2nd tour : le fossé se creuse entre les élites et la population

Une réaction suite à l'appel d'une cinquantaine de sportifs à voter pour Macron.

Fébrilité dans les arcanes du pouvoir à la veille du 2nd tour de la présidentielle, au point que les élites sont vent debout face au risque de voir Marine Le Pen dédiabolisée aux yeux des électeurs. Deux tribunes, l’une signée par des représentants de l’élite culturelle, l’autre par les champions de l’élite sportive, viennent de sortir coup sur coup conjurant les électeurs de voter pour le sortant et de sortir sa challenger.

Les élites en dernier remparts du système

Auparavant les élites politiques de l’opposition s’étaient empressées de donner des consignes de vote en faveur de celui qu’ils traitaient pis que pendre avant le premier tour ; ou encore, plus faux-culs, de ne surtout pas voter pour la concurrente, ce qui revient strictement au même, hypocrisie en sus.

Ce qui apparaît, à travers ces réactions pulsionnelles des élites recroquevillées dans le blockhaus systémique, c’est que ces dernières se retrouvent toujours pour défendre le système qui les nourrit. L’opposition, ok, mais bcbg, juste gueularde ce qu’il faut, mais pas trop. N’en déplaise à nombre des lecteurs de ce yetiblog, on l’a vu tout au long du quinquennat 2017-2022 avec les responsables de la France insoumise, restés prudemment à l’écart du mouvement populaire des Gilets jaunes et avalant sans piper toutes les consignes sanitaires criminelles lors de la crise du coronavirus : pas un mot contre les interdictions de prescription de soins, soumission zélée aux consignes de vaccination, aucune protestation contre le licenciement brutal des personnels soignants non vaccinés…

En désespoir de cause

À trop fébrilement vouloir en faire, les représentants des élites de tous bords “raisonnables” (politique, culturelle, sportive ou encore médiatique) vont finir par arriver au résultat contraire de celui recherché : précipiter le menu peuple, dont ils apparaissent de plus en plus séparés, entre les bras d’une Marine Le Pen qui n’en demandait sans doute pas tant. Parce qu’enfin, cette tentative de diabolisation du FN/RN rejouée à chaque présidentielle depuis 2002 finit par être vraiment usée à la corde. Et le fossé entre les élites et le menu peuple de plus en plus profond. Ce n’est pas contre Le Pen que la population excédée manifeste de plus en plus hardiment, mais contre le candidat sortant.

Il y a pire : à défaut de fournir un horizon alternatif souhaitable pour le pays, voter pour la candidate du FN/RN apparaîtra à nombre d’électeurs comme beaucoup moins risqué que de consacrer le représentant attitré de la mafia qui conduit depuis 2017 le pays par le fond. Ça ne risque guère de s’arranger avec la candidate du RN, mais ça ne saurait être pire que ce qu’ont vécu les Français durant ces cinq dernières années. Et en désespoir de cause… Je dis ça d’autant plus tranquillement qu’à titre personnel je m’abstiendrai le 24 avril.

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