Les Gilets jaunes ou la magie de la mémoire collective, de la conscience politique infuse

Les Gilets jaunes ou la magie de la mémoire collective, de la conscience politique infuse

Nous assistons, en France à quelque chose de magique. La magie de la mémoire collective, de la conscience politique infuse, de la manifestation de ce que d’aucuns appelèrent le génie des peuples.

Génie : à prendre au sens de construction et de résultat d’une construction, vous savez comme dans le génie civil chargé de construire nos ponts, nos monuments.

Le génie français semblait anéanti, détruit, disparu. Ils (la caste) avaient mis le paquet là-dessus, étouffant pied à pied grosso modo depuis 1950 tout ce que ce génie avait pu produire : solidarité, partage, équité, mettant toutes ses forces à détruire ce qui avait permis au fil des siècles l’émergence d’une conscience collective forte ; nos résistances ouvrières, paysannes, démocratiques : tous ces événements qui, l’un après l’autre firent émerger l’idée et l’existence même de la République laïque, fraternelle, égalitaire, éprise de ces libertés individuelles devenues peu à peu notre religion ; la liberté de pensée, de s’exprimer, de se réunir, de débattre, de fonder des journaux aux mille couleurs.

Ils pensaient y être parvenus. Je pensais aussi, je l’avoue, qu’ils y étaient parvenus et que nous n’étions plus que quelques dinosaures à nous souvenir encore de ce qui avait fait, un temps, de la France, un phare du monde.

Parce que c’est bien ce qui va se passer : l’émergence d’un nouveau contrat social, politique, écologique

Et puis ils sont sortis de partout, sortis de leurs terriers, de leurs trous obscurs. Ils sont apparus, vulgaires parfois, grossiers souvent, mais solides, durs au mal, obstinés et surtout… surtout … complètement imprégnés des belles valeurs de la République à la française, cette République que bien des peuples imitèrent de par le monde, cette République accueillante aux plus faibles, aux réfugiés, aux proscrits qui de partout, au fil de l’histoire, la rejoignirent pour s’y fondre et apporter au génie français leur propre génie, magnifique, créatif, porteur de richesses multiples.

Ils sont là désormais bien visibles, vêtus de leur gilet symbolique.

Stupéfaite la caste joue sa partie : elle leur oppose les petites saletés qu’elle favorise depuis des décennies, ces petites saletés patiemment construites pour que le peuple se déchire et perde la conscience de lui-même : la haine de l’étranger, le racisme. Elle dégote de-ci de-là une image : quenelles et autres mais ça ne prend pas. Le gros de la troupe jaune est bel et bien républicain et pétri de notre devise républicaine : liberté, égalité, fraternité et se bat pour que cette devise reprenne tout son sens. Le gros de la troupe jaune ne se trompe pas du tout d’ennemi : ce sont bien ces élites, ces élites qui trahissent toujours, qui ont trahi en 1849, trahi en 1871, trahi en 1940… qu’elle a dans le collimateur et qu’elle va renvoyer à ses chères études, la queue basse.

Parce que c’est bien ce qui va se passer : l’émergence d’un nouveau contrat social, politique et, à présent, vu les urgences, écologique. Et nos élites s’inclineront.

Jusqu’à la prochaine fois, bien sûr.
Mais ça, c’est une autre histoire.

Auteure de polars, de gauche, avec un gros faible pour les gilets jaunes et leur projet de République pour et par le peuple. Son site : https://lacavernedemarie.wordpress.com/