GUEULE DE BOIS

((/images/ivresse 1.jpg|ivresse|L)) Les socialistes ont remporté le second tour des législatives ! Non, sérieux je rigole ! Mais c’est l’impression qu’on pourrait avoir à en croire le flot des commentaires qui nous inondent depuis le 17 juin à 20 heures. C’est étonnant ce refus d’envisager une réalité dans son ensemble, pour n’en garder que quelques éclats avantageux.

La gauche a gagné quoi ? Le Parti socialiste a perdu la présidentielle avec fracas. Il vient maintenant de perdre les législatives. Je veux dire que ses députés seront en nette minorité face à leurs congénères de droite. Mais voilà qu’on parle de  » »sursaut » » triomphant au second tour. Sursaut en regard de quoi ? En regard des sondages qui prévoyaient le contraire. Les sondages comme valeurs de référence incontournables de la République. Avec le travail, la famille et la patrie. Vous noterez qu’au soir de ce second tour, l’abstention, pourtant une nouvelle fois grande gagnante du scrutin avec près de 40% des électeurs inscrits, est quasiment passée sous silence. Exit les abstentionnistes. Il me semble qu’avec ce nouveau record, l’abstention consacre un peu plus le discrédit de notre représentation politique. Mais bast de ces mesquines considérations, restons entre gens de bonne compagnie, loin de ses empêcheurs de parader en rond. La droite a perdu ! Bien sûr, elle va avoir la majorité absolue, faire exactement ce qu’elle veut (sauf changer la constitution). Mais son amour-propre s’est pris une jolie torgnole. Quelle suffisance aussi, tout à fait digne de l’excité de l’Élysée ! Tellement sûr de lui qu’il n’a même pas eu la prudence d’attendre le résultat des législatives pour lancer son train de mesures les plus impopulaires : TVA sociale, absence de coup de pouce au SMIC quand les riches bénéficiaient de ses largesses précipitées. Pan sur le bec du vilain canard incapable de se contenir au point de paraître un brin incendié en public dès sa première sortie officielle au G8. Si le sursaut de la gauche me paraît très surfait, on ne peut s’empêcher de piaffer de joie en voyant le Juppé tomber de son vélo, le Klarsfeld se ramasser une splendide peignée, le Carignon renvoyé à ses souvenirs judiciaires, le Donnedieu de Vabres contraint à l’intermittence du spectacle politique… Petites jubilations bien éphémères. Demain, il va falloir se coltiner la morgue des rescapés à oeillères qui parleront encore et toujours au nom de tous alors qu’ils sont élus par moins de 30% des électeurs inscrits. Malgré sa déconvenue et une scission officielle (la séparation des tendances Royal et Hollande), le Parti Socialiste ne manquera pas de plastronner et de poursuivre le même morne chemin, sans oublier qu’il doit son sauvetage à quelques voix du centre fort bienvenues. Le Parti Communiste parle de  » »très beau résultat » » au prétexte qu’il parviendrait à sauver son groupe… avec des élus (P. Braouzec, F.Asensi) ayant soutenu José Bové aux présidentielles ! Bref, rien de bien folichon à l’horizon de la morne plaine. Le vin est triste.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.