dissoudre les institutions d’une 5e République apoplectique et en reconstruire une nouvelle.

Reste pour les Gilets jaunes à trouver le coup gagnant qui terrassera un pouvoir bousculé, discrédité, mais toujours aux manettes du pays.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.