Convention de la France insoumise à Lille

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La lettre grecque Phi, symbole de la campagne.

Nom ? Partageux. Prénom ? Un. C’est sous cette identité que j’ai appuyé la candidature de Jean-Luc Mélenchon et que j’ai été tiré au sort pour participer à la convention de la France insoumise à Lille.

J’ai pris un bus à deux heures du matin. J’ai été enregistré à la convention lors de notre arrivée à Lille. Et toujours : Nom ? Partageux. Prénom ? Un. “Ouais, drôle de prénom !” Ce sera l’unique remarque sur mon incapacité informatique à modifier une étourderie de départ…

Nous sommes huit à attendre le bus dans un vent froid qui pique. Une voisine encartée au parti communiste. Deux personnes encartées au parti de gauche. Cinq personnes sans affiliation partisane dont une ex-NPA, une croisée lors des Nuits Debout et une qui milite pour la première fois de sa vie.

Quarante mille personnes ont fait acte de candidature pour participer à la convention. Six-cent-cinquante ont été tirées au sort. Très mauvais client pour la “discipline de parti” je suis le témoin qu’il n’y a pas eu tricherie sur le tirage au sort. Ma voisine qui n’a jamais milité aussi. Tout comme un militant endurci du parti de gauche de mes relations qui n’a pas été tiré au sort et conçoit quelque amertume de voir des “amateurs” prendre une place à ses yeux méritée.

La convention, c’est une organisation sans faille. Autour de trois cents bénévoles qui œuvrent avec une efficacité remarquable : une ruche ! Tirons notre chapeau bien bas à tous. Passer tout un week-end à une tâche pas forcément très gratifiante en soi. Que faisais-tu ? J’étais préposé aux sandwiches. Ou bien j’étais dans l’équipe qui a tenu le vestiaire. Pendant deux jours…

On ne se refait pas. La politique, à mes yeux, c’est d’abord se soucier de personnes en chair et en os. Et, ne faisons pas trop la fine bouche, j’ai été bien servi.

La convention a donné la parole à Isabelle, mère solo en galère. À Emeline, victime d’un AVC à la Poste, qui doit sa survie à un collègue qui a appelé les secours contre l’avis des chefs qui voulaient qu’elle termine son boulot. À une femme de Grigny qui vit dans un quartier où les logements sont infestés par les punaises de lit. À Mehdi qui vit la répression anti-syndicale à Air France. À Issa qui ne veut plus des contrôles d’identité au faciès. Des gens pas trop habitués du micro qui sont émus, rougissent, tremblent de prendre la parole devant mille personnes et des caméras.

La convention, c’est une bonne image de la campagne conduite par des vingt-trente ans qui pensent numérique, réseaux sociaux et duplication à l’infini. Qui réinventent le militantisme en conservant le goût du contact humain. En substance : << Quand vous faites une caravane des droits, ou quand vous rencontrez des gens dans n’importe quelle action, n’oubliez jamais de faire photos et vidéos pour les mettre sur la toile. >>

Une note discordante pour terminer. Nous n’avons jamais discuté du projet de programme. Dont on aurait aimé débattre les points litigieux qui hérissent.

Un programme qui contient des maladresses comme cette fort regrettable erreur de rédaction qui propose d’augmenter le SMIC d’une part et les salaires… des seuls fonctionnaires d’autre part ! Un programme qui a éliminé sans sourciller la proposition du revenu d’existence pourtant largement soutenue par les contributeurs. Un programme qui propose le rétablissement d’un service national, une mesure optimale pour se mettre à dos, et toute la jeunesse, et toute la racaille antimilitariste pacifiste anti-autoritaire. Pas top pour la France insoumise…


Bernard Lavilliers chante “Bats-toi !”

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>