LA BRANLÉE

((/images/branlee.jpg|branlée|L)) J’adore le rugby. Non vraiment, je vous assure, vrai de vrai ! Pourtant, j’en étais venu à souhaiter que l’équipe de France se prenne une bonne piquette dès le premier match de cette Coupe du monde hexagonale. Ça y est, c’est fait ! 12-17 face aux pumas argentins, présentés juste avant avec une condescendance onctueuse par nos chroniqueurs patentés comme l’ultime bastion de l’amateurisme désuet. Et plouf, la branlée !

Parce qu’enfin, c’était devenu insupportable. Cette façon patriotarde qu’avaient les médias de nous monter l’évènement en mayonnaise. Cette façon de surjouer l’enthousiasme national avec des cris guerriers. Le déluge de pubs dégoulinantes, les torrents de sujets poissants de chauvinisme cocardier, le sirop de tous ces hymnes à la virilité triomphante, le match contre l’Argentine dédié à ce pauvre soldat tué en Afghanistan… Ça puait à plein nez le plan marketing béton et les publi-reportages de connivence à la sauce nationaliste nauséeuse. Ils en faisaient trop. Il y a quelques temps, leur entraîneur, ce Laporte, avait contraint un de ses gros bébés à s’excuser auprès de ces co-équipiers réunis en cercle autour de lui, au prétexte qu’il avait oublié une passe décisive dans le match qui venait de se terminer. Ambiance ! Et pour la rencontre d’ouverture de cette Coupe du monde qui main sur le coeur nous était promise, ce sont les joueurs non-retenus sur la feuille de match qui ont cérémonieusement remis les maillots aux heureux élus ! Comme ça n’était pas suffisant, tous ont eu droit à la lecture de la fameuse lettre de Guy Môquet, devenue bien involontairement le pensum du régime néo-pétainiste en place. N’en jetez plus ! Vous avez pas remarqué comme il ressemble à Sarko, ce Laporte ? Cette agitation incessante, ces airs carnassiers, cette boursouflure de l’égo, cette façon de trépigner rageusement dans les gradins devant les coups du sort qui lui dégringolaient sur le chou. Pas étonnant qu’il en devienne bientôt le fidèle ministre. Enfin, sauf cas de malheur, un nul devant les Namibiens par exemple. Tiens au fait, il y était aussi dans les gradins de la honte, le président céciliesque. Vous remarquerez qu’on l’a à peine vu. Devait rager comme Hitler devant le triomphe du nègre Owens aux jeux olympiques de Berlin 36. Quand est-ce qu’il se la prend, sa branlée, celui-là ? Je vous fiche mon billet qu’il n’y coupera pas ! Je me suis laissé dire qu’il y avait un peu de mou dans la voilure ces derniers temps, quelques fissures dans la barcasse. Une bourse hoquetante, une croissance neurasthénique… Et puis quelques méchantes révélations comme celles de ce rapport des Renseignements Généraux annonçant une grosse recrudescence du phénomène des bandes dans ces banlieues que notre ex-ministre de l’Intérieur promettait de nettoyer au Karcher. Tout ça me rappelle les farces picaresques que des troupes ambulantes jouaient autrefois sur les places de nos villages, quand on attendait avec une certaine jubilation sarcastique le moment drolatique où les faquins bouffons tombent sur leur cul.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.