04 mars 2013
Le Printemps européen qui s'annonce...
par Le Yéti - Le monde et nous
C’est à n’y pas croire : après le Front de gauche qui anime (et comment !) la présidentielle française 2012, Syriza en Grèce qui frôle l’exploit, le Mouvement cinq étoiles (M5S) qui le crée en Italie, voilà que ce sont les petits Suisses qui, contre l’avis de leur establishment médiatico-politico-financier, parviennent à imposer un référendum par lequel ils mouchent à plus de 67 % les bonus des voyous !
Le printemps Européen qui s’annonce risque de réserver quelques surprises, non seulement dans les urnes, mais aussi par la rue. On n’oubliera pas les Indignados précurseurs d’Espagne, les manifs de masse à répétition en Grèce, en Espagne, au Portugal…
Dégagez, foutez le camp !
Avec des mots d’ordre de plus en plus radicaux et sans détour : dégagez, foutez le camp, on vous a assez vu !
Oh bien sûr, par période de gros temps, on ne peut jurer de rien. Balloté dans le roulis d’enfer de la “Grande perdition”, le navire démocratique peut verser aussi bien à tribord qu’à bâbord. En attendant, hé hé, ce n’est plus des percées de l’extrême droite dont se repaissent nos médias microcosmiques un brin déroutés.
Quelle tête pourra-t-il avoir, notre Printemps européen, pour peu que la chance démocratique donne du gîte du bon côté ? Eh bien, c’est au “populiste” Beppe Grillo [rire] et à son acolyte du M5S, le “richissime” Gianroberto Casaleggio [re-rigolade], que je vais laisser le soin de longuement vous répondre…
En guerre
« Nous sommes en guerre : une guerre entre deux mondes, entre deux conceptions différentes de la réalité. Elle peut nous sembler lente, presque imperceptible, mais non, elle est féroce et va toujours plus vite, caractérisée en permanence par une alternance d’embuscades et d’avancées soudaines. Les médias tentent de la dissimuler, les politiques la craignent, les organisations internationales la combattent, les multinationales la haïssent.
Cette guerre totale, qui a des répercussions dans notre vie à tous les niveaux et remet en question des structures économiques et sociales données pour acquises depuis des siècles, est due à la propagation d’Internet.
Les journaux sont en train de disparaître, après ce sera le tour des télévisions, puis des livres. Dans dix ou vingt ans, tout cela sera considéré comme des espèces disparues, à l’instar des dinosaures. Toute l’information convergera sur le Réseau et nous serons tous des Produconsommacteurs, à la fois producteurs et consommateurs d’information. »
La participation directe des citoyens aux affaires publiques
« Partout émergent des mouvements spontanés pour remplacer les partis : le Parti des pirates en Islande, en Suède et en Allemagne, les Indignados espagnols, les jeunes d’Afrique du Nord qui donnent naissance au printemps arabe, et jusqu’au Mouvement 5 Étoiles en Italie, ignoré par les médias… La participation directe des citoyens aux affaires publiques prend la place de la délégation des pouvoirs en blanc.
De nouvelles valeurs économiques telles que la réputation et les idées gagnent de plus en plus d’importance face à l’argent. À l’avenir les ressources primaires telles que l’eau ou l’électricité seront gérées par des réseaux de citoyens pour satisfaire leurs besoins, puis redistribuées.
Le Réseau a ses propres lois, qui se manifestent constamment. L’une d’entre elles est l’élimination des activités sans valeur ajoutée… Le Réseau est partout, il suffit de s’arrêter un instant pour l’observer. »
Les citoyens dans les palais du pouvoir
« Donc dans cette guerre le vieux monde périra, mais avant de quitter la scène il usera de TOUTES les ressources à sa disposition pour conserver ses anciens privilèges et ses rentes de situation. La guerre durera longtemps. En Italie, les partis contrôlent la société, l’économie, l’information, le commerce, les transports, les lois et leur application : TOUT.
Ils sont la quintessence du vieux monde. Pour tenter de se défendre, ils ont rédigé des quantités industrielles de lois contre le Réseau. Ils se croient invulnérables, mais grâce à Internet, les citoyens sont sur le point de pénétrer dans les palais du pouvoir. »
Vous avez vu, ça déménage, n’est-ce pas ? Ce texte est extrait d’un livre publié en novembre 2011 par les deux acolytes. Qui osent même se réclamer des Indignados espagnols, du parti des Pirates et des mouvements arabes. Plutôt que des Chemises noires de feu l’ex-socialiste Mussolini. On aura tout vu !
C’est marrant, ce texte me rappelle un des tout premiers que j’ai mis en ligne sur le Net. C’était en octobre 2005. Il s’intitulait : “Début de panique dans le microcosme médiatique”. Tout arrive…


Commentaires
Pour B.Grillo, les syndicats, tout comme les partis, doivent disparaître. Analyser que deux mondes s’affrontent, et qu’un des deux va tomber, ce n’est pas le plus difficile de nos jours je crois. Mais croire qu’on peut tout balayer pour construire bien mieux après en partant de rien, en ignorant l’existant et les luttes passées (?)…
Une chose est sure, le printemps 2012 n’était qu’un hors d’oeuvre !
@Yvan : Je ne sais pas ce que valent les syndicats italiens, mais quand on voit l’état des confédés en France, CFDT en tête, on peut se douter que là-bas aussi les “têtes de listes” travaillent dans la combinazione à toute allure. Sur cette base-là, on comprend mieux pourquoi les syndicats aussi sont montrés du doigt.
Quant aux partis, ce ne sont plus que des machines à gagner sans âme, malgré la présence de vrais militants de base qui ne s’en sont toujours pas aperçus.
Et pour les luttes passées, ce qu’elles ont arraché a souvent été re-perdu récemment. C’est bien pourquoi une nouvelle donne toute différente est si nécessaire. Et je serais fort surpris qu’elle émerge des urnes.
@Yvan :
Très clairement, le rôle des syndicats apparait aujourd’hui comme celui de tampon entre la colère des travailleurs et le mépris des patrons. Ils ne sont plus là pour défendre les travailleurs, mais pour les canaliser, pour contenir les “intolérables débordements de violence”, du genre séquestration de dirigeants, casse de matériel, occupation de sites, grèves sauvages … tout ce qui reste au peuple quand une énième manif polie et calme s’avère complètement ignorée, voire carrément moquée, par le haut du panier. Enfin, tout ce qui reste de civilisé, avant la véritable meurtrière.
Pour moi à ce stade, ils peuvent disparaître.
Et puis il ne s’agit pas de construire mieux en partant de rien, mais de construire autre chose, à partir du bas, plus centré sur l’humain et l’environnement, en se basant à la fois sur des expérience anciennes ou existantes et sur de toutes nouvelles idées. Ni de balayer tout, mais de survivre sur les ruines d’un système de toute façon déjà vautré et en lambeaux.
Donc, pourquoi pas? Ça ou mourir de misère …
@Agnès :
Je plussoie, comme on peut lire dans les livres.
J’ajourerai : ” croire ou penser, il faut choisir.”
“La crise” qui n’est qu’une résultante du système capitaliste qui opresse les peuples depuis son hégémonie nous permet, nous propose, nous demande une réaction autre.
Les syndicats qui défendent les acquis (miettes éparpillées par le patronat) “acquis” de hautes lutttes entre “PARTENAIRES SOCIAUX(!!!)” lors de négociations polies et policées…ont aidé à maintenir le système en place.
Il le légétimait, même, par leur présence à la “Table des Négociations”…
Bref, rappelons nous de Kronstad, de 1936 Espagnol, de la Commune…
La seule chose dont nous devons nous méfier, c’est de vouloir bâtir une vie ensemble qui soit multipliable à l’infini. Créons, inventons cette Démocratie à visage et horizon humains. Réapproprions-nous ce dont nous avons Besoin (eau, énergie, espace, culture…) et agissons au pas à pas dans un tâtonnement expérimental propice aux vrais apprentissages et ACQUIS.
A nous, bien sûr.
Pour cela, il faut le petit nombre et refuser l’Universalité.
Révolte à l’italienne
[http://www.lejournaldepersonne.com/2013/03/revolte-a-litalienne/]
Le temps est venu de mettre des claques
À la gauche comme à la droite
Qui nous braquent et nous arnaquent
C’est à nous maintenant de vider leurs sacs.
Nous savons tous ce qu’il faut faire… mais Personne ne le fait
Nous savons tous ce qu’il ne faut surtout pas faire… mais tout le monde le fait
Parce que chacun est devenu l’ennemi juré de tous les autres
Le culte des intérêts a contaminé toute la culture
Le sens du profit a fait de nous des morts sans sépulture
La concurrence a fourvoyé toutes les occurrences
Hypothéqué toutes les chances.
Personne ne veut plus rien céder à personne
Personne ne veut plus rien concéder à personne
Parce qu’on nous a appris à tuer pour vivre
Et à nous entretuer pour survivre.
Pas pour la rendre, mais pour garder la monnaie
Quelques uns passent … tous les autres trépassent
Et qu’est-ce qu’on demande à ceux qui sont à la ramasse?
De s’auto-dépasser ? j’ai bien dit : s’auto-dépasser?
C’est l’austérité pour ceux qui réclamaient de l’autorité.
L’impasse qui va devenir notre seule et unique interface.
Vous ne le savez peut être pas mais les politiques peuvent nous sortir de là …
Mais aucun, je dis bien aucun, aucun ne le fera!
Parce que chacun d’entre eux ne songe qu’à sa légende personnelle
Tous les gouvernants sont tenus par les couilles :
Tous trempés de la tête au pied dans les mêmes magouilles
Leur mission : Durer et nous faire endurer!
C’est le système : celui de la prostitution à toutes les échelles
Qui se fait passer pour une résignation universelle…
Le capitalisme est à mourir… de rire !
C’est la capitulation des plus grands…
Et la décapitation des plus petits…
C’est le monde qui perd la tête :
Qui rêve de victoires et accepte la défaite.
Voici venu le temps… de passer à l’attaque
Êtes-vous volontaires ?
Parce que c’est l’État que l’on braque.
Les économiques, les politiques, la république
Que l’on va mettre à sac!
Parce que j’ai envie de reprendre mes billes
Pour les mettre entre les mains
De ceux qui ont le même défi :
Nous débarrasser de toutes les billes…
Sous mon pseudo ( qui je le rappelle n’a rien d’ethnique, puisque je ne suis pas que de ce coin…) il y a un mot que j’aime bien ” Sceptique ”, c’est pourquoi je pense pas pas à un mouvement majeur au printemps, si ce n’ est d’absentéisme.
Déjà les grands cris des révolutionnaires pour la retraite à soixante ans m’avaient bien fait marrer, nous étions en situation pré-révolutionnaires, rien que ça. Je me souviens de ces manifs traîne savates, des chiffres de traînards qu’il fallait multiplier toutes les semaines, et surtout je me souviens comment les syndicats et les partis de gauche, préparant pour les premiers leurs élections internes et pour les second le présidentielles et les législatives ont sabotés le mouvement en traitant de gauchistes ceux qui voulaient le radicaliser.
Nous n’aurons pas mieux au printemps parce qu’il n’existe pas de mouvement culturel à la base, ou si faible…
Il ne suffit pas de décréter sur le web l’insurrection des corps et des esprits, il fautt des réseaux qui infligent au système une nouvelle énergie et une nouvelle inertie à la fois.
C’est ” LA GRANDE DISPERSION”, ce phénomène qui devra être suffisamment vaste pour provoquer un bog ” ; pour planter ” le système avec de nouvelles formes de révoltes, une nouvelle énergie, une imagination insurrectionnelle.
Si c’est pour reprendre la même sauce que précédemment, avec syndicats et partis, sans moi!
C’est pourquoi le seul printemps possible, tout de suite, au coeur de l’hiver, c’est de commencer une campagne d’ABSTENTION PROTESTATAIRE en vue des élections européennes, et continuer le travail de sape consistant à commencer dès maintenant à vivre autrement, à appauvrir les vendeur de néo-nourriture, à se retrouver dans des réseaux solidaires ; le regard tourné vers NDL.
le printemps viendra plus tard…
ERRATA: un BUG pas un BOG. Sorry
@GPMarcel :
Pas mieux que Agnès et GPMarcel !
“Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ? Et bien ! vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande.”
(Anselme Belleguarrigue)
Yéti, si tu as le temps jettes un oeil à cette conférence: http://vimeo.com/19555233
Tout à fait dans le même sens que ton billet.Xavier Comtesse y explique comment internet va modifier notre mode de gouvernance
Ouf !!
J ’ aime bien ces billets où vient à nous quelques nouvelles ou considérations optimistes -
Je vois les choses de cette façon -
Les dinosaures malfaisants seront bientôt à terre , sur le flanc -
Et les médias du jour de nous annoncer qu ’ il y a cette année 200 milliardaires de + / haïssables médias qui ne rappellent pas en parallèle combien de milliers de chômeurs il y a en + / sans compter nos malheureux frères et soeurs qui se suicident ( aujourd ’ hui m^me - télécom ) … no comment !!!!!!!
Ouf !
Sur Agoravox une belle photo de la dernière manif du 2 Mars à Lisbonne et ce Tag sur la photo : ” Maintenant c ’ est le peuple qui donne les ordres !!! “
Belles manifs aussi aujourd ’ hui en France -
Le Monde entier se soulève , ne lâchons rien !!!
LovE -
Un parlement propre, utopie ou realité ?
lundi 4 mars 2013
Pourquoi Beppe Grillo fait peur ? Et à qui ? - II
Nous avons survolé dans un premier billet la “démocratie directe” annoncée par Enrico Letta, vice-secrétaire du Parti démocrate, le jour du dépouillement des votes (25 février 2013), dont je ne me rappelle pas les mots exacts, mais qui disait à peu près :
Ce que signifient les résultats des élections d’aujourd’hui en Italie, qui sont une grande première mondiale, ne concerne pas seulement notre pays, mais toute l’Europe. Car au-delà du succès de Grillo, la vraie question désormais posée par son Mouvement, c’est celle du choc entre démocratie directe et démocratie représentative. Le débat est ouvert…http://adscriptum.blogspot.fr/2013/…
le debat est maintenant ouvert, au Parlement comme dans toute l’Italie…..
Union Européenne : quatrième trimestre 2012 :
Portugal : baisse du PIB : - 1,8 %.
Chypre : baisse du PIB : - 1 %.
Slovénie : baisse du PIB : - 1 %.
Danemark : baisse du PIB : - 0,9 %.
Italie : baisse du PIB : - 0,9 %.
Hongrie : baisse du PIB : - 0,9 %.
Espagne : baisse du PIB : - 0,8 %.
Allemagne : baisse du PIB : - 0,6 %.
Finlande : baisse du PIB : - 0,5 %.
France : baisse du PIB : - 0,3 %.
Royaume-Uni : baisse du PIB : - 0,3 %.
République tchèque : baisse du PIB : - 0,2 %.
Pays-Bas : baisse du PIB : - 0,2 %.
Autriche : baisse du PIB : - 0,2 %.
Belgique : baisse du PIB : - 0,1 %.
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/ca…
Salut à toutes z’et tous !
Je rebondis sur la dernière phrase d’Agnès (Ni de balayer tout, mais de survivre sur les ruines d’un système de toute façon déjà vautré et en lambeaux. Donc, pourquoi pas? Ça ou mourir de misère …)
C’est tout à fait ça, la malade “capitalisme” est condamné et nous avec si on ne change pas nos façons d’être au Monde.
Maintenant, je m’abreuve ici pour les idées : http://www.lavoiedujaguar.net/
Une seule différence et de taille quand même, c’est qu’eux (les Indiens du Chiapas) sont dans un mouvement ascendant alors qu’en Europe, nous sommes dans un mouvement descendant. Faudra-t-il avoir touché le fond de la misère morale et matérielle pour que surgisse un véritable élan reconstructeur ? Je crains que oui.
En attendant, je m’habitue par la force des choses à avoir moins d’argent depuis bientôt 5 ans. Je change mes habitudes de vie : nourritures, travail (ou non d’ailleurs), achats de matériel d’occasion ou réparation système D, transports, etc … J’ai quand même le sentiment qu’on ne change vraiment que sous une forte contrainte.
Donc oui, le monde changera mais pas forcément comme on l’espère. Et les faces de Carême de tout bord qui prétendent me faire penser ce qu’il serait bon de penser, je les envoie paître comme des ânes qu’ils sont. Bien faire et laisser braire et au diable les cuistres ! C’est au pied du mur qu’on voit le maçon.
Vendredi 8 mars 2013 :
Allemagne : un allié de Merkel évoque une sortie de l’Italie de la zone euro.
L’un des principaux dirigeants des libéraux allemands, partenaires de gouvernement d’Angela Merkel, a déclaré jeudi soir que l’Italie devait choisir entre un abandon de l’euro ou la poursuite d’une cure d’austérité drastique.
http://fr.reuters.com/article/frEur…
Vendredi 8 mars 2013 :
Italie : Fitch abaisse d’un cran la note du pays à BBB+, perspective négative.
L’agence de notation Fitch a abaissé vendredi d’un cran la note souveraine de l’Italie, à “BBB+” contre “A-“, assortie d’une perspective négative, devenant la première agence à dégrader la note du pays, plongé dans une impasse politique à la suite des élections législatives de février.