Face à la crise : JF cherche stage non rémunéré désespérément

Paraît qu’il nous faudrait travailler plus pour gagner plus, travailler plus longtemps parce qu’on vit plus longtemps. Seulement voilà, avec la Grande Crise, même des postes de stages non rémunérés, c’est la croix et la bannière pour les obtenir.

C…, jeune femme de 28 ans, a entrepris un reclassement professionnel en passant un BTS services et prestations des secteurs sanitaire et social. Pour valider son diplôme, indispensable de faire deux stages en entreprises.

« Le premier, au libre choix de l’étudiant dans le secteur sanitaire et social au sens large, ça n’a pas été trop difficile. Mais le second, imposé dans le champ de la protection sociale (centres de sécurité sociale, caisses d’allocations familiales, assurances ou mutuelles), c’est la galère. Toujours la même réponse : pas le temps, trop de charge de travail. »

Le syndrome « absolument dé-bor-dée », en quelque sorte ?

« Je ne sais pas, sans doute [rire]. Une chose est sûre, s’ils te disent d’envoyer un CV avec lettre de motivation, ce n’est même pas la peine d’insister. Une manière qu’ils ont de dégager en touche. Je n’ai jamais reçu une seule réponse par ce biais.

Alors, on tente de forcer les portes en essayant d’avoir un contact téléphonique direct, ou en passant par de supposés pistons. Mais même avec ça, j’ai fait chou blanc jusqu’à présent. Une mutuelle m’a juste rappelée pour s’assurer que ma demande concernait bien un stage “non rémunéré”. Pour finir par m’opposer une fin de non-recevoir, après m’avoir laissée mariner cinq semaines. »

Cas isolé ?

« Oh que non, il suffit d’aller faire un tour sur les forums d’étudiants pour se rendre compte de l’étendue des dégâts ! Et pas seulement dans ma matière. Mon amie P…, inscrite en diététique, était tellement écœurée qu’elle a fini par écrire à sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot. Le ministère lui a répondu et lui a trouvé son fichu stage ! Si maintenant tous les étudiants doivent passer par leur ministre pour avoir gain de cause… »

Mais l’examen ?

« Ça pose vraiment problème. En diététique, P… m’a dit que certains étudiants avaient dû repousser la validation de leur examen d’un an, parce qu’aucun centre hospitalier, passage obligé, n’avait voulu d’eux.

Dans ma matière, l’an dernier, le ministère a dû faire une dérogation pour que les étudiants qui n’auraient pas trouvé de stages en organismes de protection sociale, puissent choisir un autre lieu de stage par défaut, et valider leur BTS.

Cette année, ils y réfléchissent à nouveau. Mais comme l’an passé, ils ne donneront leur réponse qu’au dernier moment. Bien trop tard pour trouver ce stage de substitution. »

Tes perspectives de carrière, si tu obtiens ton BTS ?

« Bof ! Lors de mon stage de première année, celui au libre-choix de l’étudiant, la responsable de l’organisme qui m’accueillait m’a dit clairement que je n’aurai aucun problème pour trouver un poste… de bénévole [rire] ! »

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