Le mystère de la cagnotte des policiers : les réponses embarrassées de Leetchi

Le mystère de la cagnotte des policiers : les réponses embarrassées de Leetchi

Gros buzz autour de mes infos sur les étranges donateurs nocturnes de la cagnotte ouverte sur Leetchi en soutien aux forces de l’ordre. Leetchi a répondu par tweets [photo] ou via des médias comme le Huffington Post. Des réponses un brin tarabiscotées qui appellent irrésistiblement des questions et des précisions de ma part.

Selon Leetchi, l’anomalie de la nuit pour la cagnotte des policiers « serait liée à une banale opération de maintenance » et à « un ralentissement de la validation et donc de l’affichage en temps réel des sommes versées ».

  • Question : si la machine a été bloquée par l’afflux de dons, comment une telle quantité de dons a-t-elle pu être effectuée puisque ceux-ci se font et apparaissent directement en ligne ?

Le Huffington Post, qui n’a pas cru devoir me contacter, déclare n’avoir pas pu « vérifier ni l’authenticité ni la source originelle » de mes infos.

  • Réponse : je tiens à la disposition de la rédaction du Huffington Post, un fichier Excel relevant toutes les minutes la progression des dons durant toute la nuit et le début de la matinée.
  •  Je tiens également à disposition du Huffington, 150 captures d’écran prises à différents moments de la nuit, reçues par mail d’une autre source, et corroborant les informations données dans mon billet précédent.

Le Huffington Post, mais aussi les autres médias qui m’ont contacté dans la journée, peuvent-il interroger Leetchi sur les anomalies suivantes ?

  • Le mystère de la moyenne des dons par donateur restée quasi identique entre la veille (27,21€) et la fin de la nuit (27,41€) ; ce soir encore à 19h30, alors que le montant des dons a bondi à 1.233.853,12 euros pour 44.931 donateurs, la moyenne des dons reste étrangement scotchée à 27,46€/donateur ;
  • Le mystère des dons aux centimes près, dus probablement à des paiements en devises étrangères, mais très nombreux et réguliers tout au long de la nuit (puisque ce chiffre des centimes variait constamment).

Les étranges doublons constatés par le CheckNews de Libé

Mais voilà, il arrive aussi qu’on obtienne de très bonnes surprises et de précieux soutiens : le CheckNews de Libé sur l’affaire, par exemple. Citation :

On constate un nombre de doublons très conséquent. En retirant les personnes ayant fait des dons anonymes, on arrive à 24 274 personnes identifiées avec un nom et prénom. Sur ce total, seules 15 667 n’apparaissent qu’une seule fois. Les autres ont pu donner entre deux et… douze fois. Ainsi, 2 480 personnes ont donné deux fois, 685 personnes ont donné trois fois, 204 personnes ont donné quatre fois, 85 ont donné cinq fois, 31 ont donné six fois, sept personnes sept fois, huit personnes huit fois, deux personnes neuf fois, une personne dix fois, et deux personnes ont contribué à douze reprises.

Même s’il faut noter que certains noms génériques peuvent apparaître à plusieurs reprises (par exemple «Thierry Martin»), on remarque que 3 505 personnes (identifiées par le même nom et prénom) ont donné au moins deux fois, pour un nombre total de dons de 8 607. Soit près de 5 100 dons en “trop”, représentant 21 % des dons non-anonymes. Contacté par CheckNews, Leetchi n’a pas répondu sur ce sujet.

Je vais terminer ce billet de mise au point en livrant ma thèse sur les anomalies de cette cagnotte décidément bien mystérieuse (je dis bien “thèse” et non “affirmation”) :

Un ou plusieurs riches donateurs – du genre de ceux qui volèrent grassement à l’aide du candidat Macron en 2017 – ne pouvant verser leurs dons plantureux d’un seul tenant, ont confié à des robots informatiques (programmés pour certains en devises étrangères) le soin de lisser leurs dons en une multiplicité de petites donations régulières (27 euros et des poussières en moyenne, avec des noms fantaisistes de donateurs au petit bonheur la chance pour faire sérieux).

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.