07 décembre 2009
UN PETIT PARFUM D'ENTHOUSIASME DANS UN MONDE DÉSENCHANTÉ
Ce qui est réjouissant dans la réélection confortable d’Evo Morales à la présidence bolivienne (plus de 61 % des voix dès le 1er tour selon les premières estimations), n’est pas tant la victoire d’une politique ou la reconnaissance d’une personnalité attachante dans un monde maussade.
Mais le fait qu’au cours de cette démoralisante année 2009, il y ait eu AU MOINS un évènement politique qui se soit déroulé sur fond d’enthousiasme populaire, et non dans un esprit revanchard ou avec la résignation amère du choix par défaut.
On notera que l’exploit mérite d’être d’autant plus souligné qu’il ne s’agissait pas d’une élection, mais d’une RÉ-élection. C’est-à-dire une approbation satisfaite d’un pouvoir qui a eu amplement l’occasion de montrer ce qu’il valait, ou non, sur le terrain.
Fiel
On peut s’étonner alors de la méfiance que manifestent encore, à l’égard de l’heureux élu des Andes, des médias occidentaux assez pisse-vinaigre. Rares sont leurs articles sur Evo Morales où ne traînent pas insidieusement les qualificatifs infamants genre “populiste” ou “démagogique”.
Un tout récent communiqué de notre AFP nationale (06.12.09, 13h21) est un chef d’œuvre en la matière. Extraits :
« Les Boliviens devraient réélire dimanche pour un second mandat le président socialiste Evo Morales et lui permettre de poursuivre sa politique de réformes en faveur des indiens (notez bien ce piquant “en faveur des indiens” seulement, ndlr)… possible hégémonie… dérives anti-démocratiques… rhétorique anti-libérale… progression du trafic de drogue… taxé de “populiste” par ses détracteurs… »
Perdue au milieu de ce fatras, seule une petite phrase évoque la « légitimité » du nouveau président à travers le soutien que lui apporte la « majorité pauvre et indienne ». C’est peu ! On peut comprendre (à défaut de les partager) les aigreurs de nos chroniqueurs en cour devant les provocations tonitruantes d’un Chavez. Mais que diable reprocher au gentil Evo Morales ?
Lorsqu’en 2007/2008, quelques riches régions de l’est du pays lancèrent leur fronde indépendantiste, fit-il donner son armée, ses CRS casqués, ses flashballs ou ses bombes lacrymogènes ?
Non, il mit le plus démocratiquement du monde son mandat en jeu dans un referendum qu’il remporta avec plus de 67 % des voix.
Une mise en œuvre réussie du principe d‘“exception sociale”
Un autre enseignement est à tirer du genre de politique que les Boliviens ont très majoritairement reconduite.
Celle-ci va à l’encontre de l’affirmation convenue comme quoi plus aucune politique nationale ne pourrait s’affranchir des contraintes du marché tout-puissant et sans entraves (surtout sociales), imposées par la mondialisation néolibérale planétaire triomphante.
Non seulement, Evo Morales montre qu’une telle politique est envisageable, mais qu’en plus, elle marche. En douceur et avec le sourire.
Une victoire de ce qu’on peut qualifier de principe d‘“exception sociale”, sans sombrer sous l’accusation incendiaire de protectionnisme forcené.
Les électeurs de nos contrées européennes, sous leur toute nouvelle férule néolibérale lisbonienne, et en plein marasme économique et social, seraient bien aise de s’en souvenir.

Commentaires
Bonjour le yéti
oui, une bonne nouvelle, dont on parle bien peu dans la presse…bizarre bizarre
Il leur fait peur peut-être …
“Celle-ci va à l’encontre de l’affirmation convenue comme quoi plus aucune politique nationale ne pourrait s’affranchir des contraintes du marché tout-puissant et sans entraves (surtout sociales), imposées par la mondialisation néolibérale planétaire triomphante.”
C’est pas une raison suffisante pour que nos “journalistes” flagorneurs du marché tout puissant prennent Evo Morales avec des pincettes? Pour se contenter de semer le doute ils doivent vraiment avoir rien d’autre à se mettre sous la dent.
Et oui les “journaliste” bon chien chien du Libéralisme. Ils parlent de gentils étudiants qui manifestent contre le méchant Ahmadinejad , par contre en Grèce se sont de méchants étudiants anarcho-gauchiste…… Mais c’est surement plus simple que d’essayer de faire la part des choses.
Enfin pour EVO ce soir on fait la fête !!!
ouais, ça donnerait presque envide de voter a nouveau…
Et bien, je comprend mieux nos élites, vraiment le peuple vote n’importe comment. Voila qu’il commence à penser à ses intérêts.
Bonsoir !
J’aurais préféré une chanson d’amour
Sans un mot déplacé, tout en détours
Baignée d’insouciance et sourire en fleur,
Mais j’ai comme un haut-le-coeur…
J’aime un pays qui a le PAF tout ramolli
Dans ce pays, il y avait des chanteurs pour l’Arménie
Mais il y surtout un paquet de béni oui-oui
Et quand ça chie, on n’est pas beaucoup dans l’maquis
J’aime un pays pour la liberté d’expression
A condition que ça puisse rapporter des ronds
Tout est permis, de Ségolène à Nic. Sarkozy
Aussi tant pis pour ceux qui croient à tout ce qu’ils disent
J’aurais préféré une chanson d’amour
Sans un mot déplacé tout en détours
Baignée d’insouciance et sourire en fleur,
Mais j’ai comme un haut-le-coeur…
J’aime un pays où tout le monde a la parole
Surtout les jeunes qui aiment le rock n’ roll
Celui qui brille, celui qui mousse et fait des bulles
Belle jeunesse qui rit quand on l’enc..e
J’aime ce pays, j’y peux rien c’est dans ma nature
Je dis tout ça pour faire le malin, ça c’est sûr
Tant pis pour moi si après ça on est en brouille
Mais mon amour, tu sauras qu’au moins j’ai les boules
J’aime ce pays, j’y peux rien c’est dans ma nature…
Kent. 1990.
Cette chanson m’est revenue en tête grâce à votre enthousiaste billet, Mr. Yéti.
Me suis-je simplement permis de remplacer Pasqua par Ségolène et Tapie par Sarkozy.
L’auteur ne devrait pas m’en vouloir…
PS: L’infiltrée de l’Opus Déï, le capo. Mignon, retourne au Conseil d’Etat. Ce n’est pas se que j’appelle un cadeau de fin d’année.
Au lieu de lire des journaux qui quoi qu’ils fassent démoliront ou au minimum passerons sous silence le positif qui se déroule dans les pays du Mercosur lisez les bons et en particulier celui ci
http://www.humanite.fr/2009-12-08_I…
http://www.humanite.fr/2009-12-05_I…
http://www.humanite.fr/Bolivie-cart…
Il n’empêche qu’il faut rester vigilant,ce qui vient de se passer au Honduras prouve au moins que l’impérialisme US n’a pas baissé les bras et qu’il ne faut pas compter sur l’UE pour faire quoi que ce soit pour la démocratie.
Bon je sais c’est de la pub,mais si on peu pas en faire chez les amis!
http://www.humanite.fr/article27567… et l’interwiew de Réyès ne peut que faire naitre des inquiétudes
http://www.humanite.fr/2009-12-07_I…
@JCG
Tu peux
Salut amical à toi, Yéti !
C’est vrai que çà fait du bien de poser un peu les valises et de se dire qu’il y a comme çà des rayons de soleil qui parviennent à percer les nuées…
Alors, pour Evo (qui avait été présenté lors de son élection comme un paysan planteur de coca par un certain nombre de médias de chez nous qui ne savent même pas où se trouve la Bolivie et qui n’en ont rien à faire), çà vaut le coup de lever un blida plein à ras bord de nectar champenois aux fines bulles d’or pâle !
Je ne veux pas troubler cet instant béni, mais je suis nettement moins optimiste quant au Chili, aujourd’hui, pour lequel l’interlude Bachelet n’aura été qu’une virgule avant sa transmission des clefs de la Moneda aux familles proches ou éloignées des putchistes du 11 septembre 1973… Encore un “socialisme” (d’ailleurs au Chili on parle de socialisme allendiste et de l’autre) qui aboutit à l’échec !
Mais, de cahot en cahot, de KO en KO, l’Amérique latine trace son chemin et la petite lumière vacillante grandit pour repousser l’ombre de cette préhistoire… même si on n’en a pas fini encore avec le “nixonicide” (Neruda).
Bon dimanche et salutatou-te-s !
NOSE