8 décembre 2017 : humiliant jour de débâcle pour les médias US

8 décembre 2017 : humiliant jour de débâcle pour les médias US

On peste contre nos médias pourris, mais que dire de l’humiliante débâcle subie par les “grands” médias US le vendredi 8 décembre 2017 ?

Je vous raconte. Vendredi à 11:00 du matin, la chaîne CNN sort un scoop explosif censé démontrer que le 4 décembre 2016, le candidat Trump avait été informé des mails DNC [Comité national démocrate, ndlr] publiés par Wikileaks, dix jours AVANT que ces mails leakés soient rendus public.

Un  mystérieux “Michael J. Erickson”

La collusion de Trump et de Wikileaks devenait – enfin ! – évidente et démontrée. De même que devenait évidente et démontrée la complicité entre Trump et la Russie de Poutine, puisque pour les médias US il est tenu depuis longtemps pour assuré – mais toujours sans la moindre preuve ! – que Wikileaks et Poutine ont partie intimement liée.

Cette fois, les médias US la tenaient, leur preuve : un mail signé d’un certain “Michael J. Erickson”, inconnu au bataillon médiatique, non identifié par CNN, mais pas grave, le mail semblait parfaitement solide, daté du 4 septembre fatidique, et offrait même au fiston Donald Trump Jr une clé de décryptage et un accès aux emails DNC que WikiLeaks avait “téléchargés”.

Ce vendredi matin-là, la jubilation, l’excitation, furent à leur comble 12 minutes durant sur le plateau de CNN. Enfin, ils le tenaient, ce saligaud, ce dingue peroxydé qui leur donnait des boutons d’indignation ! Même si vous ne comprenez pas l’anglais, regardez sur la vidéo ci-dessous le spectacle des “journalistes” de CNN pendant l’annonce de leur scoop.

La faute professionnelle collective la plus con qui soit

Aussitôt tous les autres grands médias US – en premier lieu MSNBC et CBS, mais aussi tous les autres médias sous-fifres du sérail aux quatre coins des États-Unis d’Amérique – embrayaient triomphants sur cette “révélation” avec la même exultation. L’intrus de la Maison blanche pouvait compter ses abattis et se faire administrer l’extrême-onction, Il ÉTAIT POLITIQUEMENT MORT DE CHEZ MORT, tué par le mail assassin daté du 4 septembre de “Mickaël J. Erickson” !

Manque de pot, quelques heures après cette explosion de joie mauvaise, le Washington Post se rendait compte – enfin ! – qu’il y avait un tout petit problème : le mail assassin était daté, non du 4 septembre, mais du 14, c’est-à-dire APRÈS la publication par Wikileaks des mails DNC leakés ! “Mickaël J. Erickson”, probablement un électeur lambda pro-Trump, prévenait juste ce dernier de prendre connaissance des courriers compromettants du conseiller d’Hillary Clinton, John Podesta, tout comme pouvait le faire n’importe quel citoyen américain moyen ce jour-là.

Le mail de
Le mail de “Michael J. Erickson”

Le silence morveux des couillonnés

La réaction de médias après la découverte de leur énorme boulette acheva de les ridiculiser : ils firent silence et refusèrent de s’expliquer comme des gamins couillonnés pris en faute. Pire, ils tentèrent de reporter la responsabilité de leur erreur sur « plusieurs sources » qui leur auraient confirmé la date erronée du 4 septembre.

On peut logiquement s’interroger sur la santé mentale de toutes ces rédactions qui virent toutes sans exception sur le mail assassin qu’ils avaient – ou auraient dû avoir – sous les yeux la même date erronée du 4 septembre.  Peut-être un aveuglement collectif autoréalisateur, tant tous ceux qui produisaient ce scoop bidon désiraient qu’il fût vrai !

Ami lecteur, les qualificatifs d’« humiliation » et de « débâcle » employés dans ce billet ne sont pas le fruit de mon (mauvais) esprit sarcastique, mais des médias alternatifs US pliés de rire devant le fiasco médiatique de leurs “grands” confrères qui les inondent régulièrement et magistralement sous leurs leçons de déontologie anti-fake news.

=> Source de mon info : The Intercept

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>