Venezuela : quand les champions autoproclamés de la démocratie s’opposent à la tenue d’élections

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Manifestation du mouvement brésilien des Travailleurs sans terre pour la tenue de l’élection vénézuélienne d’une Constituante

Bête blessée et humiliée au Moyen-Orient, l’Empire occidental défaillant tente au moins de reprendre la main dans les régions tumultueuses proches de son centre névralgique. C’est le cas en Amérique latine où, après un coup d’État institutionnel au Brésil (la destitution de la présidente Dilma Rousseff), il tente de faire tomber la forteresse vénézuélienne du “dictateur” Maduro, pourtant régulièrement élu à la loyal par son peuple.

C’est bien ce qui chagrinent les champions occidentaux de la démocratie : que des “dictateurs” (entendez des opposants à leur toute-puissance) puissent passer par des consultations électorales pour se maintenir en place ! Alors ni une, ni deux, ils tentent d’en faire interdire la tenue !

Rappelons que dans la “dictature” vénézuélienne, pas moins de quatre scrutins populaires sont prévus d’ici fin 2018 :

  • l’élection d’une Assemblée constituante (30 juillet prochain) ;
  • un référendum populaire sur le projet de nouvelle Constitution (dès que le texte sera prêt) ;
  • l’élection des gouverneurs et des Assemblées législatives (décembre 2017) ;
  • l’élection présidentielle (octobre 2018).

Pour l’heure la campagne bat son plein pour l’élection de l’Assemblée constituante du 30 juillet. Mais nos champions impériaux de la démocratie ne l’entendent pas de cette oreille :

<< Les États-Unis n’assisteront pas sans réagir à l’effondrement du Venezuela. Si le régime de Maduro impose son Assemblée constituante le 30 juillet, les États-Unis prendront des initiatives économiques fortes et rapides. >> (Donald Trump).

Un référendum (parallèle) pour faire interdire une élection !

Au Venezuela, l’opposition, avec la bénédiction d’une presse entièrement acquise, est bien décidée elle aussi à faire interdire le scrutin. Pour cela, elle a organisé unilatéralement… un référendum le 16 juillet ! Consultation parallèle à l’issue de laquelle 98% des votants se sont opposés à la tenue d’un vote le 30 juillet… mais pour laquelle moins d’un quart de la population s’est exprimé ! (Rappelons que le taux de participation à une élection présidentielle vénézuélienne est d’environ 80%.)

Il semble que nos champions occidentaux de la démocratie aient décidé qu’au Venezuela, la meilleure expression démocratique se trouvait désormais dans la rue, à travers des manifestations de “protestations populaires” qui, ô hasard, partent toutes des quartiers les plus privilégiés, quant elle ne passe pas directement par les airs : le 27 juin dernier, un hélicoptère de “démocrates” a carrément mitraillé le Tribunal suprême de Justice et le ministère de l’Intérieur à Caracas.

Aux dernières nouvelles, la “dictature” vénézuélienne tient bon et maintient tous les scrutins prévus, y compris celui du 30 juillet.

=> Pour les infos sur le Venezuela, lire le blog de Thierry Deronne, Venezuela infos, de parti pris certes, mais toujours excellemment renseigné.

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>