31 janvier 2013
Guerres : doit-on toujours souhaiter la victoire de son pays ?
par Le Yéti - La chose publique
Chaque nouvelle épopée guerrière menée au nom de son pays pose la délicate question de conscience du soutien patriotique réclamé à chaque citoyen. En Afghanistan, en Libye, dans le Sahel africain aujourd’hui, les citoyens sont-ils tenus de faire taire tout esprit critique et d’appeler sans nuance à la victoire en chantant ?
Certains, pourtant opposants déclarés à ces aventures, répondent par l’affirmative :
« J’espère que ce sera une victoire, et c’est une victoire de l’armée française, personne ne peut douter de cela » (Jean-Luc Mélenchon, Europe 1, 28 janvier)
« Not in my name »
Eh bien si, d’autres doutent. Et en ce qui me concerne, c’est même carrément non. Pas plus qu’on ne saurait reprocher aux Allemands de ne pas avoir soutenu la barbarie nazie, ou à nos oncles et tantes d’avoir condamné les opérations de “pacification” dans l’Algérie des années 50/60, je ne me sens pas tenu aujourd’hui de souhaiter la victoire de mon pays dans les guerres d’occupation qu’il mène en mon nom. « Not in my name ! »
Passons sur les prétextes fallacieux que nous assène la propagande. La guerre du Sahel ne vise pas à la libération de peuples opprimés ! Non, toutes ces dernières expéditions sanglantes ne sont pas menées dans l’intérêt des citoyens de mon pays. Les citoyens, eux, paieront juste les frais de personnel, de matériel et à l’occasion les pots cassés.
Ces interventions agressives répondent à des considérations géopolitiques douteuses et ne défendent les intérêts privés de quelques multinationales plus préoccupées par la teneur en uranium ou en pétrole des territoires occupés que par la défense du droit des femmes musulmanes ou des poignets tranchés des indigènes.
Oui, Je déplore les inévitables accidents du travail qui entraineront la mort de quelques soldats professionnels. Mais au même titre que je déplore ceux survenus dans n’importe quelles de nos usines ou les suicides du personnel de telle ou telle entreprise. De là à sacrifier à la glue des condoléances patriotardes, non.
Ennemis ici, alliés de circonstance là-bas
Mais alors, s’écrieront les esprits binaires, si t’es pas avec nous, c’est que t’es avec eux ?
Avec qui ? Avec ces fous furieux qui bousillent les monuments publics, détruisent les traces historiques qui ne leur conviennent pas ? Avec ces tordus qui mutilent les vies humaines qui n’ont pas l’heur d’abonder dans leurs croyances allumées ? Non, manquerait plus que ça !
Remarquons juste que ces ennemis d’ici (le Mali) deviennent vite des alliés opportuns d’ailleurs (la Libye, la Syrie, l’Arabie saoudite, le Qatar…). Que ceux dont on combat l’obscurantisme quand ils contestent “nos” gisements miniers, sont ailleurs invités à financer nos équipes de foot, nos banlieues déshéritées ou à acheter dare-dare les coucous improbables de notre industrie aéronautique (le Rafale).
Non, mesdames messieurs, dans cette pétaudière, je ne soutiendrai ni “nous”, ni “eux”. Pas plus que je ne me suis senti contraint, au nom de je ne sais quelle obligation “démocratique”, de voter pour une bande rosâtre au seul prétexte qu’elle paraissait moins sinistre que la meute bleue d’en face. Avec les mêmes désespérants résultats.
Comme beaucoup, je me retrouve contraint de contempler impuissant l’étendue du désastre. Je me contenterai donc de tenir vaillamment la chronique d’un voyage en la circonstance bien désolant. Qu’y puis-je, moi, si le paysage en est dévasté par des malfaisants ?
« Pourquoi devrait-on choisir entre la peste et le choléra ? Pourquoi devrait-on préférer le choléra sous prétexte qu’il s’agit d’un choléra français ? » (Ermite, riverain de Rue89)


Commentaires
Quand une victoire eut lieu sur le canal de l’Ourcq, les français pouvaient en être satisfaits. Quand c’est à Gao, ou Tombouctou (où les opposants étaient déjà partis), on frise le ridicule.
Les troupes françaises ont été vaincues à Dien Bien Phü, notre sol n’en a pas été menacé pour autant, nos fils et nos compagnes non plus. Relativisons.
Le choléra dit “français” à Gao reste un choléra. Il ne va pas rétablir dans leurs droits des Touareg dont il se contrefiche. La route de l’uranium est tellement plus importante !
Yéti. Ce commentaire n’a pas forcément pour but d’être affiché.
En effet, une “guerre”, guérilla, guerre économique ou guerre de l’information par informatique montre simplement qu’aucune négociation n’est possible.
A partir de là, et sachant que le Mali est juste la France qui bosse et dépense pour l’otan, (tiens, si on le met en minuscule, ça fait une faute d’orthographe…)(mais révélateur), pourquoi vouloir continuer à creuser le sujet sachant que le but du g8 est de piller l’Afrique de ses richesses souterraines ainsi que sa main d’oeuvre d’esclaves consentants…??
Soit, ne te recentrerais-tu pas sur le domaine économique qui, là, est général et prend une gite d’enfer..??
N.B. : ne crois pas que je sous-estime la guerre dans le sens où un de mes neveux ainsi qu’un bon ami sont … militaire.
Te dire comme je crains pour eux, mais. C’est leur choix. Qu’y puis-je, de fait.
Non on est pas obligé de souhaiter la victoire de son pays. Ce qu’on doit souhaiter c’est simplement la victoire de la paix, car dans ces histoires c’est toujours les même qui trinquent ceux qui subissent et n’y peuvent rien: Les peuples. Quoique je sois athée mon souhait serait que l’on renaisse dans une autre vie et qu’elle soit à l’opposé de celle qu’on a vécue. Imaginons Sarkozy et Dassault renaissant en Lybie. Hollande au Mali. Proglio et Lauvergeon à Fukushima. Le pen, noir. Waulquiez chômeur et Bachelot grippée. J’en passe et des meilleurs. Ça vous fait pas rêver!
Quand à Mélenchon! Je dois avouer que beaucoup de choses me gênent chez lui et que découragée de cette gauche et des communistes, je retrouve plus mes idées au NPA. Et pourtant j’ai toujours voté communiste, Mais c’était par idéologie et fidélité. Mais je dois dire qu’internet m’a permis de mieux connaitre leurs idées et j’ai découvert qu’elles ne me correspondaient pas du tout. En tout cas Mélenchon a des cotés qui me gêne beaucoup. Et pourtant au début j’ai cru qu’il pourrait amener quelque chose. Mais non il n’est qu’une illusion qui s’évapore dès qu’on gratte.
Bonsoir,
Sous régime financiaro-démocratique, le salut du politicien est le garde-à-vous. Même avec une cravate rouge.
Combien de communistes écarlates, de khmers verts (G.Collomb) participant à des gouvernements démissionnent de leurs maroquins au prétexte des contradictions de la politique menée, contraire à leurs engagements ?
Est-ce que l’apparition de femmes, de noirs, de gris, d’homosexuels labellisés politiciens de partis fait que la gangraine néolibérale est implacablement combattue ?
Ce n’est donc pas avec un bulletin de vote, not in my name…, que ces soldats de l’ingénierie financière nous éviterons le pire. Bien au contraire.
1968 - élections piège à cons.
Résultat des courses : le Général. Avec l’éternel coup du drapeau. Drapeau utile. Maculé du sang de civils et de connards uniformisés envoyés au casse-pipe au nom de la raison d’Etat: la préservation de l’élu et des gardiens du temple.
1792-2013, même situation économique, sociétale?
Plutôt qu’aller se tailler une entrecôte sur une vache en plein champ (Ouest France), le temps viendrait de relancer l’entreprise de plein air; à fort besoin de main d’oeuvre.
Au dernier recensement du Cese, la 5ème puissance économique mondiale compte en son sein environ 8 millions de prétendants potentiels aux postes.
Il doit bien y avoir des cadres…
Bonne soirée à tous.
On en est au même point, Yéti. La nuit, je me réveille en sursaut dans un sketch de Bertolt Brecht. Le cauchemar. Surtout pour ceux qui reçoivent tout sur la tête.
Et que faire ?
“On nous dit : vous devez respecter la patrie, mourir pour elle. Mais, pour moi, la patrie c’est toute la terre. La patrie, c’est là où je vis, en Allemagne, en Russie, en France. Elle est partout où je trouve heureux. Si les ouvriers réfléchissaient un peu, il comprendraient qu’entre capitalistes il n’existe pas de frontières. Que ces rapaces s’organisent pour mieux les oppresser.”
(Raymond La science)
L’intervention militaire française, c’est à l’Assemblée nationale qu’on la justifie sans tortiller du cul :
(Nicolas Dhuicq, député de l’Aube)
http://partageux.blogspot.com/
En tout cas, il y a des faits: les guerres du Mali, de Lybie, d’Afghanistan, de Yougoslavie, ont été largement approuvées par l’opinion publique, les médias et les politiques français alors que la France y était directement impliquée.
Seule la 2° guerre d’Irak a donné lieu à une mobilisation populaire relativement importante et durable. La France n’y participait pas et ses dirigeants y étaient clairement opposés.
Comme l’affiche souvent rezo.net sur son portail: “Quand les drapeaux sont déployés, toute l’intelligence est dans la trompette” (S. Zweig).
La question serait plutôt “pourquoi on…” que “doit on…”
Boudi !
, comme on dit si bien ici dans le midi ,
notre patrie ? notre pays ?
m^me pas notre terre !!
juste la terre que la chance nous a prêtée et que le devoir nous oblige à partager , ainsi que toute terre de notre belle terre –
Que certains croient engager notre nom dans ces sinistres horreurs , c ‘ est leur problème –
Mais ils se fourrent le bras dans l ‘ œil jusqu ‘ à la garde !
Ces guerres sont choses trop graves pour qu ‘ on puisse s ‘ y engager / m^me si on peut avoir une lueur d ‘ opinion/ sans qu ‘ on sache de quoi il retourne réellement !
Or dans cette affaire , comme dans tant d ‘ autres , mensonges et entourloupes sont le terreau qu ‘ on nous sert , sûr qu ‘ on sera naïfs !
Eh bien NON !!
Dans cette histoire seul/e/s ceux-celles pour qui la guerre est une abjection immonde , nos frères et sœurs d ‘ ici ou de là-bas – sont ceux-celles avec qui nous pouvons composer –
Les seuls motifs recevables pour prendre les armes sont de défendre des personnes aimées , ou s ‘ il s ‘ agit de prendre un pouvoir légitime qui nous serait refusé –
Je ne vois rien de tout çà dans cette affaire Malienne -
Mali: Nous pas bouger !
[http://www.lejournaldepersonne.com…
|http://www.lejournaldepersonne.com/2013/01/mali-nous-pas-bouger/|fr]
J’ai été nommée par le ministère amer de l’éducation nationale “comme enseignante” d’un jour pour faire cours à une délégation de jeunes maliens en visite à Paris pour créer des liens directs avec Tombouctou.
Grâce à l’armée française on sait désormais où c’est !
C’est un cours d’instruction civique et religieuse… c’est un intitulé qui fut longtemps le nôtre, aujourd’hui c’est le leur.
Un lien entre le sacré et le profane… entre le civil et le religieux… entre le ciel et la terre. Ce qui sous-entend qu’il ne peut y avoir de politique en Afrique sans l’intrusion d’éléments surnaturels.
La Gauche et la Droite ne sont que des figures muettes et désuètes… incapables de rendre compte de notre échiquier politique. Je vous rassure… tout de suite : il y a toujours des rois et il y a toujours des pions. Ce sont toujours les mêmes qui servent et les mêmes qui se servent. Rien de nouveau sur le soleil. C’est toujours le même.
On peut s’en rapprocher pour changer de couleur ou s’en éloigner jusqu’à perdre ses couleurs. Parce que la nature a toujours son mot à dire.
Ce qui nous distingue les uns des autres, c’est surtout la culture. Satanée culture!
Pour vous, le pion est un roi. Pour nous, le roi est un pion. Vous sacralisez à outrance. Nous désacralisons à outrance. Vous vous fiez aux cavaliers, on se défie des cavaliers.
On se méfie des fous… vous, vous leur confiez votre destin. Vous avez des tours à construire. Et nous des tours à déconstruire.
On veut gagner vite la partie… et vous, vous ne voulez pas la perdre. Nos intérêts sont donc convergents même si nos divergences sont manifestes.
Donc, ni gauche, ni droite… ni haut… ni bas… mais un savant ou ignorant mélange des quatre.
Un objectif : le paradis
Comment y parvenir ?
Il y a deux tendances :
Les aveniristes : qui disent que le paradis est devant ( à construire de toutes pièces)
Les passéistes : qui disent que le paradis est derrière (à retrouver de toute urgence)
Progrès d’un coté. Regrets de l’autre. Révolutionnaires et réactionnaires qui croisent le fer.
On le sait désormais, toute progression n’est pas salutaire…
Elle peut même être catastrophique. Et toute régression n’est pas toujours un recul mais avant tout et surtout un retour vers les origines.
Donc tout conflit en politique et il n’y a pas de politique sans conflit, se ramène à cette opposition entre un regard nostalgique qui regarde vers le passé et un regard utopique qui regarde vers l’avenir. Paradis perdu ou légende dorée…
Là où ça se complique c’est lorsque viennent s’en mêler le haut et le bas.
La verticale et l’horizontale
On aura donc droit à une nouvelle subdivision :
Les aveniristes qui voient le paradis devant et en haut : la cité de Dieu et les aveniristes qui voient le paradis devant mais en bas: la cité idéale.
De l’autre côté, les passéistes qui voient le paradis derrière et en haut : le paradis perdu… et les passéistes qui voient le paradis derrière et en bas : l’âge d’or.
Ça nous donne une idée de l’enfer en politique puisque toutes ces propositions sont indémontrables, on ne peut ni les prouver, ni les réprouver objectivement… scientifiquement… universellement.
Mais et ce sera ma conclusion il y une cinquième saison : avec un paradis ni devant, ni derrière. Ni en haut… ni en bas… mais un paradis nulle part… donc de vérité nulle part : c’est la politique du pire qui ne croit plus au paradis et qui dit :
Que tout est dit, donc qu’il n’y a plus rien à dire. Sinon que les hommes sont maudits et pour l’éternité.
C’est ce que la France est venue vous dire au Mali.
Un petit conseil : ne l’écoutez pas!
Et comme le dit un proverbe africain : ” Ne te laisse pas lécher par qui peux t’avaler.”
Je partage ton analyde. Juste une remarque sur les soldats professionnels.Je serais curieux de savoir combien ont vraiment été volontaires pour s’engager. Je présume qu’hormis les hauts gradés, ils n’ont guère eu le choix entre ce job et la précarité… C’est pourquoi, je ne parlerais pas d’accident du travail.
Rien n’est simple, voir ci-dessous un texte publié par le M’PEP.
Avant de hurler, lisez bien la conclusion de l’auteur !
http://www.m-pep.org/spip.php?artic…
@yvan :
« ne te recentrerais-tu pas sur le domaine économique qui, là, est général »
Je crains que le “domaine économique” ne soit hélas qu’une petite partie de la crise actuelle (la guerre en étant un autre prolongement).. Difficile donc de se “recentrer” sur cette seule partie sauf à perdre de la compréhension la “Grande mutation” en cours.
@lyonnais :
Il suffit justement de lire “la conclusion” de l’auteur pour se persuader de la confusion de son analyse.
Je verse à la discussion les propos de Mélenchon sur l’intervention au Mali qu’il a tenus sur Public Sénat le 29/01/2013
[http://www.dailymotion.com/video/xx4vbo_j-l-melenchon-a-preuve-par-3-le-29-01-2013_news#from=embediframe]
A partir de la minute 27’:50” - Mélenchon, conscient de ses responsabilités d’homme politique engagé fortement impliqué dans le combat politique, n’est pas faux-fuyant :” Je souhaite la victoire maintenant que les armes sont engagées.(c’est moi qui souligne) Il n’y a pas d’ambiguïté” dit-il. Pour autant il n’est pas partisan de cette guerre et il l’explique.”On m’a demandé si j’étais pour ou contre, j’ai dit : c’est discutable. Je peux dire les raisons pour lesquelles c’est discutable.” Ce n’est pas pour autant chez lui un double langage contradictoire ménageant démagogiquement le pour et le contre. Car la question dans le cas du Mali est celle du prétexte à la guerre (je dis bien prétexte et non pas motivations - on sait qu’elles sont géostratégiques), dès lors que celui-ci est juste (stopper les exactions barbares avérées contrairement au cas libyen), mais celui des finalités de cette guerre. D’où le paradoxe politique : un prétexte juste pour des finalités contestables. Hollande, fin tacticien, a su piéger tout le monde en bloquant le débat parlementaire. Dans un tel contexte politique fallait-il s’abstenir ? (1) La réponse n’est pas évidente pour qui est sincèrement convaincu du drame humanitaire qui se déroule sous nos yeux. Le reproche qu’on pourrait cependant faire est celui de ne pas avoir anticiper la problématique guerrière dès lors que la situation au Mali et les manœuvres du gouvernement étaient connues depuis longtemps. Cela aurait effectivement permis d’être partie prenante du “problème” et donc de définir de manière très circonstanciée sa position ce qui malgré tout serait resté difficile à faire. (2)
(1) en dehors de toutes considérations pacifistes (philosophiquement)
(2) La position de Samir Amin pose le même cas de conscience :
[http://www.m-pep.org/spip.php?article3184]
@lyonnais : dans mon commentaire ci-dessous je fais mention aussi de l’analyse de Samir Amin (qui fait objet de polémique notamment en Algérie) ; je n’avais pas eu la curiosité de lire les “sous-commentaires” !
Les médias radiophoniques du jour , de grande diffusion , nous annoncent :
« le président va rendre visite aux troupes au Mali »
accessoirement , on dit qu ‘ il rencontrera le président de ce pays –
On ne dit pas : notre (?) président va voir nos amis Maliens ! ! !
Est-ce une orientation des médias ?
Est-ce ce que le président demande aux médias de dire ?
Est-ce le président qui est pauvre victime des médias ( pitoyable président ! )
Tout , tout , tout ceci n ‘ est-il pas horrible ??
Pendant ce temps , qui sont nos amis Maliens , que deviennent-ils ???
@Elon @lyonnais :
Je comprends parfaitement votre argumentation. Je suis moi aussi parfaitement « convaincu du(des) drame(s) humanitaire(s) qui se déroule(nt) sous nos yeux ».
Néanmoins, je reste persuadé que l’intervention unilatérale et précipitée de la France est un remède pire que le mal :
1/ cette intervention armée n’est aucunement motivée par des considérations humanitaires et chaque partie prenante le sait, à commencer par les combattants d’Ansar Dine qui ont répliqué par une attaque du gisement minier d’In Amenas ;
2/ elle exacerbera les graves rivalités ethniques entre les Maliens du sud et les nomades du Nord ;
3/ elle renforcera par réflexe de réaction la détermination du camp d’en face et l’alimentera en forces vives, comme ce fut le cas en Afghanistan et ailleurs.
La seule et unique solution à mon sens consistait en une interposition concertée des casques bleues de l’Onu.
Plus que confuse comme je l’ai dit un peu précipitamment dans ma réponse à Lyonnais, l’analyse stratégique de Samir Adin m’apparaît comme trop tirée par les cheveux pour avoir quelques chances de réussite.
Une autre argumentation intéressante, celle de Mety ag-Mohamed Rissa dans Rue89.
Mais je pense que nous sommes tous désormais bien d’accord : nous naviguons désormais en terrain dangereusement miné.
@lyonnais :
Désolé de ma réponse un peu lapidaire ci-dessus. Voir ci-dessous mon argumentation plus détaillée.
Figurez-vous que le Niger est un fleuve,je l’ignorais, c’est dire ma connaissance de l’Afrique.Si ça tombe ,le Congo est aussi un fleuve.
@Le Yéti : ce sens. Mais - je ne voudrais pas me répéter - cette solution n’était envisageable que tant que le fait d’entrer en guerre n’était pas accompli. Ce qui va faire ensuite de cette solution un regret. Mais, pour être politiquement responsable, on ne saurait se contenter de regrets et prendre la situation telle qu’elle se présente dans son évolution concrète. Il faut pousser votre raisonnement jusqu’au bout : condamner l’intervention française et appeler au retrait des troupes françaises pour mettre à la place les casques bleues (sachant que le prétexte à intervention était recevable). Encore faudrait-il être sûre que les USA-CEDEAO-ONU et la France n’étaient pas de connivence. Je crois qu’elles l’étaient.
Un chef d’état n’a pas à avoir une théorie sur la guerre. Il hérite d’une histoire et dans le cas de FH, il fait le moins mal possible.
Pouvait-il refuser l’appel au secours du Mali ? avec la chute probable des états voisins ?
Un détail : où sont cachées les prétendues richesses du Mali ?
Autre remarque: Ce conflit aura au moins permis de mettre en lumière que les installations gazières et sans doute pétrolières algériennes n’ont aucune protection militaire ? C’est tellement énorme que personne n’a rien dit!
Victoire …!!!quelle est l’étendue des “attentes” que recouvre ce simple mot ?
En quoi la France peut-elle être “victorieuse” dans ces conflits qui ne sont en principe pas les siens ? Peut-on considérer une victoire qui comporte des “erreurs” faisant des morts civils collatéraux ? et des intérêts financiers et mafieux sournois, et les mensonges de guerre habituels ?- Dès qu’il y a entrée en guerre il y a échec (de civilisation) - les “traités de paix” résultant d’une prétendue victoire seront aussi fourbes que tous les traités historiques - précédents. - une guerre en entraîne une suivante…. L’hystérie de la victoire n’est qu’aveuglement momentané qui ne sert qu’à créer une “vérité”historique mensongère.
Une guerre est un échec. Une guerre n’a que des perdants. Ce qui signifie que l’humanité court d’échec en échec, particulièrement depuis deux cents ans environ, où les conflits n’ont cessé de concerner un ensemble de populations de plus en plus vaste.
Ne pourrait-on pas dire que la Seconde Guerre Mondiale a commencé en 1936, et n’a jamais cessé depuis ? Il s’agit bien entendu d’une guerre que les financiers du Nord ont entreprise en vue d’une mainmise mondiale : le seul espoir est dans ce fait évident que, malgré leur grappin posé sur les va-t-en-guerre des pays dits riches, et de bien des pays “du Tiers-Monde”, ils n’y sont toujours pas parvenus.