LENDEMAIN DE FÊTES

((/images/artifice.jpg|feu d’artifice|L)) Vous vous rappelez, le film de Jacques Tati, ”Les Vacances de M. Hulot” ? Il se terminait en apothéose par un feu d’artifice ravageur, suite à une mèche allumée par inadvertance par le héros. Eh bien, c’est grosso modo ce qui arrive à notre paysage politique et médiatique. Le pétard ravageur, c’est le non du référendum de 2005. Il a commencé par cramer sérieux la suffisance de nos institutions politiques officielles de droite (PS compris). Il a calciné la certitude des médias du microcosme gonflés d’importance. Voilà qu’il enflamme maintenant la gauche “antilibérale”, je veux parler des vieux appareils chenus, ceux qui pensaient retrouver là une seconde jeunesse et se hisser en haut du mât de cocagne, poussés au cul par des collectifs providentiels.

Raté. Fait-on du neuf avec du vieux ? Regardez bien tous les billets, tous les articles écrits au fil de tous ces blogs, ces forums, ces espaces de discussion. Jetez un œil sur les commentaires qui les suivent. D’enthousiastes et excités par l’événement qu’ils étaient, les voilà qui s’affolent. Cascades vertigineuses de mots sans suite, bouquets d’arguments indéfiniment ressassés, embrasements d’injures et d’imprécations, échappant au contrôle de ceux-là mêmes qui les prononcent. C’est terrible les feux d’artifice, surtout quand il n’y a plus d’artificiers pour les maîtriser. Réveil difficile. Le champ de décombres, après le bouquet final des 9 et 10 décembre est un peu pitoyable. La LCR et FO vont continuer à faire de la figuration, rien que de la figuration. Le PCF, fourvoyé derrière son dernier quarteron de caciques dans une posture désespérée de forteresse assiégée, a d’ores et déjà perdu toutes chances de sauver les ultimes lambeaux de son âge d’or révolu. Mais la nature a horreur du vide, surtout à gauche où on aurait plutôt des problèmes de trop-plein. Le seul mérite de cette pré-campagne douloureuse aura été de décanter les choses. Chacun est à même de savoir désormais où il veut aller, avec qui, mais aussi sans qui. L’union n’a pas forcément un caractère universel et obligatoire. Peu à peu, le paysage va se remettre en place avec, espérons-le, des têtes nouvelles, des organisations toutes fraîches, des enthousiasmes tout neufs. Une gauche véritablement sociale, et non plus stupidement “antilibérale”$$Rien de tel que de trouver des qualificatifs avec le préfixe “anti” pour se maintenir soi-même dans la marge ! Ou dans l’opposition.$$. Dans combien de temps ? Nul ne saurait le dire. À chacun d’y mettre du sien. Pour ma part, j’en reste à ma proposition émise dans mon précédent article ([Refondation|http://www.yetiblog.org/index.php?2006/12/10/92-refondation]). Maintenant, il est grand temps de balayer les restes des fumigènes calcinés, les cadavres de pétards, les rampes de lancement noircies des fusées à invectives, de chasser cette odeur âcre de vieille poudre qui vous prend la gorge. Avant de passer à autre chose, en essayant d’éviter de rejoindre la petite cohorte grise des “j’vous l’avais bien dit”. — Ça va toi ?%%% — Oui, oui. On va faire aller !

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.

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