Quand François Ruffin oublie de citer le cowboy Tom Doniphon

Quand François Ruffin oublie de citer le cowboy Tom Doniphon

Magnifique allégorie de François Ruffin sur l’état de la presse en France à partir du film de John Ford, L’Homme qui tua Liberty Valance. Mais Ruffin oublie un personnage-clé : celui du cowboy Tom Doniphon.

Le film de John Ford, rappelle Ruffin, est un grand film politique qui raconte la naissance de la démocratie, la lutte d’un jeune avocat tout frais arrivé de la côte est des États-Unis, Ransom Stoddard, pour rétablir la loi et l’ordre à Shinbone, une ville de l’ouest aux mains des grands éleveurs et de leurs acolytes armés, la bande de Liberty Valance.

Stoddard, armé lui de ses seuls textes de loi, est épaulé par le journaliste du coin, le courageux Dutton Peabody, unique journaliste, rédacteur et balayeur du Shinbone Star, qui s’acharne à vouloir dire la vérité de Shinbone telle qu’elle est vraiment, en dénonçant les méfaits des gros propriétaires de ranchs, en prenant la défense des petits fermiers en péril. Dutton Peabody finira battu à mort par les gros bras des grands propriétaires.

Tom Doniphon, ses colts et sa winchester

“Quel rapport avec la France du 21e siécle ?” interroge Ruffin. “Eh bien aujourd’hui, les gros propriétaires ne sont plus dérangés par le Shinbone Star, ils le détiennent.”

Aujourd’hui, poursuit Ruffin, nous devons libérer les médias des mains des dix milliardaires qui les possèdent, nous devons libérer les journalistes, nous devons libérer les Dutton Peabody qui sommeillent en eux.

Mais Ruffin omet de raconter la fin du film de John Ford  et l’importance du cowboy Tom Doniphon, de ses colts et de sa winchester sans lesquels – et c’est tout le propos du film de John Ford – Ransom Stoddard, l’idéaliste, le futur sénateur, n’aurait jamais pu finir par rétablir la loi, l’ordre, la démocratie et la liberté de la presse à Shinbone.

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>