Les jeunes Espagnols ruent dans les brancards d’un vieux monde moisi

Mouvement du 15 maiÇa y est, ça se bouge en Europe ! Au point que même nos médias microcosmiques sont contraints de l’admettre et d’en parler. Figurez-vous que nos jeunes amis ibériques ont décidé de mettre en pratique le « Indignez-vous ! » de ce cher Stéphane Hessel. En campant dans la rue.

« Ce que nous vivons, ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie »

« Ce que nous vivons, ce n’est pas une crise, c’est une escroquerie. Nous en avons assez de cette société gérée par des banquiers ! Assez de la petite politique à la petite semaine, assez de la résignation collective sous prétexte de protéger la démocratie des dangers de l’extrême droite ! »

Depuis le 15 mai, des dizaines de milliers de jeunes excédés descendent et campent chaque jour dans la rue et donnent (de la voix) un sacré coup de vieux à la représentation politique institutionnelle de leur pays.

« Il y a des alternatives politiques, il s’agit juste de les réinventer, sans violence mais avec fermeté. »

En face, la police ne s’embarrasse guère de ces considérations rhétoriques et tentent de disperser ces idées explosives et leurs auteurs à grands coups de matraques et de gaz lacrymogène.

Peine perdue, tous sites et réseaux sociaux — Facebook, Twitter… — en alerte, le « Mouvement du 15 mai » (cette appellation spontanée témoigne de son enracinement rapide) continue de s’accrocher au pavé. Plus de quarante villes désormais touchées.

« La démocratie, la vraie, maintenant, sans attendre ! »

Le Mouvement du 15 mai ne revendique pas seulement l’appel de notre Stéphane Hessel, mais s’inspire aussi de la résistance du peuple islandais face aux diktats de la finance internationale.

Pour l’heure, un premier objectif : tenir jusqu’aux élections municipales et régionales espagnoles du 22 mai, histoire de faire la nique à ces partis sénescents et discrédités qui leur sortent par les yeux.

Autant dire qu’en face, les appels au vote utile tombent comme mauvais slogans marketing dans le caniveau des incantations poussiéreuses. Aucune accusation de populisme ne semble en mesure d’enrayer ce torrent de colère qui oppose deux mondes, l’un en fin de vie, l’autre qui exige de pouvoir vivre.

Les Arabes, racontent les historiens, tentèrent jadis de pénétrer l’Europe par l’Espagne. Voilà qu’ils y exportent aujourd’hui leurs révolutions. Nos Charles Martel décrépis suffiront-ils cette fois à les arrêter ?

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.