Troïka, nous voilà!

La Commission européenne vient de rendre son verdict : en 2013, la croissance en France sera atone à 0,1% (tu peux d’ores et déjà compter 3 ou 4 points de moins au final, citoyen), le déficit ramené à 3,7 % (rajoute 2 ou 3 points sans risque d’erreur) et le chômage porté à 11 % (13 ? 14 ? Sans parler des exclus de Pôle emploi).

L’accord européen de stabilité européenne, signé pieds et mains liés par notre nouveau président sans rien négocier, nous met sous la menace-couperet d’une amende salée de 3,9 milliards d’euros pour dépassement du seuil fatidique de 3 % de déficit annuel.

Que presque nenni, la Commission européenne va étudier, miséricordieuse, la possibilité d’une grâce exceptionnelle. Mais, ajoute la vipère en sifflant entre ses dents, à condition que la France respecte au plus près les conditions qui lui seront fixées en matière de réduction des dépenses publiques. Comme en Grèce !

Autrement dit, Troïka, nous voilà, avec les mêmes amicales pressions de nos chers voisins. Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, 23 février :

« Paris poursuit ses réformes et va respecter les règles européennes. »

L’austérité à la hache

Veux-tu que je te dise ce qui va se passer, citoyen ? Au début, ce sera encore des petites coupes supplémentaires en vache. Encore un petit impôt en plus par ci, un petit avantage en moins par là, un petit gel des revenus, un petit coup de TVA en rab… Assortis de promesses de lendemains qui chantent pour apaiser tes douleurs.

Et puis, comme ça ne suffira pas — le « cercle vicieux  », dit Mélenchon — ils passeront à la hache. D’ici la fin de cette année, tu entends bien, citoyen, d’ici quelques mois, tu verras qu’ils commenceront à tailler dans le vif. Une baisse des prestations sociales, du Smic, des pensions de retraites… Et puis des radiations en veux-tu en voilà !

Aujourd’hui, tes petits copains grecs en sont à peu près à la moitié de leurs rémunérations d’avant. Imagine un peu ton petit Smic coupé en deux d’un coup, couic ! Les Espagnols, les Portugais n’ont pas besoin d’imagination, eux, vu qu’ils talonnent les malheureux Grecs dans leur chemin de croix. Et maintenant, à notre tour !

Viens pas chialer !

Ils ne va plus te rester beaucoup de choix, mon petit citoyen, si tu veux te tirer fissa de ce merdier. Ou bien tu continues à faire ton benêt de bigleux. Tu avales leurs salades (la croissance de retour en 14, tu parles !). Pire, pour leur complaire, tu aboies dans le sens des maîtres qui te tondent. Dans ce cas-là, viens pas chialer !

Ou alors, tu adoptes la démarche intermédiaire de Mélenchon. Tu crois que tu peux les contraindre à revenir à la raison en leur mettant la pression électoralo-républicaine. C’est honorable, mais inutile. La bande à Hollande ne peut pas revenir en arrière.

Tout bonnement parce que comme la triste équipe d’avant, ils sont pieds et mains liés, en cheville avec le système économico-financier qui les fait vivre, qui les a installés là où ils sont, qui les engraissent pour qu’ils te mettent au régime. Entre toi et le système, c’est le système qu’ils choisiront. Jusqu’à la folie.

Aux zarmes, citoyens !

Ne te reste plus qu’une seule et unique piste de survie, mon gars, si tu veux t’en sortir : les virer ! Oui, les virer, avec perte et fracas. Tout de suite ! Dis-toi bien qu’eux ne te rateront pas. Et que de toute façon, tu seras contraint à terme d’y venir, mais en lambeaux. Aux  zarmes, citoyens, formez vos bataillons !

Juste une dernière chose, fais ça à la malin. Évite de jouer les marioles devant leurs escadrons de CRS. Ne sors pas tes guillotines. Attaque ces voyous à leur point faible : le pognon.

Ne paie plus ! Suis le conseil du vieux Hessel en rejoignant des réseaux citoyens, organise-toi en circuits parallèles. Et surtout “régule” sans pitié ces punaises de banques. C’est le moment. Elles sont cuites.

Allo, allo, ici Londres, le Yéti parle aux Français : les carottes des banques sont cuites, je répète…