WikiLeaks : représailles de l’Empire… et contre-offensive des « barbares »

De même qu’un ex-footballeur sema l’émoi dans un système bancaire fébrile, Assange et WikiLeaks forcent un Empire occidental humilié à dévoiler un visage bien moins avenant qu’il n’essaie de le laisser penser. Et bien plus vulnérable qu’il ne voudrait le croire.

Collusion vengeresse des « forces du Bien »

Résumons :

  • Un mandat d’arrêt international du Parquet suédois et d’Interpol contre Assange… pour un simple complément d’informations sur deux troubles accusations de viol (pardon, « sexe par surprise ») ;
  • l’arrestation d’Assange à Londres (il s’est en fait rendu de lui-même à Scotland Yard) ;
  • le maintien du présumé coupable en détention malgré la faiblesse de l’accusation.

Plus :

  • la fermeture de l’hébergement de WikiLeaks par Amazon ;
  • la fermeture du compte de WikiLeaks par Mastercard et PayPal ;
  • la fermeture du compte bancaire d’Assange par la banque suisse Postfinance.

Un peu difficile de ne pas croire en une collusion avérée entre États passoires vexés, systèmes judiciaires à l’indépendance fantaisiste, et l’univers impitoyable des multinationales privées.

La défense de l’Empire… à n’importe quel prix

Les esprits chagrins pourront toujours se demander où se trouvent là-dedans, la démocratie, le respect de la légalité, la défense du « Bien » que notre Empire malmené se targue tant de défendre ? WikiLeaks nous a donné une illustration de quelques-uns de ses « moyens de défense » :

Reste qu’on ne bombarde pas forcément aussi facilement un réseau virtuel que quelques individus sans réelle défense, ni même véritables intentions agressives, dans les rues d’une ville d’Irak.

Les barbares du Net contre-attaquent

Depuis quelques jours, en représailles aux représailles de l’Empire, on assiste à une virulente contre-offensive des hackers par des attaques informatiques simultanées sur :

  • le site de Mastercard et son compte Twitter ;
  • le site PayPal ;
  • le site de la banque suisse Postfinance ;
  • le site du Parquet suédois.

Plus malin encore, pour se prémunir des attaques de l’Empire, Wikileaks a préventivement passé toutes ses archives en flux torrent (All released leaks archives). Ce qui permet à chaque internaute lambda de les télécharger sur son disque dur. Et de les remettre en circulation selon son bon vouloir.

C’est le phénomène des sites miroirs, se multipliant comme traînée de poudre et empêchant de facto le contrôle de la diffusion des informations sur la Toile.

L’Empire peut trembler. Les « barbares » du Net sont à ses portes.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.