RUINE GRECQUE, « COLLECTIVISME » LIBÉRAL ET MONNAIES PARALLÈLES

((/public/Tetradrachm_Athens_450_reverse_CdM_Paris.jpg|Tétradrachme grec (env. 450 ans av. JC)|L|Tétradrachme grec, env. 450 ans av. JC))Qui franchement s’attendait à autre chose ? La dernière réunion des pays de l’Union européenne censés manifester leur soutien unanime à une Grèce percluse de dettes et de rhumatismes déficitaires, a accouché d’une [malingre souris|http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iEsDBXWN7K9dIgVRN9lhOdbBx03g]. Soutien unanime et partout claironné, certes… mais sans le moindre petit début d’intention de mesurettes pour aider la moribonde à honorer ses cruelles échéances de mars et avril.

__Les limites du « collectivisme » libéral__ Voilà déjà plus de deux ans que cette crise systémique planétaire a éclaté (début 2008 en réalité, avec le [tout premier krach boursier du 21 janvier|/index.php?post/2008/01/22/251-krach-boursier-1-la-sanction-d-une-derive]) Et plus de deux ans que nos potentats se réunissent en conclaves cérémonieux, G7, G20, Gtruc (comme à Copenhague)… Pour quels résultats ? Des prunes ! Mais tous de persister : la solution ne peut être que collective, mondialisée. Moyennant quoi, toujours aucune lueur de solution à la débandade. Et une très grande majorité d’Allemands préférant expulser la Grèce de la zone euro plutôt que de l’aider financièrement ([sondage publié par le Bild|http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=a87c61d12b974ccd4f490db9ebb9101f]). L’histoire montre pourtant qu’il n’y eut jamais solutions collectives aux crises qui frappèrent le monde. Tout au plus quelques équilibres précaires consacrant momentanément des rapports de force. Imaginez aujourd’hui une solution négociée dans les grands raouts internationaux est aussi illusoire et utopique que d’annoncer un prochain grand soir et la fin de l’histoire avec le triomphe du prolétariat. Les solutions à la crise actuelle, si solution il y a, ne pourront être que locales, territorialement circonscrites. De nouvelles micro-organisations autonomes, pas forcément inconciliables entre elles, mais qui seules pourront couper les ponts avec les méfaits de la spéculation internationale, telle qu’elle sévit aujourd’hui sur la Grèce. Appelez ça « repliement sur soi » si vous voulez (on peut toujours « rêver » du contraire), mais les faits sont têtus. __Apparition de monnaies parallèles__ Tellement têtus qu’on commence en avoir quelques exemples probants dans la réalité. L’émission Rue des entrepreneurs sur France Inter consacrait en novembre dernier un sujet passé assez inaperçu, mais édifiant sur [la nouvelle couleur de l’argent|http://www.tv-radio.com/ondemand/france_inter/RDE/RDE20091128.ram], faisant état d’un retour au système du troc à Charlotte en Caroline du Nord, là où siègent pourtant deux fleurons des banques américaines (Bank of America et Wachovia). >  »<< Des sociétés spécialisées servent d’intermédiaires entre, par exemple, des traders désargentés et des restaurateurs en mal de clientèle pour échanger compétences informatiques des uns et bons repas des autres. Et tout cela sans que le moindre dollar ne circule. >> » D’autres expériences, sans doute contraintes et forcées par la débâcle économique en cours, voient le jour. Ainsi cette création de monnaies régionales, comme dans certains Länder allemands. Mieux, voilà que l’Internet, grand dynamiteur de positions acquises, s’y met à son tour. Après Google en septembre 2009, Facebook vient d’envisager très sérieusement [la création de sa propre monnaie d’échange|http://lyonenfrance-economie.blogspot.com/2009/11/facebook-apres-google-envisage-de-creer.html]. Les deux nouveaux mastodontes du web se basent sur des systèmes de micro-paiement sur internet associé à des micro-crédits. Sans passer, outrage suprême, par l’intermédiaire obligé des banquiers. En attendant comme Pénélope son Ulysse le « soutien » promis de ses voisins européens, les Grecs gagneraient à revenir sans remords à leur bonne vieille « obole » (unité de monnaie \– et de poids \– dans la Grèce antique). Le pire est que je ne rigole pas.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.