22 février 2013
La France dans l'œil du cyclone européen : allons zenfants de la patrie-i-e...
par Le Yéti - La politique
C’en est presque drôle. Cinq ans que nous sommes plusieurs à les alerter, nos chers concitoyens. Et non seulement ils ne font rien, ou le pire (ah, le “vote utile” !), mais en plus ils nous engueulent, nous traitent d’oiseaux illuminés de mauvais augures, nient à toute force les réalités qui leurs pètent les unes après les autres à la figure.
Or voilà, badaboum, 2013, le terrible cyclone grec s’en vient jusque dans nos bras, dépouiller nos fils, nos compagnes. Et cette fois, ce n’est plus nous qui le chantons, mais les autres, la Commission européenne, la Troïka et toute leur bande de prédateurs.
Troïka, nous voilà!
La Commission européenne vient de rendre son verdict : en 2013, la croissance en France sera atone à 0,1% (tu peux d’ores et déjà compter 3 ou 4 points de moins au final, citoyen), le déficit ramené à 3,7 % (rajoute 2 ou 3 points sans risque d’erreur) et le chômage porté à 11 % (13 ? 14 ? Sans parler des exclus de Pôle emploi).
L’accord européen de stabilité européenne, signé pieds et mains liés par notre nouveau président sans rien négocier, nous met sous la menace-couperet d’une amende salée de 3,9 milliards d’euros pour dépassement du seuil fatidique de 3 % de déficit annuel.
Que presque nenni, la Commission européenne va étudier, miséricordieuse, la possibilité d’une grâce exceptionnelle. Mais, ajoute la vipère en sifflant entre ses dents, à condition que la France respecte au plus près les conditions qui lui seront fixées en matière de réduction des dépenses publiques. Comme en Grèce !
Autrement dit, Troïka, nous voilà, avec les mêmes amicales pressions de nos chers voisins. Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, 23 février :
« Paris poursuit ses réformes et va respecter les règles européennes. »
L’austérité à la hache
Veux-tu que je te dise ce qui va se passer, citoyen ? Au début, ce sera encore des petites coupes supplémentaires en vache. Encore un petit impôt en plus par ci, un petit avantage en moins par là, un petit gel des revenus, un petit coup de TVA en rab… Assortis de promesses de lendemains qui chantent pour apaiser tes douleurs.
Et puis, comme ça ne suffira pas — le « cercle vicieux », dit Mélenchon — ils passeront à la hache. D’ici la fin de cette année, tu entends bien, citoyen, d’ici quelques mois, tu verras qu’ils commenceront à tailler dans le vif. Une baisse des prestations sociales, du Smic, des pensions de retraites… Et puis des radiations en veux-tu en voilà !
Aujourd’hui, tes petits copains grecs en sont à peu près à la moitié de leurs rémunérations d’avant. Imagine un peu ton petit Smic coupé en deux d’un coup, couic ! Les Espagnols, les Portugais n’ont pas besoin d’imagination, eux, vu qu’ils talonnent les malheureux Grecs dans leur chemin de croix. Et maintenant, à notre tour !
Viens pas chialer !
Ils ne va plus te rester beaucoup de choix, mon petit citoyen, si tu veux te tirer fissa de ce merdier. Ou bien tu continues à faire ton benêt de bigleux. Tu avales leurs salades (la croissance de retour en 14, tu parles !). Pire, pour leur complaire, tu aboies dans le sens des maîtres qui te tondent. Dans ce cas-là, viens pas chialer !
Ou alors, tu adoptes la démarche intermédiaire de Mélenchon. Tu crois que tu peux les contraindre à revenir à la raison en leur mettant la pression électoralo-républicaine. C’est honorable, mais inutile. La bande à Hollande ne peut pas revenir en arrière.
Tout bonnement parce que comme la triste équipe d’avant, ils sont pieds et mains liés, en cheville avec le système économico-financier qui les fait vivre, qui les a installés là où ils sont, qui les engraissent pour qu’ils te mettent au régime. Entre toi et le système, c’est le système qu’ils choisiront. Jusqu’à la folie.
Aux zarmes, citoyens !
Ne te reste plus qu’une seule et unique piste de survie, mon gars, si tu veux t’en sortir : les virer ! Oui, les virer, avec perte et fracas. Tout de suite ! Dis-toi bien qu’eux ne te rateront pas. Et que de toute façon, tu seras contraint à terme d’y venir, mais en lambeaux. Aux zarmes, citoyens, formez vos bataillons !
Juste une dernière chose, fais ça à la malin. Évite de jouer les marioles devant leurs escadrons de CRS. Ne sors pas tes guillotines. Attaque ces voyous à leur point faible : le pognon.
Ne paie plus ! Suis le conseil du vieux Hessel en rejoignant des réseaux citoyens, organise-toi en circuits parallèles. Et surtout “régule” sans pitié ces punaises de banques. C’est le moment. Elles sont cuites.
Allo, allo, ici Londres, le Yéti parle aux Français : les carottes des banques sont cuites, je répète…


Commentaires
Enfin, on est dans l’ailleurs et l’autrement.
Que j’aime ces sages et déterminées paroles.
On est dans le vif du sujet, dans sa viande, dans sa survie première, dans ses besoins essentiels.
Les marionnettes danseront, gesticuleront comme épouvantails illusoires de nos potagers réarmés.
Le fond de la piscine approche.
Putain de coup de pied!!
Samedi 23 février 2013 :
En France, 38 % des sondés considèrent la construction européenne comme une source d’espoir. Dans un sondage de 2003, ils étaient 61 % !
Les classes populaires et les classes moyennes commencent à comprendre ce qu’est réellement la construction européenne : c’est une construction de riches, faite par des riches, pour des riches.
Lisez cet article :
http://www.leparisien.fr/politique/…
Et tel un vautour notre bon François, intelligent comme pas deux, va mettre nos grandes et compatissantes entreprises au service de ce bon peuple grec! lire le compte rendu du voyage car ce serait trop long et surtout trop douloureux! A vomir!
Comment il disait Boris Vian: Et on tuera tous les affreux!
Et j’irai cracher sur vos tombes!!!
La fête est finie, maintenant c’est la gueule de bois. Sauf pour les quelques Happy Few qui se sont gavés comme des malades.
Enfin, s’ils ont la gueule de bois, ce n’est pas pour les mêmes raisons que ceux - les plus nombreux-, qui doivent maintenant payer l’addition…
C’est un peu ce qui s’est déjà passé dans les années 20, dites “Les annéees folles”, ou au début du XIXième siècle avec la “Belle époque”. Deux périodes de surchauffe économique débridée et de barons voleurs, qui ont débouché sur des catastrophes européennes et mondiales.
Le plus hallucinant, c’est que malgré ces expériences historiques, la communauté des nations recommence les mêmes erreurs. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. On ne peut qu’être inquiet - euphémisme -, de la suite.
Mais l’appât du gain est trop fort, le capitaliste trop rapace, et il finit toujours par faire sauter, avec l’aide de ses amis politiciens, les garde-fous qui avaient été mis en place pour réguler le système.
C’est bien ce qui s’est passé ces dernières décennies avec le néo-libéralisme (entre parenthèse, forme très dégénérée, si ce n’est dévoyée du libéralisme philosophique).
Maintenant les fêtards passent l’addition aux “bons peuples”, qui n’en peuvent mais…
Le capitalisme, ce magnifique système qui privatise les gains, et socialise les pertes.
Pour ce qui est de socialiser les pertes, les “socialistes” se sont toujours montrés de zélés serviteurs du capital, avant on disait “le mur de l’argent”. Ils le montrent encore une fois avec le gouvernement Hollande/Ayrault, qui applique, en bon élève, les politiques d’austérité voulues par les marchés, les institutions européennes, internationales, et par le patronat français tout simplement.
Au risque de désespérer le petit peuple, et le fond du panier des classes moyennes.
Mais apparemment, ils sont prêts à courir le risque. Comme l’a dit Moscovici: “Il vaut mieux un euro fort, qu’un euro mort.”. Pour ce qui est de l’euro, il n’est peut-être pas la cause intrinsèque de nos maux, mais dans le contexte disons “géopolitique”, européen et mondial il aggrave les disparités entre pays de l’UE, et entre l’UE et le reste du monde. Mais visiblement, il vaut mieux sacrifier certains pays et leurs peuples sur l’autel d’une monnaie commune - mal conçue dès l’origine -, et qui loin d’apporter la prospérité dans la maison Europe, apporte la misère aux plus faibles, et une aisance relative aux plus forts.
Mais comment pourrait-il en être autrement, dès lors que les égoïsmes nationaux prévalent Il en est d’ailleurs de même à l’intérieur de chaque nation, entre riches et pauvres.
Rien à ajouter…
J’en connais qui au printemps dernier, me disaient: “On vire Sarkozy, on élit les socialistes, ainsi on aura cinq ans pour souffler.”
J’étais alors plus que sceptique, mais ils voulaient encore y croire. Aujourd’hui ils sont atterrés par la politique menée par les “socialistes”.
Moi, je n’y croyais pas une seconde “au changement”, d’ailleurs au second tour des législatives, j’ai glissé dans l’enveloppe un papier sur lequel était écrit: “Nous sommes tous grecs.”. Eh bien, nous y voilà nous allons être accommodés à la sauce grecque, par les chefs cuistos Hollande et Ayrault.
En effet, c’est étonnant qu’après tant d’années de trahison par les sociaux-démocrates, une majorité de nos concitoyens aient encore cru que les “socialistes” allaient les protéger des grands vents du large, néo-libéraux.
Peut-être vont-ils maintenant comprendre que nos “défenseurs” ont donné tous les attributs de notre souveraineté économique à L’UE, qui n’est autre que le cheval de Troie de la mondialisation néo-libérale.
Mais maintenant, le réveil va être dur, très dur. Car le capital, la finance ont bien en main tous les leviers, qui leur permettent d’imposer aux peuples leurs diktats. En autre, via le chantage exercé par les marchés sur les taux d’intérêts auxquels les Etats, en “faillite” - mis en “faillite” par la rapacité de la finance et les politiques menées depuis plus de trois décennies par nos élus - , empruntent.
Effectivement, cela va être très dur, car au point où en sont arrivées les choses, sans soulèvement populaire massif, nous ne retrouverons pas notre souveraineté perdue.
On va bien voir ce que donnent les élections italiennes de ce week-end, mais je crains que ce ne soient les partis racistes et xénophobes qui ne profitent de la situation. Il est tellement plus facile de s’en prendre à des boucs émissaires, qu’à ceux qui ont vraiment causé votre malheur.
Se lancer seul dans un bras de fer (fut-il financier) avec les autorités revient juste à se dessiner une cible sur le front. Tes propositions n’ont par conséquent de sens que dans un cadre massivement collectif. C’est bien là tout le problème.
@Dissonance :
Le but de ma démarche n’est pas d’inciter les autres à se lancer seul, ni de le faire moi-même, mais de lancer l’idée que le moment est venu de s’y lancer le plus collectivement possible « en rejoignant des réseaux citoyens » et les circuits parallèles.
De signifier aussi que la rupture est consommée avec les défenseurs du système dont le pouvoir “socialiste” n’est pas le moins ardent.
DE LA VIANDE DE YETI DANS LE PÂTÉ EUROSCEPTIQUE ( 2 )
Oui , en effet c’est très marrant de voir tous ces ralliés à l’ euroscepticisme, de voir le ralliement à cet affreux souverainisme, de la bonne gôche moderne et longtemps européiste , au point de montrer dès Maastricht les sceptiques comme les derniers des ploucs.
Depuis 5 ans, dites vous , vous apportez la bonne parole. Contre la destruction de notre état nation, contre l’Europe des lander, l’Europe des régions, l’Europe ethnique voir discriminante comme en corse ou en Flamandie ?
Et ce bon Mélanchon, il lui a fallu attendre le Traité de Lisbonne pour qu’il se réveille, ce qu’il fit avec brillo et courage, d’ailleurs.
Cependant, depuis plus de onze ans des gens honnêtes et aimant leur pays se font passer pour des nationalistes hystériques et dépassés.
AH ! On peut dire que vous nous avez emmerdez avec votre Europe ; je revois encore Giscard et Mitterrand main dans la main pour soutenir, le grand rêve hugolien.
Des excuses ? des amende honorables ? des auto critiques ? Que nenni mon Yéti !
Les régionalistes assis sur le strapontin des écolos officiels, du PS, et du PC, ont été soutenues depuis le début de l’Europe des régions par une gauche rapide à abandonner les principes même de notre constitution, la gauche même n’a pas enquêté sur les couleurs brunes que prenait le nationalisme ethnique, les basques - ces grands humanistes - ont été cajolés par un sud ouest sentimentale et frondeur, la Bretagne, passée à gauche a arrosé de subventions des bretonnants avec distribution de postes, souvent culturels ; la Corse ? il a fallu comprendre que ce n’était pas deux départements de culture républicaine et qu’il fallait aménager le droit français à cette région ’’ différente ’’ etc…
Et maintenant que l’UE vient faire les poches du Yéti, il braille !
Avant d’être un glacis unidimensionnel néolibérale, l’UE, ce sont des lander et non une Europe des Nations, qui par des jeux d’alliances ira se battre pour n’importe qui, et surtout pour Wall street ; comme au moyen âge.
NB Il n’empêche( à la traîne) que mieux vaut tard que jamais, et que le passage à l’action aujourd’hui nous rassemble.
Lundi 25 février 2013 :
Silvio Berlusconi prône la sortie de l’euro.
Beppe Grillo prône la sortie de l’euro.
Ces deux hommes ont réuni plus de 50% des suffrages.
Vers 19h20 :
L’Italie submergée par une vague populiste.
http://tempsreel.nouvelobs.com/mond…
Mardi 26 février 2013 :
L’Italie provoque la panique dans les Bourses européennes.
http://www.lepoint.fr/economie/l-it…