LA CROISÉE DES CHEMINS (2/2 – Le cycle des lueurs)

((/images/soleil levant.jpg|Soleil levant|L)) La récente intervention d’un Président de la République pathétique, sombrant dans le ridicule en promulguant une loi qu’il demande de ne pas appliquer, montre que les signes de défaillance de la mafia libérale commencent à apparaître. Si nous voulons échapper au [cycle des ténèbres|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/03/31/47-la-croisee-des-chemins] vers lequel ils nous conduisent, il nous faut renforcer nos actions et préparer attentivement celles de demain. Les pistes qui s’offrent à nous sont nombreuses, mais étroites. Actuellement, étudiants et lycéens en tracent une avec brio. Il est temps pour nous de redoubler d’efforts et de sang froid si nous ne voulons pas qu’elle se termine en cul-de-sac.

__Le cycle des lueurs__ Pour parvenir à faire triompher ce cycle des lueurs auquel nous aspirons, il nous faudra réaliser une révolution ambitieuse comme il en existe assez peu dans l’Histoire. Le but est tout simplement de restaurer la primauté du politique sur l’économique avec pour point de vue l’équité sociale. Combat auquel renoncèrent en leur temps les socialistes du premier septennat mitterrandien. Dans une récente et excellente [interview|http://www.bladi.net/forum/63373-danielle-mitterrand-democratie-n-existe-usa.html], Danielle Mitterrand révèle que son Président de mari s’était résolu à abandonner la tendance gauchisante qu’il avait pris en 1981 parce que, disait-il,  » »il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir » ». C’est le défi qu’il nous faudra relever. Le premier épisode de cette révolution s’est parfaitement déroulé lors du référendum du 29 mai 2005, quand une majorité d’électeurs a su se mobiliser pour dire non à l’inéluctabilité néo-libérale à laquelle on voulait les condamner. Cette première victoire est bel et bien acquise, n’en déplaise aux grognons pressés qui proclament que cela n’a rien changé, que Bolkenstein ceci, que plan B cela… Le problème vient de ce que, si le peuple a dit non, les dirigeants sont demeurés les mêmes. Le second épisode consistera donc à changer ces dirigeants. Occupons-nous, nous Français, des nôtres. Outre le fait que leur manque criant de représentativité nous autoriserait à réclamer immédiatement leurs démissions, nous avons en point de vue les élections présidentielle de 2007. Jamais les chances de l’emporter ne m’ont paru aussi fortes. Pour concrétiser ces chances, il nous faut satisfaire, je crois, à deux conditions. La première condition consiste à unir les forces anti-libérales. Les petits jeux des j’y-vais-j’y-vais-pas entamés par les différents partis de gauche peuvent donner une impression de pagaille discordante. Ils n’ont pourtant rien que de très normal et je constate qu’aucun « présidentiable » n’a pour l’instant pris le risque d’une rupture définitive. L’annonce d’une « intention de candidature » n’est pas une décision officielle de candidature. Et la démarche du Parti Communiste de Marie-Georges Buffet lors de son dernier congrès est à cet égard remarquable et encourageant. Puisse-t-elle servir d’exemple$$Je précise que je ne suis ni un adhérent, ni un sous-marin du Parti Communiste.$$. La seconde condition tient au programme que ce nouveau Front Populaire présentera aux électeurs. C’est souvent là qu’à mon avis le bât blesse. Je suis attentivement les propositions des partis ou des acteurs concernés. Elles me semblent ressortir de la déclaration d’intention et du slogan, plus que d’un véritable projet avec mesures concrètes détaillées. On ne bâtira pas une politique, on ne séduira pas les électeurs hésitants, en se contentant d’annoncer qu’on va défaire les mesures du pouvoir en place. Il me paraît urgent d’aller bien plus loin sur ce sujet, fixer des priorités, sortir du cadre des partis, en appeler aux forces vives des sympathisants : économistes, sociologues, médecins, philosophes… Innovons, oublions les vieilles lunes qui bureaucratisent les initiatives, enterrons nos soifs de revanche et nos rancunes. Je ne crois pas que le but soit de bouleverser la donne, de changer de jeu, mais de modifier les règles de celui qui est joué en imposant les principes simples qui nous permettront de construire la vie telle que nous la voulons. Ces principes, j’avais pour ma part tenté d’en dresser une esquisse dans un article précédent ([le début d’un monde ?|http://www.yetiblog.org/index.php?2005/11/05/15-le-debut-dun-monde]). Notre combat se déroule en France. Mais il est clair que si nous le gagnons, il aura des répercussions immédiates sur les pays de la communauté européenne, et sans doute au-delà. Nous isolera-t-il du reste du monde ? Je ne le pense pas. À nous de séduire. Des signes montrent à l’évidence que des réactions fortes commencent à naître pour échapper à l’emprise mafieuse des OMC et autres banques centrales. Elles se sont déjà concrétisées dans certains pays : élections d’Hugo Chavez, d’Evo Morales, etc. À nous d’être à la hauteur de cette lutte qui sera dure, longue, et devra mobiliser toutes les énergies.

Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.