18 janvier 2013
Guerre du désert : François Hollande, un Président ébranlé
par Le Yéti - La politique
Il aura fallu moins d’une semaine, entre l’intervention des troupes françaises au Mali et la tragédie d’In Amenas, pour que la guerre du désert dérape. Du prêche clinique sur les raisons d’une frappe chirurgicale, on passe brutalement à la confusion et à la consternation.
En témoignent le visage et les propos défaits du président Hollande lors des deux points presse tenus le 17 janvier.
« Je fais toute confiance… »
Dans le premier, le président français, yeux baissés, regard fuyant, geste mal assuré du bras droit, peine à convaincre de quelques affirmations stéréotypées :
« Je fais toute confiance aux autorités algériennes pour trouver les solutions les meilleures, pour mettre un terme à cette prise d’otage. »
Nous sommes loin, convenez-en, du ton solennel et martial annonçant l’intervention du vendredi 11 janvier.
« Il semble que… »
La seconde déclaration, peu après l’assaut, dénote un désarroi et une incertitude encore plus perceptibles :
« [L’opération] semble se dénouer dans des conditions dramatiques… Je ne dispose pas encore de suffisamment d’éléments… »
François Hollande y débite son discours avec la voix blanche d’un responsable politique manifestement dépassé par les évènements et sans paraître vraiment croire lui-même à certaines de ses assertions :
« Les autorités algériennes m’informent régulièrement de la situation. »
Premières lézardes
Voilà comment une poignée de terroristes sortis des sables ébranlent le Président de la cinquième puissance mondiale, ses 1400 hommes de troupes (pour commencer), ses blindés, ses avions et ses drones dernier cri.
Voilà comment une vingtaine d’islamistes hystériques risquent de lézarder rapidement le consensus international autour de son action.
Voilà comment peuvent naître les premiers germes du doute et de trouble dans l’opinion publique nationale quant au bienfondé de la mission civilisatrice qu’on voulait lui présenter.
Avouez que l’on a déjà vu mieux dans le genre chef de guerre sûr de son fait.


Commentaires
Pour ceux qui n’auraient pas compris, nous sommes loin d’une force d’intervention européenne et je n’y vois pas de raisons de m’en réjouir.
Que FH ait dû prendre une décision téméraire en agissant seul me rassure sur sa capacité de décision urgente: Comment aurait-il-fait avec des milliers d’otages à Bamako ?
La prise d’otages se passait en Algérie dont la faibilité n’est pas la meilleure, FH ne peut qu’être sur la réserve, la France n’est que le pays de quelques otages, bien moins nombreux que pour d’autres nations.
Que les USA et la GB réagissent avec violence, masque le fait qu’ils ont laissé la France faire le sale boulot et s’en morde les doigts. Voir dans cette affaire une action post-coloniale est une erreur d’appréciation de la situation.
Où sont les intérêts de la France au Mali ? Ne pas confondre avec le Niger !
@baillergeau :
Vous avez si évidemment raison. L’intervention en Côte d’Ivoire, celle en Lybie, celle que les Occidentaux frétillaient tant et plus pour aller la porter en Syrie, celle au Mali actuellement, en attendant , j’en fais le pari, l’Algérie, tout ça c’est de l’humanisme grand teint. Et l’humanisme est une tellement belle chose qu’on retrouve pour le servir tant de couteaux!@baillergeau :
“Où sont les intérêts de la France au Mali ?”
Ils sont là : http://lajuda.blogspot.fr/2013/01/g…
Commentaire à côté de la plaque concernant la vidéo 1 (“yeux baissés, regard fuyant, geste mal assuré du bras droit”).
Concernant la vidéo 2, le commentaire du présent blog touche au grotesque. Une vision attentive ne permet de déceler aucun “désarroi” chez FH, sa voix n’est pas “blanche”. Son débit est rigoureusement habituel (comme d’habitude, il semble parfois chercher ses mots, comme s’il improvisait).
Lorsque l’on a rien à dire de pertinent, il n’est pas infamant de s’abstenir de monter sur sa petite estrade…
@ouimaisnonblog :
« Son débit est rigoureusement habituel »
— Hélas.
« comme d’habitude, il semble parfois chercher ses mots, comme s’il improvisait »
— Vous touchez juste : il improvise. Et il improvise de drôles de mots : « Il semble que… je ne dispose pas de tous les éléments. »
« Lorsque l’on a rien à dire de pertinent… »
— Je suppose que vous jugez non « pertinent » ce avec quoi vous n’êtes pas d’accord ? Propos « pertinents » ou non, ça ne vous empêche pas de vous croire obligé de venir les commenter ici (et même de pousser le bouchon jusqu’à ouvrir spécialement un compte sur Rue89 pour faire un copié-collé de votre prose, assurément pertinente et éclairée, elle)
Allez, dernier échange entre nous. Bon vent sur votre blog (non, je n’en pense rien).
Il semblerait que l’afp n’apprécie pas trop l’analyse que tu fais de ses informations : voir ici !
Bonsoir,
On ne peut tout de même pas reprocher à notre dernier Abraraccourcis d’apprendre ses leçons ni de rendre ses devoirs dans les temps …
Même en l’estimant un chouïa sous l’emprise de l’amère potion des joyeux druides de Langley destinée à imposer leur vision du monde sous la houlette de ceux du 200 West-Street.
Un monde marchant-marchand.
Sans concessions, ni franchises. Parfaitement standardisé.
Sans un poil de barbe qui dépasse. Sans avoir les yeux bridés.
If there was one dollar at the bottom of the hell, we would find one Yankee to fetch it.
Aujourd’hui, l’allié fait l’affaire.
Bonne soirée.
Moi, j’aime bien cette intervention là. Laurent Louis, Député Indépendant Belge.
http://www.dailymotion.com/video/xw…
L’entendre ne peut pas faire mal.
Raoul Marc Jennar (Belge, également) vient de nous signaler que ce Monsieur Laurent Louis “fricoterait” avec l’extrème droite.
Ceci pour resituer.
Mais, au-delà des intentions populistes, le fond du discours me plaît.