UN MOIS D’AVRIL CAUCHEMARDESQUE… ET EVO MORALES

((/public/PC_100405morales-evo-bolivie_8.jpg|Morales|L|Morales))Nul doute qu’à l’aune d’une petite rétrospective historique, le mois d’avril 2010 apparaîtra plus tard comme symptomatique de cette Grande Crise qui révolutionna le monde des humains en ce début de XXIe siècle. En trente petits jours, tout ce que l’on peut imaginer en matière de coups du sort tordus s’y concentra avec une suffocante malignité. Songez un peu…

__Une conjonction de catastrophes__ * [Un volcan islandais|http://www.rue89.com/2010/04/15/comment-un-volcan-en-islande-paralyse-le-ciel-europeen-147614], sortant de son sommeil glaciaire, paralysa en un tournemain tous nos orgueilleux transports aériens, et laissa des milliers de voyageurs hébétés sur les tarmacs du monde entier ;%%% * [un chef d’État|http://www.rue89.com/tag/kaczynski] (seulement polonais d’accord, mais outrageant tout de même pour la lignée de ses pairs survivants) se cassa la margoulette dans un avion même pas assuré ;%%% * après deux ans et demi d’une crise systémique dont on nous annonce périodiquement une fin que l’on ne voit pas venir, et pendant que d’autres pays alentours commençaient à vaciller, [la Grèce|http://www.rue89.com/tag/grece], berceau de notre Antiquité mais maillon faible de l’Europe « moderne », implosait et contraignait les pays voisins à des mesures de sauvetage précipitées ;%%% * et bien d’autres encore : une inondation catastrophique à Rio de Janeiro (Brésil), un séisme meurtrier passé quasi inaperçu en Chine, les suites grand-guignolesques de la méchante tempête Xynthia qui balaya en mars l’ouest d’un pays où tout va pourtant toujours « moins mal qu’ailleurs », et désarçonna tant les autorités qu’elles sont toujours à vouloir détruire elles-mêmes les milliers de maisons que la tourmente n’a pas jetées à terre… __En avril ne te découvre pas d’un fil__ N’en jetons plus et essayons de tirer un petit bilan de la façon dont l’humanité fit face à ces cauchemardesques calamités. D’abord, constatons que d’aucuns ne manqueront pas de tirer à boulets rouges sur le ou les auteurs de ce genre de constat, tant l’important à leurs yeux n’est pas les catastrophes en elles-mêmes, ni d’y remédier, mais le fait de les taire et de les nier à tout prix. D’autres argueront que certains de ces cataclysmes ne sont pas de la responsabilité des hommes, ni prévisibles, et que leur conjonction tient à pas de chance. Ce en quoi ils auraient raison, sauf que ce serait oublier ce que ces catastrophes naturelles révèlent de notre bien impuissante fragilité et de notre vanité. Des maisons (de vacances pour la plupart, tout un symbole) et un président balayés par les éléments. Notre fière aviation clouée au sol par un nuage de cendres. Le pétrole, cette manne souterraine qui fait paraît-il notre fortune, mais qui se retourne en vache contre nous. Et notre grandiose système mondialisé qui part stupidement en c… quenouille, sans que nos « élites » bravaches n’y puissent plus rien. Il y a des mois, diront les désabusés, où on ferait mieux de rester au chaud sous la couette à attendre que les mauvais grains passent. __En mai fais surtout ce que pourras__ Mais alors quoi, en mai, fais ce qui te plaît ? Vu la débandade des troupes et l’extrême confusion de leurs « chefs », ce sera plutôt ce que l’on pourra ! Une petite loi anti-burqa en passant ? Une petite prière aux pollueurs ou aux avionneurs pour qu’ils veuillent bien payer les pots cassés (ça va faire plaisir aux espèces menacées), en attendant les prochains ? Un petit coup de bombardement aveugle de drones sur des villages pakistanais ou afghans pour les uns, aussi emblématique d’un aveu d’échec déchirant que quelques caillassages rageurs d’autobus par d’autres ? L’annonce triomphale, comme ce lundi matin sur France Inter, d’une solution  »« peut-être plus rapide que prévue » » dans le golfe du Mexique (une vulgaire cloche de béton dont la British Petroleum entend user pour colmater la fuite de ce maudit pétrole) illustre bien tout le dérisoire des réactions de la collectivité humaine devant ce qui l’accable. Et met en relief l’incompétence crasse des « élites », comme au temps d’une bonne vieille débâcle de 40. Toutes ces chutes sont-elles inéluctables ? Bien sûr que non. Mais il y a une contrainte que les autorités financières et politiques oublièrent d’imposer à nos infortunés amis grecs. Sans doute parce qu’ils devraient commencer à se l’appliquer à eux-mêmes : se dégonfler un peu le ciboulot et remettre au plus vite les pieds sur la terre ferme. C’est pas gagné, comme dirait l’autre ! Ah si, pour nous quitter sur une note d’avril un peu plus positive et encourageante, signalons qu’aux [élections régionales boliviennes|http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_r%C3%A9gionales_de_2010_%28Bolivie%29] du 4 avril 2010, le MAS, parti au pouvoir d’Evo Morales, remporta 6 des 9 régions possibles, alors qu’il n’en détenait que 3 auparavant.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.