08 décembre 2008
LE CHASSEUR "PRIMAIRE"
Il y a une chose qui me turlupine depuis quelques temps. Ces histoires de banques qui prétendent n’avoir plus un sou vaillant à prêter et qui tarissent le circuit du crédit indispensable à la survie du système. Mais alors si les banques n’ont plus d’argent, si elles n’arrivent pas à s’en procurer par “manque de confiance” entre elles, et si TOUTES prétendent la même chose, OÙ IL EST, CE PUTAIN DE FRIC ? Eh bien, figurez-vous que j’ai trouvé. En allant acheter des poireaux au marché. Vous avez déjà entendu parler des chasseurs “primaires” ?
Entre poireaux et carottes, au marché, je croise un copain qu’avait un copain qu’était…
Un chasseur “primaire”[1], c’est un type engagé par les banques pour leur rapatrier le fric qui leur manque. Pas dans les dépôts des clients réguliers qui ont fondu comme neige. Évidemment pas non plus dans les comptes des gagne-petit qui pètent le découvert de toutes parts…
Non, les chasseurs “primaires” sont chargés de le traquer là où il est, le pognon. Dans les paradis fiscaux, dans les pays émergents gavés de fonds souverains… Une des réserves de chasse du copain de mon copain, c’est la Russie des oligarques.
— Quoi ? comment ? C’est le fric de la mafia russe qui financerait la petite gentilhommière en ville que je désirais si follement m’offrir ?
Ben ça serait intéressant de vérifier, ami lecteur. Nos chasseurs “primaires” pistent comme des malades forcément partout où ça renifle le flouze. Dans les pays à fonds souverains où on fait trimer les mômes, dans les paradis fiscaux pas toujours clairounets en matière de blanchiment d’argent, c’est le moins que l’on puisse dire. Le travail du chasseur “primaire” est de s’attaquer aux marchés dits “primaires”. Pour officiellement leur vendre des obligations.
Notre vie à crédit, le sauvetage désespéré de notre machine économique et financière en sont à ce point limite : ils dépendent de pécules qui ne sentent pas forcément la rose !
Or là se pose un énorme problème : les riches planqués ne veulent même plus leur refiler les patates, échaudés qu’ils ont été par leurs pertes de la crise financière, refroidis par l’état agonique du tacot économique, douchés par ces États hagards au bord de la cessation de paiement. Les voici couchés sur leurs magots comme des grabataires attendant le déluge.
D’un côté, la machine économique est en panne parce que ces louches nantis ont piqué tout le carburant. De l’autre, vu l’état lamentable de la chignole, ces mêmes personnages savent qu’ils ont toutes les chances de ne pas récupérer le peu de liquide qu’ils remettraient dans nos réservoirs percés. Alors ils laissent la machine déglinguée crever à petit feu, sans même plus voir que leur existence à eux aussi en dépend.
En attendant, ils ne reste à nos gouvernants affolés, et sacrément coincés, qu’à s’inventer des milliards de milliards, aussi consistants que les vents coulis. Car les chasseurs “primaires” reviennent de plus en plus fréquemment bredouilles de leurs chasses.
J’incite vivement les journalistes vrais de vrais à se pencher sur leurs étonnants safaris. Les mécanismes financiers et économiques sont d’une effarante simplicité. Suffit juste de VOULOIR les connaître.
Notes
[1] Je ne sais pas si c’est vraiment comme ça qu’on les appelle, mais c’est ainsi que mon copain nommait son copain. Plus exactement, “chercheur primaire”.

Commentaires
Tu veux dire que TOUTE notre économie pourrait être, au bout du bout du compte, dépendante des malfrats de toutes origines? Et ça expliquerait pourquoi “nos” hommes (et femmes) politiques ressemblent de plus en plus à des larbins de mafias? Je trouve “chasseur primaire” très joli, mais “chercheur primaire” n’est pas mal non plus!
Petit ps: “pourvu qu’on est l’ivresse des pépettes…”: c’est “ait” et non “est”, l’oreille nous joue de ces tours…
Heu, c’est ce que notre gouvernement bien aimé et L. Parisot appellent “moraliser” la finance ?
P.S. je me permets de rajouter une couche au commentaire de jardin : notre vie à crédit “dépend”
merci Yeti de te prendre la tête à notre place et de nous livrer tout chaud le résultat de tes raisonnements. Quand je te lis ousvent je me dis, “Damned, mais tout était donc là !” (oui, quand je suis seule dans ma tête je jure en américain)
Voilà pourquoi il faut détruire Carthage !
Voilà pourquoi il serait intéressant de créer un double marché des changes et d’échange pour l’Euro au moins: ‘convertible’ pour les transactions commerciales et ‘financier’ pour les mouvements de capitaux, deux cours différents, des taux d’intérêts distincts pour les non-résidents européens dans leurs transactions en Euro. Idem pour les devises détenues par des européens.
Ou bien alors, le commerce et l’économie ont besoin de cette masse de capitaux flottants et purement financiers, spéculatifs, pour fonctionner et là, je vous rejoins dans votre analyse: c’est non seulement très con mais dramatique.
Comment voulez-vous établir un prix de revient, un investissement cohérents quand la spéculation règne en maître absolu ?
Non seulement, il y a eu des pertes considérables, sur les marchés boursiers, mais une petite info sympathique vient résonner à nos oreilles. En effet le député UMP Philippe Marini, a déposé un amendement au projet de budget 2009, à savoir que les pertes enrégistrées en Bourse, en 2008, par les particuliers, pourront être déduites, dans la limite de 10.700 €, de leur revenu imposable.
Cet amendement élaboré en “concertation” avec Bercy, sera soumis au vote aujourd’hui…!! Il semblerait que cette mesure ait été élaborée pour ne pas pénaliser les “petits porteurs”, comme les retraités par exemple, …c’est touchant, non!?
Ah oui, Yeti, je ne voudrais pas t’accabler, en plus de jardin et de nonette, mais dans le chapeau de ton billet, il y a aussi une petite erreur :tu as écrit: “si les banques n’ont plus d’agent”, et je suppose que tu voulais écrire “argent”!…
Merci à tous mes correcteurs. “le Yéti”, décidément bien fatigué, a essayé de tout corriger.
Pas bien encourageant tout ça!
Je viens de lire ça, qui est très pertinent:
http://socio13.wordpress.com/2008/1…
bonne journée à toustes
Un petit moyen d’éviter les impots ?
http://contreinfo.info/article.php3…
Note du Y : Brutus, je supprime ton commentaire déplacé sur et qui manifestement t’agacent. C’est ton droit, mais ce n’est pas le sujet de ce billet. Si tu as quelque chose à dire sur le sujet du billet, tu es bienvenu, même avec des fautes d’orthographe…
Supprimes, c’est tout à fait ton droit…Mais fais attention, ça devient vite une habitude!!!
il est ou mon pognon?!
Ton pognon il est nulle part!
C’est génial ce système capitaliste,les charlatans y font florès!
Les banques sont en faillite,l’état leur prêtent de l’argent qu’il a lui même emprunté aux banques.
Plus et mieux tout ça étant totalement virtuel il arrive à nous faire croire que ça existe et pour finir il va chercher l’argent virtuel des gansters,russes ou autres.
Depuis le traité de Maastrich et son article 104 les états n’ont pas le droit de produire de la monnaie.Ils ne peuvent donc qu’emprunter de l’argent aux banques et ensuite leur prêter à un taux plus élevé,enfin le taux plus élevé c’est théorique parce que les états actuels sont dirigés….par des banquiers!
Et quand ils le font ces taux plus élevés sont de la création de monnaie,comme quoi les grands principes de la BCE,quand il y a le feu dans les comptes des plus riches,ils s’assoient dessus.
Et comme il faut qu’il y ait un couillon,ils vont nous réclamer l’argent des richesses que nous avons créer avec nos mimines calleuses!
Elle est pas belle la vie pour un capitaliste lambda!