VŒUX 2010 : COUPEZ LES PONTS AVEC LEUR VIEUX MONDE !

((/public/Aube.jpg|Aube|L|Aube))Cher lecteur impromptu, franchement, à l’aube de cette année 2010, je ne me sens pas de te replonger le nez dans le marasme que nous avons vécu lors de celle qui vient de s’achever. Le seul vœu que je puisse t’adresser, passant obstiné, c’est d’astiquer tes godasses de pèlerin, de prendre tes cliques et tes claques, et de te tenir à distance de ce ramassis de détraqués du bocal. Il y va de notre survie à tous.

Effondrement économique, débâcle financière, délabrement social, délitement politique et administratif, confusion mentale et morale… N’avons-nous pas eu notre soûl de cet affligeant désastre ? __Faire enfin son deuil du monde finissant__ Pas de salut si nous ne faisons pas nous-mêmes notre propre deuil de leur vieux monde. Inconsciemment, nous restons encore trop englués dans la grille étouffante de leurs valeurs rancies : la valeur-travail, la position dans l’échelle sociale, l’indépendance par l’autonomie financière, le complexe de la réussite individuelle… Mûs par quelques obsédants réflexes de Pavlov, nous sommes conditionnés à leur grille de lecture au point d’éprouver une certaine culpabilité devant la perspective de son anéantissement. Même les plus critiques d’entre nous ne se placent souvent que dans l’inéluctabilité de sa résurrection, de son amendement, de l’impossibilité de sa fin. Bien sûr, la coupure de ce cordon ombilical serait beaucoup plus aisée si nous n’avions pas, ancrée tout au fond de nous, la nostalgie tenace d’avoir un tout petit peu profité de la gabegie générale (non, je me trompe ? Hé hé…) Enfin, tout cela est bel et bien fini. Le sort des andouilles au pouvoir et de leurs ouailles (dont nous sommes, hélas), tient désormais au fil d’un robinet crachoteux. Le robinet à finances publiques incontinentes sans lequel il y aurait longtemps que leur zinzin aurait craché son dernier boulon. Deux ans que ce robinet pisse comme un malade. Ça prendra le temps qu’il faut, mais tu verras qu’il finira par se tarir. Un grand pas aura été accompli lorsque chacun aura admis en son for intérieur que la racaille dorée aux manettes, loin de mériter notre reconnaissance, encore moins notre respect, relève tout bonnement des tribunaux pour ses prévarications et ses agissements criminels. __Se couler résolument dans le cocon du collectif renaissant__ Toutes ces années-fric, nous avons fait fausse route. Nous avons foncé tête baissée derrière ces crétins vers le piège qui nous était tendu. Mais crise aidant, nous allons devoir nous désembourber le crane de ces servitudes mentales. Retourner à un certain esprit collectif, à une organisation de proximité que nous croyions révolue et, osons le mot, à une conception de l’entraide qui ne soit plus uniquement de la vulgaire charité subventionnée. Dans [un précédent article|/index.php?post/RETOUR-FORCE-DU-COLLECTIF], j’avais déjà noté que certains esprits éclairés n’avaient pas attendu le déluge à venir pour corriger le tir. Ceux-là sont encore peu nombreux ? Et alors ? Si le problème est mondial, je te fiche mon billet, mon ami, que quoiqu’en disent nos margoulins, la solution se viendra que de la marge, de la collectivité plus ou moins restreinte mais résolue. Quoique nous pensions ou craignions, nous allons y être contraints par la suite des évènements. Tu ne me crois pas ? Va donc voir du côté des associations spécialisées en la matière, Croix rouge, Secours catholique, Restos du cœur… Eux sauront te dresser un tableau bien trempé de la situation et de son évolution. Quand les travailleurs eux-mêmes ne peuvent plus vivre de leur travail, c’est qu’il y a un sacré vers dans le fruit, non ? __Garder un œil sur l’espace politique__ Tu le sais (ou alors plus personne ne peut plus rien pour toi), aucune solution ne sortira des élites en place, politiques, syndicales, ou médiatico-intellectuelles. Celles-là sont usées à la corde, trop impliquées dans le naufrage. Leur collusion avec les aigrefins de l’économie et de la finance privées est patente. La confondante [Histoire secrète du patronat|http://eco.rue89.com/2009/11/02/immobilier-le-1-logement-betonniere-a-scandales-124376] (Benoît Colombat & David Servenay, La Découverte), qu’une de mes filles a eu la bonne idée de m’offrir à Noël, suffit à s’en convaincre. Les sales affaires de cette bande de malfrats connaissent heureusement aujourd’hui un de ces ronflants passages à vide cycliques dont elles sont coutumières. Et ils en ont pour quelques années. Raison de plus pour ouvrir l’œil et sauter sur l’occasion. Inutile bien sûr de se monter le bourrichon. Pas plus de “grand soir” à l’horizon que de paradis chrétien après la mort. Juste, si tout le monde y met un peu du sien, un retour au bon vieux bon sens, un rééquilibrage à la papa, façon Conseil National de la Résistance. Une fois que ces tarés auront un peu plus le museau dans la poussière. (En les y aidant un peu, ça devrait le faire ! ) Je me suis permis de signaler, dans mon [bilan 2009|/index.php?post/LA-COMEDIE-DES-APPARENCES], l’apparition de quelques intéressantes petites lueurs dans le paysage : nouveaux intellectuels à idées rafraîchissantes, nouveau rassemblement politique d’un genre assez original et surtout pas encore trop abimé par l’exercice du pouvoir (Europe Écologie). Ça vaut ce que ça vaut, d’accord. Avec plein de zones d’ombre, des manques et des insuffisances, sans doute, à la mesure de l’imperfection humaine. Mais du solide et du concret, avec parfois quelques traits d’intelligence. Si tu trouves mieux, tu me siffles, je suis preneur ! Mais sois sympa, évitons pour une fois les lamentations sur la désespérance du monde, de cogner à bras raccourcis sur tout ce et tous ceux qui bougent un peu, même pas assez bien, d’en appeler à la perversité inaltérable des salauds pour justifier nos démissions, ou encore de nous enfumer avec des plans sur la comète pour un monde définitivement meilleur et la fin de l’Histoire. Dans ma petite meute à moi, gémir n’est pas de mise. Et ce n’est pas les rêves que l’on soigne, mais le réveil qui suit. __Bonne année 2010 à tous !__ Bon allez, je sens que comme moi, tu as besoin de récupérer des libations du jour de l’an et des déconvenues de ceux qui précédaient. Je te laisse. Je te souhaite la meilleure année possible, à toi et à tes proches. Et pendant que j’y suis, tiens, c’est la fête, j’embrasse tout le monde !

Partager ce billet

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.