Libye : un nouveau front des "forces du bien" ?

Après l’Irak, l’Afghanistan, les forces de l’Otan viennent d’ouvrir un nouveau front en Libye. Kadhafi, nouveau Saddam Hussein. Imprévisible, étonnant ? Non, du moins pas pour tous…

« Libye : la guerre inévitable de l’Otan » (Fidel Castro, le Grand Soir, 3 mars 2011)

Je ne partage pas, et de loin, tous les arguments avancés par Castro dans cet article prémonitoire. Surtout dans son panégyrique un peu lourdingue, “à la Chavez”, du régime kadhafien.

Mais des questions insidieuses, des doutes sournois envahissent mon esprit en entendant les accents guerriers fleurir sur les ondes du microcosme depuis le vote de la résolution de l’ONU autorisant une intervention armée étrangère en Libye :

  • Qui a armé Khadafi ?

  • Aide “humanitaire” de l’Otan aux insurgés de Benghazi ? ou protection déguisé des gisements pétroliers ?

  • Pourquoi la Libye de Kadhafi et pas le Bahrein où les forces d’un autre roi du pétrole, aidé de renforts saoudiens — officiellement islamistes qui plus est ! — répriment sauvagement, là aussi, un peuple insurgé ?

  • Qu’aurions-nous dit sans intervention ?

Oui, beaucoup de questions. Les réponses ?

« Logique de guerre », titre Nicolas Demorand dans son éditorial de Libération, ce vendredi 18.

Logique de guerre, seule certitude. Mais aussi engrenage terrible où les “forces du bien” se trouvent contraintes d’affronter les monstres qu’elles ont elles-mêmes engendrés ou armés : Kadhafi, Saddam Hussein, Laurent Gbagbo, les talibans d’Afghanistan, Ben Laden…