NICOLAS SARKOZY DOIT DISSOUDRE LE PARLEMENT… OU PARTIR !

Le président Nicolas Sarkozy bat désormais tous les records d’impopularité. Combien de temps allons-nous tourner autour du pot ? Constater, impuissants, le délitement de nos institutions politiques pendant qu’une grave crise ronge notre société civile ? Subir sans réagir les égarements politiques suicidaires de l’équipe au pouvoir ? Attendre passivement l’année 2012 comme seul possible horizon libératoire ? Dans quel état ?

Lorsqu’il entreprit en 2000 la réforme des institutions politiques de la Ve République, ramenant la durée de la mandature présidentielle à cinq ans, et surtout en la couplant à celle du Parlement, le premier ministre Jospin, socialiste de nom, savait-il \– voulait-il savoir \– qu’il allait pétrifier l’expression démocratique de notre pays, transformant la Chambre des députés en vulgaire chambre d’enregistrement d’un potentat ridicule abandonné à ses propres caprices ? __Un pouvoir erratique échappant à tout contrôle citoyen__ Quels moyens de contrôle intermédiaire du pouvoir, quelles possibilités de sanctions légales, en cas de manquements graves à sa mission ? Quels recours, quelle procédure d’Impeachment populaire pour sanctionner d’éventuelles dérives durant une mandature ? Il est patent que Nicolas Sarkozy a échoué dans tous les objectifs qu’il avait martelés lors de sa candidature. « Président du pouvoir d’achat » quand celui-ci se réduit comme peau de chagrin, « président de la croissance » quand l’heure est à la récession, « président de la valeur travail » quand le chômage explose… Le constat est sans pitié. Le président en berne s’abriterait-il derrière l’excuse d’une Grande Crise imprévisible qu’on pourrait s’interroger sur la façon erratique dont il y fait face, à la tête d’un équipage fantomatique et plutôt déplaisant tanguant à vue quand il faudrait naviguer au plus près. Tandis que la Grande Crise poursuit ses ravages calamiteux dans notre tissu social et économique, que l’affaire grecque est en train de faire sombrer les pays de la zone Euro, notre « guide suprême » monopolise son Parlement sur l’affaire de la burqa (qui concerne moins d’un petit millier de nos concitoyens) et ânonne des lieux communs stupides à mourir sur la sécurité (qu’il s’est montré incapable de garantir). __Ils voulaient Napoléon, ils ont eu Deschanel__ Une majorité du pays pensait s’offrir Napoléon, elle hérite d’un pathétique [Paul Deschanel|http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Deschanel], cet autre président timbré qu’on retrouva errant en pyjama le long d’une ligne de chemin de fer après être tombé de son wagon en pleine nuit, en prise à une bouffée d’angoisse. Nous voilà aujourd’hui avec un président à la popularité crucifiée dans les sondages, contesté par une part grandissante de sa propre majorité, moqué, humilié, ridiculisé à chacune de ses sorties publiques au point d’être obligé de ne s’y rendre qu’en catimini, faisant fi de toutes mises en garde des électeurs à son encontre (les lourdes défaites de son clan aux élections européennes, régionales). Quelle arme citoyenne pour mettre un terme à cette farce saumâtre ? Allons-nous supporter sans broncher deux dernières années de dérapages chaotiques ? Tolérer un gouvernement avouant ouvertement vouloir « prendre des risques juridiques » (le premier ministre Fillon à propos de la loi sur la burqa), alors que ce gouvernement est constitutionnellement placé sous la tutelle d’un président… garant des lois ? __Un mauvais cauchemar à interrompre au plus vite__ Qui pour ne pas avouer que nous plongeons dans un mauvais cauchemar auquel il est désormais urgent de mettre un terme, fut-il brutal ? Une dissolution du Parlement ? Ce serait une moindre chose. Mais n’y comptons pas trop puisqu’elle dépend de la seule volonté d’un président failli, égaré et dépassé par les évènements. Alors n’y allons pas par quatre chemins, ne nous payons pas de mots et épargnons-nous les circonvolutions langagières hypocrites de prudence : s’il ne se résout pas à dissoudre le Parlement, Nicolas Sarkozy doit partir. Ou être contraint de le faire. Tout de suite. « Dans l’intérêt supérieur de la nation », comme ils disent.

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