KRISS (“ma meilleure copine”)

Kriss, dite aussi Kriss Graffiti ou encore Kriss Crumble, du nom de ses émissions sur France Inter ou sur FIP, Kriss (de son vrai nom Corinne Gorse, mais qu’importe son vrai nom) est morte aujourd’hui, emportée par un putain de crabe dégueulasse. Kriss, c’était “ma meilleure copine” à moi.

Pourtant je ne l’ai jamais rencontrée, je ne lui ai jamais parlé, je connaissais à peine son visage (tout juste entrevue il y des années dans une émission TV). Mais, depuis plus de quarante ans, sa voix m’accompagnait presque sans relâche, même quand je m’éloignais.

Parfois après l’avoir écoutée, je me surprenais à reprendre ses intonations, à lâcher mes mots en empruntant son rythme. Je me revois, transi, griffonner sur un papier de fortune le nom d’une chanteuse qu’elle venait de me faire connaître (Cesaria Evora), courir acheter un livre qu’elle avait conseillé, chercher une recette dont elle nous avait alléchés.

On ne pouvait pas se fâcher avec Kriss. Elle ne faisait jamais face à son auditeur. Elle se glissait à son côté, lui murmurait au coin de l’oreille, se coulait dans ses pas (à moins que ce soit vous qui n’épousiez, conquis, son allure à elle).

Plus que sa voix, ce dont je me rappelle le plus de ma si chère “meilleure copine”, c’est son rire. Un rire cristallin, clair, communicatif. Si communicatif qu’il vous aurait même convaincu de ne pas (trop) pleurer le jour de sa mort.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.