En soutenant massivement les Gilets jaunes, la population française redevient un peuple

En soutenant massivement les Gilets jaunes, la population française redevient un peuple

En ce début d’année 2019, la population française ne pouvait pas offrir au peuple Gilets jaunes meilleures étrennes que son soutien massif.

Jugez-en :

  • 70% de la population continuent de soutenir ou d’avoir de la sympathie pour les Gilets jaunes (sondage Elabe pour BFMTV du 19 décembre) ;
  • 80% des Français plébiscitent le Référendum d’initiative citoyenne, dit RIC (baromètre Harris Interactive pour RTL et M6 du 28 décembre) ;
  • 72% sont favorables à l’utilisation du RIC pour abroger une loi, 63% pour mettre fin au mandat d’un élu et 62% pour modifier la Constitution (baromètre Harris Interactive toujours).

Ce n’est plus du soutien, c’est le plébiscite d’une population pour son peuple révolté !

Le mot “populaire” fut inventé pour désigner une révolte

Vous vous demandez sans doute pourquoi je distingue ici la “population” du “peuple”. Eh bien parce que si la population est un ensemble de personnes habitant un espace donné, le peuple, lui, désigne d’abord la masse, le grand nombre, les gens dits « du commun » par opposition aux classes supérieures dirigeantes.

Or, selon les historiens Gérard Noiriel, Michel Mollat et Philippe Wolff, le mot “populaire” (du latin populares) « s’imposa [au XIVe siècle] un peu partout pour désigner les révoltés » (Gérard Noiriel, Histoire populaire de la France, éd. Agone).

En bref, une population, ensemble passif, ne devient un “peuple” que lorsqu’elle se soulève dans un même élan, qu’elle rompt les liens qui l’assujettissaient à ses oppresseurs. Le “peuple”, c’est une population qui reprend son destin en main. Et si, en soutenant aussi massivement les insurgés en jaune, la population française commençait enfin à se faire peuple ?

=> Photo : des Gilets jaunes fêtent le nouvel an à Coutances dans la Manche (source : Ouest-France).

Partager ce billet

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.