Le programme du Yéti : 5. Éthique de l’économie

En quarante ans, notre [production d’ordures ménagères|http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=4&url=http%3A%2F%2Fwww2.ademe.fr%2Fservlet%2FgetBin%3Fname%3DCCD94A34A2100AD056090DB95682ADDB1170930507903.pdf&ei=_ZvdSYPADuCQjAfl3v2YDg&usg=AFQjCNEGL2lTs5f8BUTMZoILZ9yogoHo7g&sig2=I03KU4r8aGZNP5o2oSkZfQ] a plus que doublé. Ce seul fait suffit à illustrer l’étendue du gaspillage auquel a pu aboutir une économie mondialisée livrée à elle-même et aux margoulins insatiables. Malgré quelques pompeuses réunions de façade pour se donner bonne conscience, quelques pâles efforts pour enrayer la tendance, les mercantis à costume finissent toujours par sacrifier allègrement l’intérêt général et la salubrité vitale de nos conditions de vie sur l’autel de leur croissance ravageuse ou de cette hypothétique « reprise » qui, bien loin de marquer la fin d’une crise, serait une calamité pour l’avenir de notre planète.

__Une commission publique pour fixer les normes écologiques__ Aucune inversion de tendances ne saurait être attendue sans une commission d’éthique économique ad hoc, totalement indépendante des lobbies industriels ou financiers, et placée sous le contrôle public. Le premier rôle de cette commission serait de fixer les normes écologiques indispensables. Toutes les entreprises sur le sol français auraient deux années pleines au maximum pour se mettre en conformité avec ces normes. Faute de quoi, leurs produits seraient purement et simplement interdits, leur activité suspendue. Toute importation ou circulation sur le territoire de produits étrangers hors normes seraient également interdits. Permettre aux plus riches de se payer le droit de continuer à saloper l’existence des autres, c’est comme accorder à vos invités les plus privilégiés le droit de se soulager dans votre salon. Nous pouvons continuer à supporter sans dommage une production variée et diversifiée de biens et services pour satisfaire les besoins et l’appétit de nos concitoyens. D’où l’intérêt de maintenir un vaste secteur privé. Mais de là à tomber dans la gabegie et le n’importe quoi, il y a un pas que nous n’aurions jamais dû franchir. Il est normal que nous puissions continuer à choisir entre différents modèles de téléphones portables, d’aspirateurs ou encore d’imprimantes d’ordinateurs. Beaucoup moins supportable de crouler sous le nombre de chargeurs électriques incompatibles, de sacs aspirateurs introuvables, de cartouches d’encre à tarif de racketteur, etc. __Une production rationalisée__ La commission d’éthique économique aura pour tâche de rationaliser le gaspillage économique aujourd’hui généralisé. Ainsi dès lors que rien, dans la satisfaction des consommateurs, ne motive leur disparité, la production des produits complémentaires ou dérivés sera standardisée (comme l’ont été les installations électriques ou de plomberie). Elle luttera également contre l’obsolescence artificiellement calculée des produits mis à la disposition du public, dans le seul but d’en accélérer le renouvellement, et d’alimenter une machine absurde et destructrice. Cette commission veillera à la déontologie des relais économiques qui conduisent les produits du producteur vers le consommateur. L’écart constaté entre le prix payé aux paysans pour un modeste kilo de patates et celui que l’on retrouve sur les étals, tient trop souvent de l’obscénité. L’intérêt général sera imposé face aux droits ou aux brevets particuliers, quand ceux-ci sont divergents. En arriver, pour de basses considérations de profits, à sacrifier des millions d’Africains ou d’Asiatiques malades du sida pour sauvegarder les intérêts et les licences juteuses de nos lobbies pharmaceutiques, relève tout bonnement du crime contre l’humanité. __Une nouvelle philosophie de l’activité économique__ Plus généralement, la commission d’éthique économique s’appuie sur la véritable philosophie de toute activité économique qui est de produire les biens et les services nécessaires au bien-être de la population. Elle ne vise pas à créer des besoins artificiels pour gonfler quelques coffres, elle s’attache à la satisfaction de ceux qui existent réellement : logements pour tous, besoins alimentaires, confort, éducation, culture, loisirs, santé, etc. Elle ne cherche pas à créer des emplois inutiles, elle veille à pourvoir ceux qui sont indispensables à l’intérêt général et s’appuie sur les progrès techniques et l’amélioration de la productivité qui en découle pour soulager au mieux tout individu de la pénibilité du travail. Le plein emploi n’a jamais été le but d’une activité économique saine. La commission établit aussi toutes les règles qui conviennent pour empêcher que « l’émulation » positive ne se transforme en « compétition » imbécile et dévastatrice. Elle veille à prohiber toute situation de domination monopolistique abusive dans quelque domaine que ce soit. Elle vise enfin à l’auto-suffisance territoriale, tout en établissant des liens étroits de coopération et de collaboration avec les pays amis. Ce dernier point sera développé dans le prochain volet de ce modeste programme.  »(À suivre, les « affaires étrangères ») » ///html

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.