15 septembre 2009
LES QUESTIONS D'ANDRÉ
André S. m’énerve. Enfin, surtout ses questions. André, c’est mon hébergeur. Je veux dire, celui qui tient mon cher petit blog au chaud sur son serveur. Figurez-vous qu’André voudrait savoir pourquoi vous, lecteurs, lui piquez autant de bande passante en passant par chez moi.
Oui, d’accord, “bande passante”, pour la plupart d’entre vous, ça ne sonne pas très clair. Mais c’est juste parce que je suis un peu gêné aux entournures pour répondre aux questions de ce satané André. Je tourne autour du pot. Lui, André, n’y va pas par quatre chemins : “Pourquoi y a autant de monde qui vient sur ton site ?”
Euh.. ben… humph…
…
Il y a une chose qui m’a toujours intrigué chez les quelques personnes qui m’ont le plus marqué tout au long de mon petit voyage à domicile. Quand elles prononçaient un quelconque jugement, jamais elles ne se trompaient… SAUF quand elles se hasardaient à parler d’elles-mêmes ! Alors là, la cata, la Bérésina, le contre-sens assuré !
Vous pensez bien que je ne vais pas me risquer à tomber dans les mêmes égarements que mes chers modèles, en répondant directement aux diaboliques questions personnelles de ce bougre d’André.
Je vais prendre une tangente. Je vais juste essayer de vous dire comment et pourquoi je vous écris mes petits billets. Le contact, physique, que j’essaie d’établir avec le lecteur. En vous écrivant, en vous parlant. Par les mots.
« Le langage est une peau. Je frotte mon langage contre l’autre. C’est comme si j’avais des doigts au bout de mes mots, des mots au bout de mes doigts. Mon langage tremble de désir » (Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux).
Il n’y a pas une seule de mes chroniques qui ne soient écrites avec la pensée aigüe qu’elle s’adresse à quelqu’un, un interlocuteur, un SEMBLABLE. Même ceux que j’engueule, même ceux que je déteste, que j’abomine, doivent obstinément rester mes semblables lorsque je m’adresse à eux.
Qu’est-ce qui peut bien plaire aux gens dans cette tentative de rapports particuliers ? Peut-être qu’ils s’y retrouvent un peu. Peut-être que ce que j’écris ou dit n’est qu’une sorte de miroir de ce qu’ils sont. Peut-être parce que nous avons tous un besoin irrépressible de ce genre de relations en cette période de déconfiture générale. Quand je parle aux autres, j’essaie toujours de leur dire ce qu’ils pourraient penser eux-mêmes. Pour qu’ils s’y retrouvent.
Mais attention, pas comme un homme politique ânonnant son plan com’ en caressant ses fidèles dans le sens du poil et des instincts primaux. Non, en essayant d’atteindre au plus profond de chacun, de nos désirs communs enfouis, de nos furieuses envies de jubilation et d’effervescence. Toujours d’égal à égal (voilà pourquoi je propose souvent un “p’tit verre pour l’apéro” à la fin de mes billets).
Remarquez, c’est aussi ce que je recherche sur les blogs amis. Plus qu’une intelligence, une chaleur, une convivialité.
Bon, où je m’embarque, moi ! Quand j’ai fini le premier jet d’un de mes petits échos, je le relis et le débarrasse du maximum de “je”, de “moi”, de “m’”… Celui-là en est dégoulinant. Mais si j’en enlève un seul, il ne reste plus rien !
Fichu André !

Commentaires
ah ben j’aime quand tu nous caresses de tes mots… si tu pouvais me gratter le dos.. oui là … mmmm, ah oui, brrrr c’est bon ça !

tu vois André où passe ta bande ?
Ben c’est comme c’était au tout début de la bande FM (la vraie quoi !). En gros quand je te lis j’ai l’impression de t’entendre à la radio. Au fait Yéti, tu écris comme tu parles ?
Amitié
Luigi
@ Luigi
“tu écris comme tu parles ?”
Ben, euh, oui, je crois bien. Sauf que les paroles, on peut pas les re-ciseler une fois sorties de votre bouche.
Tu pourras dire a ton gars André sue c’est :
Parce que c’est nécessaire !
Parce que, cher Yeti ton Blog il est plus que nécessaire. C’est plus ca moi que j’dis !
En mec du Sud, je vais paraphraser Pagnol, ce qu’il y a de bien dans ton blog, Yéti, c’est que tu cultive de “l’authentique”, merci pour nous, on y trouve de la vie avec un sens profond et humain.
André, on l’aime le Yéti parce qu’il nous fait briller en nous frottant avec ses mots qui décapent , qui nous débarbouillent la figure….
Le Yeti n’as pas voulu comprendre la question que je n’ai pas réussi à lui poser, bizarre? Alors je vais essayer de préciser…:
Etre conscient de la richesse qu’on a.
Tu as fais un blog comme le tien, qui « marche « c’est-à-dire qui joue un rôle de lien social, qui favorise une intelligence collective, etc.
C’est une configuration d’écoute et d’échange qu’envieraient beaucoup de mouvements militants d’ailleurs.
Tu sais donc faire ça, et c’est une espèce de capital culturel que tu détiens là. Ce capital d’autres ne l’ont pas, et essayent désespérément de l’avoir…
Savoir s’exprimer, et se faire entendre, et en plus, recevoir des réponses à ce que l’on dit, c’est une richesse tellement rare.
Comme tout capital, comme toutes richesses elles méritent d’être partagées. Et si tu te revendiques, tel que tu le fais ,de certaines valeurs, alors tu dois être cohérent et réfléchir sur le « comment partager cette richesse là, ce savoir faire… ».
En fait, c’est aussi se demander comment partager cette parcelle de pouvoir avec d’autres…
Je n’ai pas de réponses évidentes, mais de nos jours c’est la question de ce partage là, qui me semble essentielle.
A moins que tu ne souhaites qu’une chose, devenir le plus grand, le plus beau le plus fort de tout les blogueurs, et en fait être « le seul »
Ce que je ne trouve pas dans les z’intellos de tout poils, c’est de partager avec ceux et celles qui le sont moins, le comment ces intellos sont devenus ce qu’ils ou elles sont. Comment grimper à cette échelle de la reconnaissance, entre-autre…
Bien sûr la réponse à la con c’est de dire, « si je suis ce que je suis c’est que j’ai beaucoup travaillé, alors vous n’avez qu’à faire comme moi. »
Faudrait aller au-delà de ça…
Allez, j’attends…
Et si ça ne vient pas , pour la peine, je te coupe ton blog ! (Au moins j’ai ce pouvoir là, je me console comme je peux ;=}}
André,
ton hébergeur, qui s’en fout pas mal que tu bouffes des ressources… ;=}}
Le André n’aurait-il pas complètement compris les réponses que j’ai faite à ses questions ? Ou me serais-je mal exprimé ?
Non. En vérité, je me fous un peu d’être ni d’
Pour deux raisons :
1/ je n’ai pas l’intention de devenir le sujet de mes préoccupations ;
2/ je n’ai pas avec les autres des rapports “militants” ou “missionnaires” ; rien d’autre que des rapports d’amitiés (et plus si affinités) totalement gratuits (peut-être pour ça qu’ils viennent).
Il faut absolument déconnecter les rapports humains de l’argent, sinon ils n’ont à mes yeux plus aucun intérêt, c’est pour moi une quête permanente que j’essaie aussi de transmettre à mes enfants.
Ton blog, Yéti, s’inscrit parfaitement dans cette vision, et j’apprécie cet esprit de liberté.
Au plaisir de te lire encore et encore…
Bonjour,
J’adhère, de ma banquise, depuis peu à votre blog.
Ca me relaxe…
J’adhère également à une asso. dite de philantropes, philosophes et de progressistes depuis 20 ans.
Il y a bien longtemps, je posais ma première question à un orateur aguéri à l’exercice.
Sans réponse, il me retourna la question. Ne sachant y répondre moi-même, sinon pourquoi l’ouvrir…?, le vieux briscard me rétorqua avec aplomb un sourire carnassier, devant l’assistance, que l’Art du questionnement était d’avoir, toujours, la réponse à la question posée…
J’en déduisis qu’il s’évertua à ne vouloir passer pour un c..
Et pourtant, jamais plus je ne pus le voir autrement. Allez comprendre…
Bien à Vous.
Cher Yéti
Je te lis depuis bien des années, avant ton blog aussi, et comprends le problème d’André. Mais tu le mérites et j’ai souvent, en te lisant, envie de prendre l’apéro avec toi!
Salutations et merci, Marc
En fait il est la le pb. Le privilège du riche est de pouvoir se foutre de sa richesse. Ce que ne peut pas le pauvre. Le pauvre n’a pas ce choix là.
En refusant de voir cette richesse que tu détiens, et donc en évitant de la partager, tu te places du côté des dominants…
Désolé ;=}}
André
???
No more comment
Je ne comprends pas du tout cette controverse. Comment mieux partager sa “richesse” qu’en la mettant à la disposition des autres? Ce que tu fais, Yéti, de façon régulière. Quelle autre forme de partage te propose, voire tente de t’imposer André (c’est du lard ou du cochon, cette menace de “couper ton blog” (André, 7)?
Le privilège du riche est de pouvoir se foutre de sa richesse…
Mais qui est le riche, l’hébergeur André qui a de la bande passante à ne pas savoir qu’en faire, où le Yéti qui ne fait qu’écrire sur son ardoise?
Pierre
En fait, je ne suis pas clair.
Ma question n’est pas sur le savoir en soit, que le Yeti, partage ses connaissances, sa philosophie etc, là n’est pas la question.
J’essaye de poser la question du « savoir exprimer » qui aujourd’hui est une question au cœur de nos vies.
Beaucoup d’entre nous ne savent pas aligner deux phrases cohérentes, etc etc…
Le Yeti fait la démonstration au quotidien, qu’il a ce « savoir faire » là. Ce savoir qui est si mal partagé dans notre monde.
Et j’essaye de l’interroger sur le partage de ce savoir là.
Quand à ce que je partage avec d’autres c’est une autre histoire, et je ne suis pas un modèle en la matière…
André
Vers chez moi, la bande c’est en fait le défilé du carnaval et quand elle passe tout le monde est ravi, qu’on en fasse partie ou qu’on la regarde passer …
@ André
Sur le point du savoir-faire, deux choses :
1/ D’abord point ne sert de donner (à l’autre) si l’on ne sait pas QUOI lui donner. Et les autres sont si multiples ! Eh bien, en bon partisan du moindre effort inutile, je crois avoir résolu le problème : je me suis dit que ce qui me faisait infiniment plaisir à moi, avait quelques chances de faire un petit peu plaisir aux “autres” aussi. Alors je leur fais ce que j’aimerais qu’on me fasse.
2/ Une fois que tu sais à peu près quoi donner, reste à découvrir LE MOYEN de le refiler. Alors là, pas de leçon possible. C’est chacun selon ses compétences : moi, c’est les mots, d’autres les images, d’autres enfin en refilant de la bande passante, en partageant un petit apéro…
Par contre, une toute petite règle, mais d’importance capitale : si un seul de tes mots est “payant”, c’est-à-dire s’il porte en lui une exigence sous-tendue de réponse, un “retour sur investissement”, C’EST MORT !
(NB : je ne parle pas ici d’argent ; l’argent n’a rien à voir à l’affaire ; ou alors tout à fait indirectement, “à distance”, parce que c’est le seul moyen de croûter. Tu peux te faire rémunérer pour un texte, des photos ou des illustrations, de la bande passante. Mais les mots mêmes du texte, le contenu des photos ou des illustrations, l’utilisation faite de la bande passante, doivent rester impérativement GRATUITS. Suis-je clair ?)
Sûr que tu es sincère en écrivant cela ! A la lecture de tes billets, je n’ai aucune difficulté à nous imaginer attablés ensemble à bavarder et siroter un apéro.
Salut à vous !
Le Yeti, merci encore pour tes réflexions !
Alors que le blogger ecrit pour partager, l’hebergeur vends pour s’enrichir.
Le problème c’est que le blogger et seulement lui maîtrise l’aflux de visiteur.
Si publlicité il y a, tout le mérite en revient à lui même. Certain herbergeurs en ajoute eux-même, mais j’approuve le choix d’hebergeur exempt de publicités.
Je pense qu’André aimerai que le Yeti ajoute des pub, et qu’il en percoive une partie.
Mais nombreux sont les visiteurs qui ne suivrons pas.
Bravo encore au Yeti !
@ Shaiton
Euh, connaissant André (et le prix que je lui ai payé mon hébergement !), il est tout ce que tu veux, chiant, teigne, chercheur de poux dans la tête (et même à l’occasion-qui-fait-le-larron, archi sympa)… Mais certainement pas âpre au gain, ça non ! Attention aux clichés.
Moi, je viens (irrégulièrement) sur ton site car il a un goût de liberté, on y parle d’humain à humain, sans clichés ni pensées trop stéréotypées. Ça me rappelle feu Grosse Fatigue, en plus rieur.