“Pourrir la vie”, ce n’est pas moi qui le dis, mais la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) qui le 5 septembre 2011 a décrété que ce MON810 — “MON” comme Monsanto, encore eux ! — était proprement impropre à la consommation humaine, donc interdite de commercialisation.

Des abeilles déclarées positives au MON810

Mais alors me direz-vous, qu’est-ce qu’ils vont en faire de leur maïs imbouffable ? Lisez bien : impropre à la consommation HUMAINE. Les bestioles elles, ils s’en foutent. Qu’elles se gavent de ce qu’on leur donne et arrêtent de chouigner, ces folles de vaches !

Et qu’importe si une bonne partie finit sur les étals de nos bouchers et dans nos assiettes !

Les plus directement menacées dans l’affaire, ce sont les abeilles. Or, on ne le répétera jamais assez, les abeilles sont les intermédiaires indispensables de notre existence terrestre. Elle ne fournissent pas seulement le miel de nos tartines, elles pollinisent une bonne partie de nos cultures alimentaires.

En 2011, les apiculteurs espagnols se sont retrouvés avec des stocks de bocaux de miel invendables. Déclarés positifs au MON810 et interdites de supermarchés. Les abeilles chargées à mort comme des coureurs cyclistes ou des champions de tennis, ça ne gêne pas les empoisonneurs !

Molles protestations officielles

Face à cette dinguerie suicidaire de course aux profits, l’association Alerte environnement trouve le dernier recours de l’État français bien mollasson, presque de pure convenance tant les arguments présentés sont lénifiants. Avis évidemment inverse chez les pro-OGM comme Initiatives Biotechnologies Végétales (IBV).

Rappelons que le précédent recours datant de 2008 a été annulé par la CJUE. Oui, cette même CJUE qui décréta le MON810 impropre à la consommation ! Les impératifs commerciaux ne sont pas à une contradiction juridique prêt.

Ne pas attendre non plus une ultime démarche salvatrice de notre ministère de l’Ecologie. Y en a plus ! Nathalie Kosciusko-Morizet, la dernière tenante du titre, a lâché l’affaire pour aller polliniser la bonne parole du candidat Sarkozy.

Pendant ce temps-là, malgré les démentis de Monsanto, des stocks de sacs de semences OGM seraient constitués. Et n’importe quel agriculteur français souhaitant semer du maïs transgénique est absolument libre de le faire.

Ne reste plus que les protestations et les pétitions à signer d’urgence. Ou alors les allum… Au fait, il est où notre José Bové ? Parti jouer les inutilités sur les bancs du Parlement européen.