SURRÉALISTE

((/images/extase.jpg|extase|L))J’allais pondre une petite bafouille sur les soirées électorales municipales à la télé. Une petite tartouille sur les conséquences et réactions de la dérouillée des uns, de la victoire sans grande importance des autres. Après quelques billets un peu graves, fallait détendre ! Mais là, c’est trop, on est servi ! Ces propos convenus, mille fois répétés, entre gens de bonne compagnie qui jouent un scénario si attendu ( » »C’est nous qu’on a gagné ! » « Non, c’est plutôt nous qu’on n’a pas perdu ! ») Et le lendemain, comme si de rien n’était, un petit lifting gouvernemental par ci, quelques annonces tiédasses de circonstances par là, quelques solennelles déclarations d’intentions des nouveaux élus, quelques vagues explications des battus ( » »Même pas mal ! » »). Surréaliste.

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/// Pendant ce temps-là, dans l’ombre, rupture dramatique de nouvelles vannes. Le barrage libéral continue de s’effondrer inéluctablement… Pendant ce temps-là,, panique sur les places boursières. Lundi 17 mars 2008 : CAC 40 = -3,51 % (-21,07 depuis le 1er janvier) ; Allemagne = -4,18 (-23,37) ; Eurofirst = -3,70 (-21,30) ; Japon = -3,71 (-23,00) ; Hong-Kong = -5,18 (-24,19) … Des milliards engloutis, sans doute en pure perte, pour tenter de maintenir quelques ruines à flot. Pendant ce temps-là, le dollar à son plus bas niveau historique dans la panique générale. Le baril de pétrole à son plus haut. L’arrogante banque américaine Bear Stearns, dont l’action valait il y a quelques semaines dans les 100 $, vient d’être bradée, au bord de la faillite, à 2 $ l’action… Pendant ce temps-là, Alan Greenspan, ex-directeur de la FED (banque centrale américaine) : la crise financière actuelle  » »va être vraisemblablement jugée comme la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale » ». Pendant ce temps-là, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI : la crise financière actuelle va  » »durer assez longtemps » » avec  » »de graves conséquences économiques » »… ///html

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/// Mais non, pendant ce temps-là, toujours, sous l’œil attendri des bedeaux médiatiques, devant leurs ouailles s’égosillant sur leurs psaumes à mesure que le doute les rongent, nos petits curés sentencieux du microcosme vaquent à leur lifting vespéral comme si de rien n’était hors de leurs sacristies ouatées, préparent leurs sermons, claironnent en boucle hallucinée le paradis prochain. L’enfant de chœur Martinon est envoyé à pénitence… Sœur Lagarde et frère Darcos, pourtant battus comme plâtre par des mécréants, affichent un extase de circonstance. Côte à côte, l’ange Rama Yade en pleine mortification et la sous-diacresse Dati crachant ses anathèmes reptiliens contre les impies. Tout en haut, sur un méchant nuage de plus en plus dépressif, l’évêque de L’Élysée enlève ses Ray-ban et décide de planquer sa chanteuse dans les communs en imaginant échapper à l’infamante damnation des sondages et de l’opinion publique. Ho ho ho, le drolatique spectacle ! Farce en diable ! Pauvres petits…

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.