Contre l’UE, l’Italie met en action son plan A… mais a-t-elle prévu un plan B de secours ?

Contre l’UE, l’Italie met en action son plan A… mais a-t-elle prévu un plan B de secours ?

L’Italie semble vouloir tenir tête à l’UE qui lui donnait jusqu’à ce mardi pour revoir un budget 2019 refusé par Bruxelles en première instance.

Pour l’heure aucun recul prévu, ni modification de dernière minute par le gouvernement Conte malgré les menaces de sanctions financières des autorités européennes, « soutenues par l’ensemble de la zone euro » (AFP).

Matteo Salvini, patron de la Ligue, appelle même la rue à son secours en demandant à la population italienne de manifester le 8 décembre à Rome pour dire « pacifiquement » aux « messieurs de Bruxelles : laissez-nous travailler, vivre et respirer ».

Le plan A de désobéissance cher aux Insoumis français est donc largement enclenché chez nos voisins transalpins, un cas de figure fort intéressant à suivre.

La question de la monnaie au centre du plan B

Comme le soulignait Jacques Sapir dans un récent article, l’Italie de 2018 est dans une position bien plus favorable que la Grèce en 2015 :

« L’Italie est un pays contributeur net au budget de l’UE. L’Italie, de fait, n’a pas besoin de l’argent européen puisqu’elle donne plus qu’elle ne reçoit. »

Les écueils ne sont cependant pas négligeables pour le gouvernement de Giuseppe Conte. Si les possibilités de sanctions financières restent plus que problématiques, élections européennes obligent, le couperet des marchés, lui, se fait immédiatement menaçant. Le spread (écart entre les taux d’emprunt italien et allemand) a plus doublé en six mois et ronge douloureusement les finances déjà précaires de l’Italie.

Mais les technocrates européens ne sont guère mieux lotis dans cette épreuve de force qui les oppose à la troisième puissance économique de l’UE :

  • si Bruxelles cède aux demandes de l’Italie, l’autorité de l’UE pour imposer des sanctions économiques aux autres pays membres s’effondrera et l’UE éclatera ;
  • si Bruxelles tient bon dans ses exigences, la crise sera portée à son point culminant et, si elle ne veut pas connaître le sort humiliant de la Grèce, l’Italie devra se résoudre à la rupture.

Dans les deux cas – éclatement général de l’UE ou départ unilatéral de l’Italie – la question de la monnaie se posera. Faute d’avoir anticipé la nécessité de s’appuyer sur une monnaie nationale pour réussir leur plan B, celui de la rupture (générale ou unilatérale), les protagonistes se prépareraient des lendemains fort délicats.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.