11 novembre : aux sourires des hommes vivants

11 novembre : aux sourires des hommes vivants

Le 11 novembre 1918 s’arrêtait enfin le gigantesque abattoir industriel qu’a été la Première Guerre mondiale.

Dans mes souvenirs je recherchais quel texte te faire partager à l’occasion du centenaire de l’armistice. Jean Rostand, Jean Giono, Arthur Rimbaud, Jean Jaurès, Louis Lecoin, un autre ? Combien d’auteurs pourraient trouver place en ce jour ? Et puis, plutôt que Le Dormeur du val, plutôt qu’un écrit pacifiste célèbre d’un auteur célèbre, j’ai choisi cette inscription fraternelle, humaine, que l’on trouve sur quelque bout de ferraille dans le musée de Robert Coudray. Un musée bien vivant que tu peux visiter.


Aux froussards
qui ne voulaient pas qu’on les transforme en chair à boudin.

Aux tendres
aimant leur amoureuse et leurs petiots plus que la patrie.

Aux non-violents
incapables d’étriper leurs frères.

Aux sages
qui volent au dessus des guerres et des caprices.

Aux insoumis et indomptables
qui ne s’aligneront jamais derrière toute idée imposée.

Aux anars
n’appartenant à personne.

À la liberté
qui vaut autant que la fidélité.

Aux sourires des hommes vivants
à la mémoire de ceux qui sont morts tristement.

=> Robert Coudray, poète ferrailleur


« Let Us Sleep Now ! » Et maintenant dormons ! C’est le Libera me, la fin du “War Requiem”, le requiem de guerre composé par Benjamin Britten, sur les poèmes de Wilfred Owen mort à 25 ans le 4 novembre 1918 dans la Sambre.

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Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.