Radio de l’été : Les Fatals Picards chantent « Canal Saint-Martin »

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Radio Partageux #23 : Où l’on fréquente les mal-lotis du pavé parisien. Chaque lundi, pour bien commencer la semaine, on s’en met une tout droit dans les oreilles. C’est la chanson du lundi. Et la radio de l’été des blogueurs qui se termine bientôt.


Les réfugiés sont maintenant plus de dix mille à survivre dans la jungle de Calais. Ne va pas lire les commentaires des réseaux sociaux à ce sujet. On y trouve trop de vomi.

Un reproche revient souvent. On ne songe pas à nos pauvres SDF bien de chez nous quand on se penche sur la misère des bamboulas et sur l’exploitation des bicots. Quand on se soucie des Rroms que la police dégage avec gaz et tonfa. Quand on s’intéresse aux bénéfices rondelets dégagés par les filiales d’Engie grâce aux “prestations” pour les centres de rétention. Puisque tout, et même la détresse, permet de générer du pognon.

Eh bien on va s’intéresser aujourd’hui à nos laissés pour compte à nous. Plante un drapeau tricolore dans le cul de ton clochard. Les Fatals Picards chantent les joies de la vie au grand air.

« J’ai une jolie tente en plastique
Au bord du Canal Saint-Martin
Plantée sur des pavés sans plages
Avec un campeur pour voisin »

Les Fatals Picards oscillent en permanence entre humour et désespoir.

« J’oublie une heure que j’vis autant
Au bord du gouffre qu’au bord de l’eau »

Pour faire faire agir les politiques, les Enfants de Don Quichotte avaient planté des tentes au bord du canal Saint-Martin. Une foule de tentes. Les Fatals Picards s’en souviennent. Avec autant de dérision que d’amertume.

« J’aurais peut-être pu faire flic
Je suis pas chômeur à ce point
En tout cas pas homme politique
J’aurais peur de blesser quelqu’un »

Dans la foulée de l’appel de l’Abbé Pierre une loi-cadre de 1957, prévue pour cinq ans, a organisé la construction de millions de logements jusqu’en… 1980. Lorsque l’Abbé Pierre lançait son appel en février 1954, on parvenait encore à mettre les politiques au travail. Le froid de février 1956, bien que plus intense, a fait moins de morts. Et pourtant le froid de février 1956 est resté dans la mémoire des paysans : les blés ont gelé cette année-là.

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>