Mauvaise graisse

Le plus drôle, là-dedans, c’est qu’on ne ne sait plus trop qui va pouvoir sortir vainqueur de ce pugilat. Du petit soûlé de coups ou du gros tétanisé par ses excès de mauvaise graisse. Aucun des deux probablement.

Le pognon que la Grèce n’a plus, c’est le sien, au mastodonte, enfin c’est ce qu’il croit ! Les bookmakers privés commencent eux à sacrément tirer la tronche. Déjà 70% de leur mise de départ brûlée en impitoyable décote.

Du coup, les combattants, l’arbitre et les indécrottables supporters feraient presque pitié. Les rounds s’ajoutent mécaniques les uns aux autres. La savate en vache rejoint l’uppercut. Autour du ring, certains soigneurs (socialistes comme d’extrême droite) jettent l’éponge d’un air dégoûté. L’affaire tourne à la confusion et au chaos.

(Vous avez compris, j’espère, que le “petit” n’est pas le peuple grec ; le jour où celui-ci monte vraiment sur le ring, je ne voudrais pas être à la place du Papademos !)

Match nul par ko des deux combattants

Les ultimes parieurs s’arrachent les cheveux devant deux caverneuses possibilités :

  • la Grèce ne verra jamais un centime des 130 milliards : dans ce cas, les banques pourront toujours s’asseoir sur les 15 milliards d’échéances à valoir au 20 mars, plus toutes celles à venir ;
  • l’UE et le FMI lâchent en désespoir de cause l’aide de 130 milliards : dans ce cas, ils perdent 130 milliards de plus !

Le sort du petit ? Bof, celui-là, du moment qu’il paie ! En même temps, le problème, c’est qu’il paie pas, ce fauché ! Cogne, cogne !

Allez, finissons-en avec cette lamentable pantalonnade. L’issue du match se dessine, inexorable : un match complètement nul par ko technique des deux adversaires.

(La tension monte. La salle est à deux doigts d’une baston générale. Dans les coulisses, s’affairent, fébriles, les deux protagonistes du combat suivant :  l’Allem… euh, l’UE versus le Portugal.)