Les quatre insupportables entourloupes d’un discours de Macron badigeonné à la glu compassionnelle

Les quatre insupportables entourloupes d’un discours de Macron badigeonné à la glu compassionnelle

Pouvait-on faire discours de président plus insupportablement compassionnel et surtout totalement vide que ce que nous avons entendu ce lundi soir ? Le suicide politique de Macron, même pas en direct, puisque pré-enregistré sous perfusion d’un prompteur.

Examinons les incroyables entourloupes que constituent les insipides mesurettes annoncées par Macron ce soir-là :

  • l’entourloupe de l’augmentation de 100 euros du Smic : en réalité, ces 100 €/mois comprennent 70 euros de primes d’activité déjà acquis, mais qui ne profitent pas à l’ensemble des smicards et qui surtout ne sont pas comptabilisés dans le calcul des retraites ; sont compris aussi 23 euros déjà accordés dès janvier 2019 au titre de compensation (à peine !) de l’inflation ; reste une aumône de 7 euros (brut !) qui sera accordée « sans qu’il en coûte plus aux employeurs », c’est-à-dire via une réduction des cotisations sociales, c’est-à-dire au détriment des dépenses publiques et des prestations sociales dont les plus précaires sont les premiers bénéficiaires ;
  • l’entourloupe de la défiscalisation des heures sup : une peccadille qui ne vaut qu’à condition que les patrons veuillent bien les payer, ce qui est loin d’être le cas !
  • l’entourloupe de la prime de fin d’année défiscalisée : mesure laissée là encore à l’entière discrétion des chefs d’entreprise, c’est tout dire ;
  • l’entourloupe de l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités : des miettes accordées pour la seule petite tranche des retraites comprises entre 1200 et 2000 euros, et pour une seule année ; rien pour les petites retraites en dessous du seuil de pauvreté !

En réalité, cet imbuvable galimatias présidentiel confirme au moins une chose : Macron n’a ni la volonté, ni le pouvoir d’accorder quoi que ce soit à son peuple, cadenassé qu’il est par ses commanditaires financiers et par les technocrates de Bruxelles.

On s’était laissé dire que l’Élysée avait reporté son intervention à ce lundi pour ne pas rajouter à l’effervescence du 8 décembre, date de l’acte IV des Gilets jaunes. Voilà donc qu’il vient de mettre le feu aux poudres pour l’acte V du 15 décembre (et probablement pour tous les actes qui suivront). Car une chose est désormais acquise : la rupture entre le président Macron et son peuple est consommée. L’épilogue se jouera dans la rue ou par son départ. La 5e République, corrompue jusqu’à l’os, a vécu.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.