RÉSEAUX DE RÉSISTANCE

Ça a commencé comme ça devait commencer :  » »Je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. » » Pas la moindre surprise là-dedans, bien sûr. Ces propos éclairent d’un jour mauvais l’évidence des difficultés qui s’annoncent. Face à ces sombres perspectives, une seule solution : organiser la résistance. Tout de suite.

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/// Mais d’abord, qu’est-ce que la résistance ? Non pas ces manifestations de colères spontanées qui ont éclaté à l’annonce des résultats du 7 mai, vite calmées à coups de grenades lacrymo. Ni les démonstrations spectaculaires de gloriole romanesque, genre poitrine offerte à la mitraille (qui a toujours le dernier mot). Encore moins les conversations militantes à n’en plus finir sur des plans fumeux qui ne verront évidemment jamais l’ombre d’un début de réalisation. La résistance ne réside pas non plus, hélas, dans un quelconque espoir de réaction politique et de recomposition d’une gauche moribonde. De ce côté-là, c’est ruine fumante et paysage de désolation pour quelques temps, n’en déplaise aux bonnes volontés. De plus, la France, par ses mutations démographiques (vieillissement de la population, par exemple), ne penche plus majoritairement à gauche, et pour longtemps. Lors des prochaines législatives, je ferai mon devoir, c’est tout et pas plus. Non, la résistance que je propose est quelque chose de bien plus terre à terre, quotidien. Une organisation méticuleuse, patiente, obstinée, organisée, un travail de fourmis. Qui vise le résultat immédiat et non la simple provocation ou le plan sur la comète. Qui ne commence pas demain mais aujourd’hui, tout de suite. Qui ne se prend pas la tête mais est à la portée de n’importe quel quidam un tant soit peut motivé. ///html

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/// __Renforcer le réseau associatif pour donner une réponse à chaque problème de société__. L’objectif : créer sur notre territoire un vaste tissu d’ONG (Organisations Non Gouvernementales) capables de pallier aux insuffisances ou au manque flagrant de bonne volonté des autorités. La résistance au quotidien ne peut être exercée qu’à travers le tissu associatif. Il s’agit d’identifier chaque problème social, puis de créer la ou les associations capable(s) d’y répondre au mieux ou d’aider à la mise en oeuvre de solutions rapides. Des associations oeuvrent déjà en ce sens. Deux peuvent être citées en modèles : les [Restos du coeur|http://www.restosducoeur.org] (plus la peine de les présenter) et [RESF|http://www.educationsansfrontieres.org] (Réseau Éducation Sans Frontières, qui s’est donné pour tâche de lutter contre l’expulsion d’enfants scolarisés en France liée à celle de leurs parents en situation irrégulière.) Beaucoup d’autres associations de ce type existent déjà, moins connues. Leur problème est souvent leur isolement. Il faut créer le réseau qui les mettra en contact et leur permettra de mieux coordonner leurs efforts. Pas la peine de dix organisations pour un problème. Prenez immédiatement contact avec les associations similaires à la vôtre. Épaulez-vous ou fusionnez, même. Les problèmes vitaux à résoudre ne sont pas légions : se nourrir, se loger, bénéficier des services publics minimum : eau, gaz, électricité, accès au moyens de santé, et même accès aux loisirs… Il est inconcevable, compte-tenu des progrès technologiques actuels, que des êtres humains soient aujourd’hui privés de nourriture, de logement, des commodités de base, de loisirs. L’argent n’est un problème que pour les banquiers, les financiers, les boutiquiers à oeillères et les présidents néophytes. Ces associations s’efforceront d’agir de concert dans une stricte légalité, mais n’hésiteront pas à recourir à la désobéissance civique s’ils leur faut passer par ce biais pour satisfaire les besoins élémentaires de la population. Quand on a faim, le problème n’est pas l’argent, mais la nourriture disponible. Si elle existe, prenez-la. C’est une question de morale (pas la même que celle de notre nouveau président !) ///html

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/// __Maintenir et renforcer le réseau des collectifs né de la campagne présidentielle pour le premier tour__. J’avais parlé de [lame de fond|http://www.yetiblog.org/index.php?2007/03/05/131-lame-de-fond] à propos de l’initiative spontanée prise par plus de 41.000 citoyens demandant à une certaine figure médiatique (José Bové) de les représenter. Pas la peine de me balancer dans les dents avec un sourire goguenard le pourcentage infinitésimal obtenu par icelui au premier tour, je maintiens envers et contre tout mon affirmation. 41.000 personnes d’horizons divers et d’origines sociales multiples ; des centaines de collectifs relayés par des sites web remarquables ; des carnets d’adresses mails gonflés à bloc. Voilà le terreau sur lequel, nous pouvons, nous devons agir. Toutes les initiatives individuelles sont possibles à condition de ne pas rester isolées. Communiquez, faites-vous connaître, soyez soudés. Si d’aventure les « pouvoirs publics » vous cherchaient quelques noises, alertez le réseau pour que des réactions appropriées se fassent immédiatement jour. Mettez-vous bien au chaud au sein de vos réseaux. ///html

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/// __Communication : développer le réseau internet en l’étendant aux couches sociales les plus défavorisées__. Inutile de vous faire un dessin, je pense : vouloir compter sur les médias officiels pour faire passer un message subversif relève de la lubie de ceux qui ne boivent pas ou ne fument pas suffisamment. Restent quelques médias indépendant obstinés : l’hebdo [Politis|http://www.politis.fr] côté papier et [Rezo.net|http://rezo.net/large] sur la toile. La toile internet est le seul moyen de communication réellement libre qui reste à l’entière disposition de chacun. Que les éternels pessimistes évitent de gémir à l’inévitable récupération prochaine. Pour l’instant c’est comme ça, on en profite, c’est tout. Publiez le maximum de liens sur vos pages d’accueil, pour qu’un jour, besoin faisant, le relais avec votre site défaillant ou tout bonnement bloqué par les autorités, se fasse sans délai et sans problème. Que les associations sus-mentionnées plus haut, n’oublient pas de sensibiliser leurs interlocuteurs sur ce sujet. Équiper à l’heure d’aujourd’hui le peuple des laissés pour compte d’un ordinateur basique et d’une communication internet est l’acte le plus subversif qui soit. ///html

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/// Nous voilà arrivés à la fin de ce petit tour d’horizon du « petit révolutionnaire pratique ». Relisez ces lignes, enrichissez-les. Elles sont simples comme chou à mettre en oeuvre, non ? Juste une question de jugeotte, de bon sens, plus une toute petite dose de vraie volonté. Arrêtons les parlottes à rallonge. Montrez ce que vous valez. La nature a horreur du vide. Comblons nous-mêmes les trous que l’État a depuis bien longtemps désertés. Bon allez, je vous laisse. Il est tard. Je suis mort.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.