Clotilde Reiss, les médias du microcosme et les barbouzes

Curieuse, l’offensive des médias du microcosme pour voler au secours de la DGSE et défendre la virginité « barbouzarde » de Clotilde Reiss. Depuis la libération de l’infortunée « otage », c’est un déferlement de « spécialistes » sur les ondes, celles de Radio France notamment, pour montrer combien seraient farfelues [les affirmations de Pierre Siramy|http://www.rue89.com/2010/05/17/clotilde-reiss-espionne-une-facon-de-lui-rendre-hommage-151559] sur l’appartenance supposée de la belle à la DGSE.

__Forcing médiatique__ Et comme si les spécialistes n’y suffisaient pas, aux journalistes de surenchérir. Entendu sur France Info le 17 mai :  »« Clotilde Reiss, accusée contre toute vraisemblance, d’appartenir à la DGSE… » » Notez ce très savoureux << contre toute ressemblance >>, dépourvu de la moindre explication argumentative. Aujourd’hui, 18 mai, sur Libération, le journaliste Jean-Dominique Merchet se surpasse.  »« Un ancien membre des services français, en promotion pour un ouvrage, affirme que la jeune Française a collaboré avec la DGSE » », lâche-t-il dans [son texte d’accroche|http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2010/05/clotilde-reiss-agent-de-la-dgse-.html]. On relèvera le fielleux « en promotion pour un ouvrage », censé jeter d’entrée le doute sur les motivations de l’accusateur. Et de fait c’est quasiment le seul argument déployé par notre Merchet pour défendre son antithèse. Et d’y aller sans mégoter sur les qualificatifs disqualifiants : une accusation  »« assez irresponsable » » ; des explications  »« benoîtes » » (de Siramy à Rue89) ; des  »« déclarations » (qui)  »mettent en danger la sécurité, voire la vie, de nombreux Français travaillant dans des pays “difficiles” » »… __L’explication fatale__ Est-ce parce que Jean-Dominique Merchet sent son argumentation trop superficielle qu’il tente de la conclure par un paragraphe décisif ?  »« Un autre élément plaide contre les affirmations de Siramy » », lance-t-il, péremptoire. Et là, patatras, ses révélations finales flanquent complètement son laborieux développement par terre. Et confortent carrément la thèse de Pierre Siramy. Que nous apprend notre journaliste tout en déontologie professionnelle ? * Que le père de Clotilde Reiss, Rémi Reiss, travaille pour la Direction des applications militaires (DAM) du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ; * qu’à ce titre, il a fait accordé à sa fille, avant son séjour iranien, un stage à la DAM ; * que le rapport de stage de celle-ci portait sur… le nucléaire iranien ! Tiens, tiens, sursauterez-vous. Mais attendez, ce n’est pas fini. Jean-Dominique Merchet continue de s’entortiller… __« Un mail imprudent »__ Avant l’arrestation de Clotilde Reiss par les sbires d’Ahmadinejad, le papa a envoyé à sa rejetonne un  »« imprudent » » (Merchet dixit) mail non crypté lui conseillant  »« naïvement » » (Merchet toujours) de remettre son ordinateur à l’ambassade de France, pour lui éviter ainsi  »« les tracasseries à la douane lors de son départ de Téhéran » » (Merchet encore). Hého lecteurs, vous en connaissez beaucoup, vous, des innocents étudiants, même dans des pays « difficiles », à qui on demande de faire transiter leurs ordinateurs personnels par valise diplomatique ? Nous ne conclurons pas ici sur le fait de savoir si Clotilde Reiss est une espionne ou non. En fait, on s’en fout un peu. Mais drôle, cette histoire de barbouzes pataugeant dans leur marigot avec leurs gros sabots. Rigolotes, les coucheries du microcosme médiatique avec nos services secrets revus façon Jean Dujardin.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.