Pollution : le test qui tue les politiques… mais pas totalement

Revenons si vous le voulez bien sur ce test d’UFC-Que choisir qui sema une brève petite panique dans les rangs de quelques notables. Lasse de lancer en vain ses cris d’alarme sur la dégradation de notre environnement atmosphérique, UFC-Que Choisir décida en effet de tester l’environnement immédiat de ceux qui ont en charge tous ces problèmes de société.

À commencer par les appartements personnels d’une certaine Chantal Jouanno, secrétaire d’État chargée de l’Écologie, censée mettre en œuvre le fameux mais bien chétif Grenelle de l’environnement.

Celle-là même qui, il y a quelques temps, s’empressa de déclarer qu’il n’y avait « pas de pollution majeure liée au passage du nuage volcanique » lâché par le facétieux Eyjafjöll. Et qui mangea son chapeau lors de l’abandon de la taxe carbone par ses « amis » du pouvoir.

Le résultat du test UFC-Que choisir fut, on le sait, édifiant. Et apparemment terrifiant pour les intéressés ! Ils vivent eux aussi, comme n’importe quel pékin de base, dans une pétaudière de produits cancérigènes, hautement nuisibles pour la santé.

Le silence assourdissant de Chantal Jouanno

Ce qui frappe dans cette tragi-comique expérience d’UFC-Que choisir, c’est l’insignifiance convenue et bien éphémère des réactions de nos notables. Ou même , dans le cas de notre secrétaire d’État, le silence aussi assourdissant et crispée de son refus obstiné de réponse.

On se trouve ici devant un élément symptomatique des comportements humains : cette négation instinctive, quasi pathologique des réalités qui dérangent ses certitudes et ses croyances.

Au mépris même de cette raison qu’il prétend glorifier. Et qui fait que trop souvent dans l’histoire, les sociétés humaines ne réagissent qu’APRÈS les catastrophes, jamais avant.

La soumission aveugle à la logique d’un système mortifère

Prétendre, comme ne manqueront pas de le faire certains, que cette attitude irraisonnable s’explique vulgairement par un simple et irrépressible appétit du lucre et du pouvoir à n’importe quel prix, est à la fois vrai, mais bien insuffisant.

Comment expliquer que des responsables apparemment sains d’esprit s’obstinent dans des attitudes aussi suicidaires en dépit de toute évidence ? Arguer qu’ils ont des raisons d’être déraisonnables est une façon de leur prêter bien plus de maîtrise d’eux-mêmes qu’ils n’en ont réellement.

En réalité, les sociétés humaines livrées à elles-mêmes — pire encore dans des périodes de grandes confusions comme celle de cette Grande Crise — réagissent à des stimuli pulsionnels qui prévalent largement sur leur raison. Laquelle ne leur sert plus guère qu’à justifier assez pesamment leurs égarements.

La soumission aveugle à la logique d’un système mortifère, quel qu’en soit le prix, en est un exemple flagrant.

Admettre qu’on ne maîtrise pas toujours nos destins

Devant de telles dérives, il n’est que deux recours possibles :

  • attendre que les catastrophes viennent une nouvelle fois mettre bon ordre à nos désordres, avec les conséquences tragiques que l’on sait ;
  • ou agir à la racine du mal dès lors qu’on a réussi à l’appréhender, en admettant que nous ne maitrisons pas toujours nos destins, et en permettant à la raison de reprendre la main sur nos pulsions les plus erratiques et meurtrières.

Attitude on ne peut plus politique, mais indispensable et vitale. Qui implique une prise de conscience claire de la réalité. Et de travailler sans relâche pour l’éclairer aux yeux du monde.

Prétendre que cette volonté politique ne peut être que vaine ou illusoire relève de la soumission aux mêmes démons que ceux qui frappent aujourd’hui notre malheureuse secrétaire d’État à l’Écologie. Et, partant, une large majorité de ses congénères planétaires.

Mais bon d’accord, ça fait du boulot !

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.