Macron : une escalade de violence pour masquer un vide politique et une légitimité perdue

Macron : une escalade de violence pour masquer un vide politique et une légitimité perdue

On ne va bientôt plus pouvoir compter les condamnations formelles de la répression de plus en plus violente et aveugle que le gouvernement français exerce depuis des semaines contre le mouvement de protestation des Gilets jaunes. Elles émanent autant d’institutions comme le Défenseur des Droits, Amnesty International ou la Ligue des Droits de l’Homme que d’ONG, de syndicats, de magistrats, de collectifs citoyens, d’associations, de responsables politiques, d’intellectuels, d’anciens gradés de l’armée ou de la gendarmerie, de journalistes indépendants ou de la presse étrangère.

Rien n’y fait. Et rien n’y fera. Le choix de cette escalade de la violence de la part de l’État semble bien délibéré. D’une part parce qu’il n’a toujours pas la moindre solution politique à proposer – les enfumages des mesures de début janvier et du grand débat mort-né n’ont rien arrangé, d’autre part parce que ce choix apparait de plus en plus comme une manœuvre pure et simple, une stratégie froide et cynique : diaboliser le mouvement, le rendre responsable des violences, retourner l’opinion publique contre lui, l’isoler, l’écraser impitoyablement ensuite, et s’en glorifier au final. Avec la collaboration acharnée de toute une presse aux ordres, tout support confondus.

Un criant aveu de faiblesse politique

Bien que consistant en un criant aveu de faiblesse politique, ce plan peut marcher. La facture en serait colossale. Et les dégâts pire encore, alors qu’on continue de recenser les blessures graves parmi les manifestants ou de simples passants, les actes illégaux de la flicaille, les provocations, humiliations, menaces et intimidations, les arrestations arbitraires, les condamnations iniques, les dérives verbales scandaleuses de ministres ou de députés de la majorité, les poursuites judiciaires contre des opposants politiques, les chiffres bidonnés de l’Intérieur, les mensonges des médias, leurs sondages douteux, et les preuves de l’arrogance sans limite et du mépris de classe du banquier président lui-même.

Mais tout ceci, qui nous parait à raison proprement révoltant, semble donc justement fait pour exacerber la colère populaire, puis justifier de la réprimer plus violemment encore. Une sorte de politique de la terre brûlée dont le pouvoir ne peut guère espérer mieux qu’une victoire à la Pyrrhus, mais qui peut aussi entrainer la chute de la Macronie toute entière. Quoi qu’il en soit, quelle qu’ait été la légitimité, en réalité toute relative, dont Macron pouvait se prévaloir, il est train de la perdre, tout comme son autorité, jour après jour et peut-être définitivement, aux yeux de toute une population toujours aussi déterminée.

=> Photo : un pompier Gilet jaune, blessé à la tête par un tir de flashball dans le dos à Bordeaux, et plongé depuis dans un coma artificiel.

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Autodidacte en tout, café-théâtre, chanson française (auteur-compositeur-interprète), sculpture, photo, écriture, et même agriculture, en rupture de ban avec "le système", je me cantonne désormais à produire de la pensée et de l'émotion. Je n'attends pas de jours meilleurs (ils seront pires) mais j'en fabrique comme je peux...