Réfugiés de Calais : chronique d’une famine organisée par des dégueulasses

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« Le kwassa-kwassa pêche peu ! Il amène du Comorien ! » (Emmanuel Macron) Ce mépris souverain se traduit en actes chaque jour :

  • 3 juin 2017 : cent-vingt repas distribués en cachette à l’arrière d’un bois. « Qui aurait cru que donner à manger c’était résister ? » se demande l’Auberge des migrants.
     
  • 4 juin : distribution sur le terrain d’une église. « Le responsable de l’église où nous [l’Auberge des migrants, ndlr] donnons à manger a reçu des appels du commissariat et de la préfecture lui demandant d’arrêter. » Haydée Sabéran, journaliste à Libération l’irresponsable : « Devant une église de Calais, petite victoire des associations qui ont réussi à nourrir environ cent-trente exilés malgré l’interdiction. »
     
  • 5 juin : autre jour, autre église, la police a bloqué le point de distribution d’hier. Aujourd’hui des riverains ont tenté d’empêcher la distribution des repas devant la nouvelle église. « On n’est pas racistes, mais il y a d’autres lieux pour distribuer les repas que devant une église. »
     
  • 5 juin : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur qui << adopte une ligne dure anti-migrants >> selon Le Monde des naïfs, annonce l’envoi de cent-cinquante policiers supplémentaires à Calais.
     
  • 6 juin : les CRS entrent dans la cour d’une salle paroissiale pour tenter d’empêcher une distribution de nourriture. Le Secours catholique insiste pour en faire sortir les CRS et distribue soixante à quatre-vingts repas. Les CRS postés aux deux sorties de la salle paroissiale arrêtent six migrants venus manger. Un twittos est ironique : « Ahhh ! Franchir les frontières pour la bonne popote de l’Auberge des migrants, célèbre dans le monde entier. »
     
  • 6 juin. Natacha Bouchart, maire de Calais, est née Keuroglanian d’un père d’origine arménienne et d’une mère d’origine polonaise. Elle n’aime pas les étrangers et veut un Calais judenfrei, pardon, sans réfugiés. Elle exige du gouvernement la déportation, pardon, le transfert des migrants.
     
  • 6 juin. on apprend qu’un Vietnamien, mis en cause pour avoir aidé des migrants en situation irrégulière, s’est pendu dans sa cellule. Après quatre mois de détention provisoire, l’accusé a été à nouveau << maintenu en détention pour une nouvelle période de quatre mois >>. Il a mis fin à ses jours << le jour où il a reçu son ordonnance >>.
     
  • 7 juin. un camion de CRS est rentré de force ce matin sur le terrain de l’entrepôt de l’Auberge des migrants, sans mandat de perquisition. Le riz au curry ne mérite pas moins.
     
  • 7 juin : on apprend que des associations ont découvert une prison secrète à Menton. On y stocke, dans l’illégalité et la clandestinité, des réfugiés en attente de leur renvoi en Italie. Un renvoi systématiquement illégal pour les mineurs.

À la mémoire de cet homme vietnamien dont nous ne savons pas le nom, mort de la barbarie, mort d’avoir aidé ceux qui parlaient sa langue, ce De profundis d’Arvo Pärt :

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<p>Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.</p>