05 février 2013
Bonne nouvelle, les banques européennes replongent
par Le Yéti - La chose publique
La grande guerre, menée désormais aux quatre coins de la planète pour la maîtrise des ressources naturelles et la conquête de positions géostratégiques considérées comme cruciales, ne saurait faire oublier que la crise de la “Grande perdition” continue aussi ses ravages. En première ligne à nouveau, comme en 2008, les banques.
Voyez un peu, braves gens (et innocents épargnants), ce petit état des lieux européens façon “destroy”.
1. Des pertes historiques pour le Crédit agricole
En France, celle qui déguste un max, après les déroutes de Dexia et du Crédit immobilier de France, c’est le Crédit agricole. La banque “verte” cumulait déjà une perte de 2,48 milliards d’euros sur les trois premiers trimestres 2012.
Or, sans attendre la publication de ses résultats définitifs, sa direction annonce déjà une dépréciation record de 2,64 milliards rien que pour le dernier trimestre. Autant dire qu’il y a du roussi dans l’air.
2. Deux banques européennes nationalisées en urgence
En Europe, pas mieux. Deux banques viennent d’être nationalisées en urgence pour échapper à la déroute.
- La première, BPN, est portugaise. Salement mouillée dans un scandale éclaboussant le pouvoir socialiste et à deux doigts d’une faillite frauduleuse qui coutera la bagatelle de 7 milliards d’euros aux contribuables lusitaniens.
- La seconde, SNS Reaal, est néerlandaise. Victime de la crise immobilière qui frappe le pays et dans l’incapacité de se refinancer. Coût de l’opération pour éviter un risque systémique jugé majeur : 10 milliards d’euros.
3. De quelques autres fleurons à la dérive
L’Allemagne et la Suisse, pays présentés comme des fleurons de la bonne santé économique ou financière, n’échappent pas au séisme.
- La banque suisse UBS se mange une perte chiffrée à 2,5 milliards de francs suisses (2 milliards d’euros), avec une dégradation accélérée au 4e trimestre 2012. En cause, les amendes résultant du scandale du Libor qui n’en finit pas de faire tomber des têtes.
- Les allemandes Commerzbank et Deutsche Bank prennent aussi un sacré bouillon. Avec des pertes évaluées respectivement à 720 millions d’euros pour la première, 2,6 milliards d’euros pour la seconde. Rien que pour le 4e trimestre 2012.
Le “scud” du président islandais
Bon allez, je ne vous assomme plus avec ces chiffres pourtant plus
réjouissants qu’il n’y paraît, sachant que la “Grande mutation”, appelée
à prendre le relais de la “Grande perdition”, passe inévitablement par
la chute de ces officines prédatrices.
Notre ministre Moscovici, « le partenaire des banquiers » (c’est lui qui le dit), gagnerait à méditer les phrases que prononça dernièrement à Davos, dans un silence médiatique assourdissant, le président islandais Olafur Ragnar Grimmson :
« Il faut penser davantage aux peuples qu’aux banques. Nous avons laissé les banques faire faillite et nous nous sommes occupés des citoyens, et ça a marché.
Pourquoi considère-t-on que les banques sont des saintes-chapelles de l’économie moderne, et pourquoi ne peuvent-elles pas faire faillite comme les compagnies aériennes ou les entreprises de télécommunication, si elles ont été gérées d’une façon irresponsable ? »

Commentaires
Merci le Yeti ! L
Mr Moscovici ne PEUT pas penser comme le président islandais:il n’a tout simplement pas été éduqué pour…Ses “collègues” non plus d’ailleurs.Et ainsi les soutiers eux,coulent.
Sans doute m. Moscovici est-il de gauche comme je suis archevêque… c’est bien le problème avec ces solfériniens qui ont plus connu l’ENA que le bleu de chauffe…
Le fait que le Crédit Agricole plonge n’est pas une bonne nouvelle. C’est une banque mutualiste, pur et dur élément de l’économie sociale, mais sans le moindre contrôle réel de ses activités.
« une banque mutualiste (…) sans le moindre contrôle réel de ses activités »
Celle-là, faudra me la recopier
@Le Yéti :
Farpaitement, d’ailleurs le P”S” est de gauche, les tigres végétariens et Laurent Joffrin journaliste !Bonsoir,
J’ai pour principe de ne jamais réagir aux commentaires des invités du Yéti.
Mais là, après l’intervention de notre hôte, je ne peux m’empêcher de saluer la performance de baillergeau.
Merci l‘ami. J’en pleure encore…
magouilles de banquiers -
( et pas de banques : nous savons qui ils sont ! )
magouilles qui sont hors de ma portée - subtilités que je n ’ ai pas , n ’ ayant sans doute pas l ’ esprit assez tortueux et vicieux -
Une nouvelle arrive hier : un tableau de Picasso va être mis aux enchères ces jours-çi chez Sotheby’s -
Le dernière fois qu ’ 1 tablo du picasso de cette période a été vendu , il l ’ a été à 100 millions d ’ Euros -
Voilà au moins ce qui me donne une échelle évaluable de ce que peuvent être les milliards avec lesquels on fait l ” économie ” :
il faut 10 de ces tableaux pour faire 1 milliard !
Et il y a un/e gusse pour s ’ offrir çà !
C ’ est dire le fric qu ’ ils/elles ont derrière !
Oui , ça ne couvre pas les Xmilliards de déficits des pauvres banquiers !!
Mais entre ces monstruosités et les infinités dépensées pour des conneries, on ne me fera pas croire qu ’ il n ’ y a pas assez de fris pour celui/celle qui fouille dans les poubelles pour trouver à manger !!
Ah ! Notre ami Robespierre , ami de la guillotine !!!!
Je pesiste à penser qu’il n’y a pas matière à rigoler avec les difficultés des boites comme le Crédit Agricole. Banques, Assurances et Coopératives sont les fleurons de l’économie sociale dévoyée. Sous pretexte d’un semblant de gestion démocratique, le pilotage de ces ensembles est confié à des technostructures laissées à leur bon vouloir, sans l’ombre des protections minimales utiles à leur bonne gestion d’où les catastrophes GMF, CAMIF, Groupama, Crédit Agricole etc…
@baillergeau :
Eh bien, moi, je persiste à penser qu’il faut abattre au plus vite ces montres prédateurs dont le “mutualisme” n’est qu’un paravent pour abuser et plumer les gogos.
Tes « fleurons de l’économie sociale » n’ont rien eu de plus pressé que d’ouvrir des filiales dans des paradis fiscaux. Et il est piquant de voir un ministre “socialiste” s’en déclarer le « partenaire » en toute connaissance de leurs malfaisances.
Je rappelle en passant que j’ai créé à cet effet un groupe Facebook pour réguler les banques nous-mêmes. Et que ceux qui ne l’on pas encore fait peuvent encore le rejoindre.
Ta demarche est généreuse mais illusoire. La liste des quelques banques “clean” contient au moins une anomalie.
Le Crédit Coopératif est membre du groupe BPCE. Dire que “ses décisions d’investissements demeurent autonomes” sera un jour ou l’autre contredit comme toutes les déclarations des banques depuis 2008. Je crois qu’il n’y a pas de solution applicable connue à ce jour.
Que Rocard & Larrouturou ne sortent pas des imprécations classiques est une signe.
Savoir la totalité de ce qui passe par les paradis fiscaux doit être possible, mais personne ne se risque à cette recherche, trop de surprises douloureuses ? trop de dangers insupportables ?
@Le Yéti : Le problème avec le CA, c’est de savoir de quoi on parle. Les caisses locales sont mutualistes, ce sont les sociétaires qui en valident les comptes (j’en suis un, comme la plupart des clients). Les caisse régionales sont mutualistes (leurs sociétaires sont les caisses locales). La fédération du crédit agricole est mutualiste (ce sont les caisses régionales qui la gèrent, en la personne de leurs administrateurs élus). En revanche la caisse nationale est un bidule complètement à part, plutôt hermétique, dont il fut un temps qu’elle était nationalisée, et ses employés assimilés fonctionnaires. Ce n’est plus le cas bien entendu. C’est elle qui manie les placements “à risque”, comme elle l’a toujours fait. Sauf qu’autrefois, si un gestionnaire ratait un placement, c’était la porte directement. C’est “beaucoup moins vrai”.
Peut-être certains en apprendront-ils un peu, ainsi. Je peux vous garantir qu’il y a encore 35 ans, les employés de cette institution étaient fiers d’y appartenir. Ils se sentaient responsables d’une certaine mission, de service qu’on peut dire désintéressé, malgré des incitations sous forme de primes aux résultats. Ensuite, cela a basculé dans le management pur et dur surtout quand fut créé le “véhicule financier” permettant l’introduction en bourse en 1988.
Qu’on ne s’y trompe pas : aujourd’hui absolument toute la structure est ainsi vérolée. Pourrie. Démantibulée. Au grand dam des employés de tous les établissements touchant de près ou de loin à la finance.
Un service (réel) a été transformé en pompe à fric complètement désincarnée, une vraie machine à faire du pèze. C’est aussi vrai pour tout le secteur assurances, y compris les assureurs qui statutairement sont encore mutualistes. Le serviteur est devenu le maître. Le maître est devenu esclave (vu, la différence de terme ?).
DERNIÈRE NOUVELLE DU FRONT
7 février 2013 : le Parlement irlandais liquide la Anglo Irish Bank
Petit oubli, Yéti :
http://www.lemonde.fr/europe/articl…
Et l’Irlande, de fait, vient de se dépêcher de relancer les négociations des aides suivantes.
Quand tu penses que leur imposition dérisoire sur les sociétés était sensée les relancer…
Grilled par Yéti… Excuses-moi, Camarade…
@yéti et yvan
Sans vouloir paraître un peu chafouin, une société de défaisance ca veut dire que la populace va clairement l’avoir dans le cul et bien profond. Moi ce que j’en pense, c’est pas une victoire hein…
Parce que le crédit riz au nez, de notre coté on l’a aussi eu la société de défaisance et tu le paye encore avec tes impôts.
La populace l,à toujours eu dans le cul, Hervé, mais avec la chute de l’immobilier qui se profile (déjà entamée en réalité, mais chut…:)ce n’est que le début. Les choses sérieuses vont bientôt commencer…
Yéti, vous dites que la guerre des ressources ne doit pas focaliser l’attention… Sauf que les difficultés actuelles des banques n’est RIEN comparé aux difficultés qu’engendreront les tensions sur le pétrole et les matières premières en général pour les décennies à venir ! Personne n’en parle dans les médias ni dans les partis “contestataires”, or c’est justement ça qui provoquera l’effrondrement du système, pas les bonus ou stock options…