DÉCOMPOSITION

((/images/enfants juifs.JPG|enfants juifs|L))Dans un discours prononcé lors d’un dîner avec les membres du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), le président de la république française a décrété que chaque élève de CM2 se verra  » »confier la mémoire d’un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah » » lors de la prochaine rentrée scolaire. Ce qui me laisse désespéré dans cette nouvelle incartade répugnante de ce malade aux abois, ce sont les réactions liquéfiées, molles à l’excès de notre société civile.

La plupart de ceux qui dénoncent l’initiative présidentielle se contentent de se placer sur le seul terrain de l’opposition politique. D’autres la soutiennent avec un  » »enthousiasme » » déclaré au nom du devoir de mémoire : François Hollande, Ségolène Royal, Marek Halter… Et même Serge Klarsfeld ! Vous vous rendez compte ? Des mômes de CM2, dix ans ! Des petits gamins et gamines de rien du tout à qui l’on va demander de __parrainer des morts !__ Mais à quoi voulez-vous en venir, à la fin ? Quel boulet de culpabilité voulez-vous leur attacher aux chevilles, à nos mioches ? Quel péché originel pour entraver leur innocence d’enfant ? Comment oser une seule minute leur faire supporter le poids des horreurs passés commis par vos aïeux ? Que cherchez-vous ? À faire oublier les horreurs commises au présent par vous-mêmes ou avec votre tacite assentiment ? Voulez-vous que l’on reviennent sur le sort fait aujourd’hui aux sans-papiers, aux exilés, aux exclus, sur la honte des centres de rétentions et des campings de SDF ? Vous êtes fiers de vous ? Qu’allez-vous faire maintenant, vous les veaux qui nous avaient amené ces tordus au pouvoir ? Vous allez regarder passer les trains de la honte avec le même œil vitreux que vos anciens, spectateurs amorphes ou ruminants de morbidité malsaine, au sortir des camps de Drancy ou d’ailleurs ? Vous me débectez ! Ah, j’en ai le cœur qui se soulève et les larmes qui me montent aux yeux. Vous êtes des fous furieux, des dingues, des fondus en état de décomposition avancée. Le pouvoir que vous avez choisi EN CONNAISSANCE DE CAUSE est à votre image. Fasse que la honte vous étouffe ! ///html

*****

/// Je voudrais terminer par le témoignage laissé par un certain PMB à la suite d'[un article de Rue 89|http://www.rue89.com/jean-yves-camus/sarkozy-persiste-et-signe-sur-le-role-social-des-religions] paru sur le sujet :  » »Si j’ai bien compris, il s’agit d’une sorte de rapport individuel entre un enfant vivant et un enfant mort. Si j’ai bien compris : individuel. Comme une sorte de deuil permanent, jamais terminé. Vivre avec un fantôme triste. »  »Un de mes frères porte le prénom d’un enfant mort, confié/imposé à notre mère par un oncle curé. Il lui a fallu une thérapie de dix ans pour arriver à apprivoiser ce mort qui pesait souterrainement sur sa vie depuis le début. »  »Saloperie. » »

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.