Le débat sur la laïcité, ultime tentative de salut d’un pouvoir déliquescent

Donc les voilà qui engagent leur débat sur la laïcité. En catastrophe tant le nombre de défections, même dans leur camp, est à mourir de rire. Un vautrage annoncé aussi total que celle de leur grand-messe sur l’identité nationale… mais avec en ligne de mire des risques marqués de gangrène pestilentielle.

Faut-il qu’ils en tiennent une couche ! Faut-il qu’ils soient en panique, pour agiter en dépit du bon sens et avec autant de fébrilité leurs pitoyables oriflammes de la peur compassée ! Et de la haine de l’autre.

Leur seule réussite pour l’heure est d’avoir soudé contre eux l’ensemble des responsables de culte du pays. Lesquels se sont fendus d’une déclaration commune dans la Croix du 29 mars, prévenant d’un abus de « confusion » dans une « période trouble ».

Quand un « catho engagé » explique le voile musulman

Même la « catho » et son « magnifique héritage de civilisation » juge plus sain de prendre ses distances d’avec ces ouailles encombrantes.

« La politique actuelle consiste à souffler sur les braises, à désigner un bouc émissaire. Alors que le rôle premier d’un chef d’Etat doit être de garantir et d’incarner l’unité du pays. Depuis quand la division du peuple est-elle d’intérêt général ? » (Olivier Bobineau, « catholique engagé », dans une interview accordée à Ouest-France le 3 avril 2011)

Et notre sociologue des religions, enseignant à Sciences Po, chargé de la formation des imams à la laïcité à la « Catho de Paris » (si, si, c’est bien dans son CV ! ) de rajouter :

« 98% des musulmans vivent paisiblement leur foi en France et ne causent aucun trouble à l’ordre public. Les prières dans les rues, les créneaux horaires réservés aux femmes dans les piscines, les repas halal dans les cantines… sont autant de phénomènes marginaux. L’islam radical ne représente que 2% des effectifs. »

Oui mais ces signes de plus en plus ostentatoires d’appartenance religieuse, ce voile satanique, dans les rues, les lieux publics, et pas seulement dans « les quartiers »… ?

« Les jeunes de banlieues vont se regrouper entre eux, fonder des tribus dotés d’attributs : grammaire (le verlan), vêtements, musique, danse… Ce qui compte, c’est le symbole, l’affichage… Le voile fait partie de cet affichage. Cette contre-culture ne va pas cesser de se développer car elle s’oppose à la culture majoritaire. »

Les dangereuses dérives de la « non-banlieue »

Z’auraient tort de se priver, les « jeunes de banlieues », vu l’état de déliquescence des tenants auto-proclamés de la « culture majoritaire ».

Mériteraient même pas qu’on fasse un fromage de leurs agitations « laïcitardes », ceux-là… sauf que le ver frontiste est dans leur fruit blet. Ces idées nauséabondes ont beau être minoritaires dans le pays, elles prolifèrent sur le désarroi dégoûté d’une majorité de plus en plus silencieuse. Les dérives de la « non-banlieue » sont devenues aussi dangereuses que celles des « quartiers ».

Pas d’espoir de sortie de ce malsain tunnel à l’horizon ? Pas d’ilot de refuge en attendant la fin de cette tourmente ? Pas de « p’tites fleurs » sur le bourbier ?

Ah si, tiens, pour terminer sur une note plus printanière, cette magnifique « Lettre à ma fille » du chanteur kabyle Idir, texte de Grand Corps Malade, avec Thanina (la fille) au piano :

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.