20 mai 2009
LES DÉRIVES D'UNE ÉPOQUE MALADE ET UN MOYEN D'Y ÉCHAPPER
Des policiers agressés avec une arme de guerre dans les “quartiers”, un gamin qui poignarde son enseignante pour une punition, un ministre qui envisage de mettre des portiques de détection d’armes à la porte des établissements scolaires, des centaines et des centaines de milliers de personnes, jeunes chômeurs, retraités, tenus à distance d’une vie simplement convenable.
Plus loin, des avions qui bombardent sans discernement des populations civiles au nom de la civilisation…
N’en jetez plus, ils sont devenus fous !
Par delà la crise économique et financière d’un système, c’est vers un chaos social et mental collectif que nous nous dirigeons. Toute la question est de savoir comment nous en sommes arrivés là, et surtout comment nous pouvons essayer d’envisager d’en sortir, sans nuire aux derniers lambeaux de ce qui nous reste de dignité.
Les limites de la raison humaine
On ne peut comprendre le drame qui frappe aujourd’hui notre monde si l’on ne se penche pas un tant soit peu sur les arcanes (pas si compliquées que ça) de la mécanique humaine, individuelle comme collective.
Le professeur Henri Laborit, chirurgien, biologiste et philosophe du comportement humain et animal, disait que l’homme, cet animal social, sacrifie presque toujours à une pulsion de dominance sur ses congénères.
Et que son cerveau, ce cortex cérébral considérable dont il est si fier, lui sert surtout, non pas à contrôler ses pulsions comportementales les plus excessives, mais à les justifier par quelques artifices langagiers scellés dans la culture et l’histoire commune. C’est l’inévitable combat du “bien” (nous), contre le “mal” (à peu près tous les autres, c’est-à-dire tous ceux qui se mettent en travers de notre route).
La conscience humaine, ivre d’absolu et de conquêtes infinies, se heurte régulièrement aux limites imposées par le milieu naturel dans lequel elle évolue. Et à ce seuil d’incompétence si bien décrit en son principe par Laurence J. Peter.
On le mesure douloureusement à travers les désastres écologiques que nous avons causés et qui se retournent contre nous. On le ressent à ce coup de frein brutal porté à cette idée de “croissance” qui nous semblait promise ad vitam aeternam. On le voit à l’emballement suicidaire du système que l’Empire mit en œuvre pour aboutir à ses fins, au prétexte assez fallacieux d’un “progrès” dont on perçoit vraiment très mal la justification.
La débandade des “esprits éclairés”
Devant cette hostilité de l’environnement à ses ambitions démesurées, devant l’opposition grandissante des “autres” face à ses visées hégémoniques (au nom de la liberté), devant l’implosion assez lamentable du moteur de sa vrombissante machine économique et financière, bref devant l’affront fait à sa conscience imbue d’elle-même, l’animal humain a une drôle de réaction : il pète les plombs !
Frappée d’hébétude devant cette adversité parfaitement inenvisagée et inenvisageable, sa raison, incapable d’admettre le naufrage, se met à hoqueter tel un automate détraqué. Les justifications sophistiquées que son fier cortex avançait pour justifier ses pulsions dominatrices, laissent place à une logorrhée névrotique et caricaturale : travailler plus pour gagner plus, restaurer la confiance, défendre la démocratie menacée, lutter contre la menace terroriste islamiste ou corrézienne…
Désarçonnés de voir les ficelles du spectacle leur échapper, voilà nos animaux humains qui se lancent en dépit de tout bon sens dans une description somnambulique d’une réalité entièrement fantasmée : la crise est derrière nous, les pertes sont moins mauvaises que prévu, qui a touché le fond ne peut que remonter…
En face, leurs détracteurs cèdent hélas eux aussi à une croyance obstinée en la toute-puissance de la raison humaine, même perverse, même adverse.
Plutôt que de constater la dérive de leurs adversaires aux manettes, ils attribuent aux frasques de ces derniers, de sombres préméditations mûrement réfléchies et malfaisantes. Vont même jusqu’à leur concéder des vertus d’invincibilité (c’est toujours eux qui gagnent).
Et finissent au bout du compte, non pas par les combattre de front, mais par essayer de leur ressembler.
« Appuyez-vous sur un réseau »
Face à cette débandade généralisée, les derniers sains d’esprit et de révoltes ont bien du mal à se frayer un chemin acceptable, à trouver les recours providentiels. La fracassante gamelle planétaire en cours signe les limites de la démocratie et de son fait majoritaire.
Car en l’occurrence, ce sont bien ces majorités en plein délitement moral qui ont porté au pouvoir les assez pitoyables toqués qui sablent le champagne et les bonnes intentions creuses dans des G-chose surréalistes.
La violence ? Sauf à exprimer une légitime défense d’ultime recours (la Résistance), elle n’est souvent qu’un aveu d’impuissance et de désespoir.
Tout aussi compréhensible soit-elle (qu’on ne compte pas sur moi pour stigmatiser les violences des opprimés ; je ne condamne que celles des oppresseurs), elle attire comme la glu du papier tue-mouche, les insectes mauvais des futurs totalitarismes.
Dans ses expériences sur les conséquences de l’inhibition de l’action, Henri Laborit racontait que si l’on mettait deux rats ensemble dans une cage, et qu’on leur fermait toutes voies de sortie, ils finissaient inévitablement par se battre, sans autres raisons que de répondre à l’exigence suprême de leur système nerveux : agir coûte que coûte quelle qu’en soit « la punition ».
« Il (le rat pris au piège, l’homme) découvre l’angoisse. Et cette angoisse ne reculera ni devant le meurtre, ni devant le génocide. Ou la guerre. »
Mais alors, quelles portes de sortie pour le petit être humain pris au piège de sa construction qui s’écroule, de l’impasse où il s’est fourvoyé ? « La fuite », écrivait Henri Laborit dans son livre le plus célèbre, Éloge de la fuite.
Lors d’un rassemblement de « citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui », le 17 mai dernier au plateau des Glières, haut lieu de la Résistance à une précédente période de terribles dérives humaines, Stéphane Hessel (92 ans) préconisa à son jeune auditoire, de s’appuyer de préférence « sur un réseau ».
Ce réseau, c’est à peu près le nom qu’on donne aujourd’hui à l’Internet, cette autoroute virtuelle que les puissants peinent à contrôler.
C’est aussi les ramifications qui sont en train de naître spontanément à travers diverses associations comme RESF pour faire face à l’infamie, ou comme l’organisation parallèle en AMAP pour échapper aux circuits vérolés de la distribution commerciale traditionnelle.
Une “fuite” hors des voies rebattues que l’Autorité veut imposer. Ou plutôt, disons une mise à l’écart, un petit pas de côté. Certainement pas un abandon ou une démission.
Faut-il s’inquiéter de la relative marginalité de toutes ses initiatives ? Dans l’état de confusion collective où nous nous trouvons aujourd’hui, les réactions salutaires ne peuvent être que marginales, du moins en leur début. Comme les premiers corps de Résistance au début des années 40.
Peut-on comparer les deux époques ? Sauf à sombrer dans l’actuelle confusion, il apparait clairement que nous ne nous épargnerons pas dans les mois et les années à venir la traversée d’un chaos douloureux ?
Il est significatif qu’au plateau des Glières le 17 mai, les grands anciens comme Stéphane Hessel ou Raymond Aubrac côtoyaient sur la même tribune l’instituteur Alain Refalo et le psychiatre Michaël Guyader, tous les deux ayant en commun d’avoir manifesté par lettres aux autorités, leur volonté résolue de « refuser d’obéir ».
Puissions-nous être nombreux à les rejoindre.
(Ouf, c’est crevant toutes ces réflexions, vous ne trouvez pas ? Allez zou, je vous ouvre cette petite bouteille frétillante de Riesling vendanges tardives 97 pour la route ! Celle-ci risque d’être sacrément cahoteuse. Ne faites pas cette tête, il faut faire avec…)

Commentaires
Je veux bien te fournir les bouteilles, Riesling, Gewürtz, ou Tokay, je suis juste au bon endroit pour ça
Tu as raison, Yéti, réseaux réels ou virtuels, réseaux d’amis ou de militants, ou encore tout cela à la fois.
Et je rêve ou tu as remplacé saints par seins? ya encore sains, si tu veux…
@ Jardin
Écrit ce billet dans la nuit profonde, à l’heure où l’on ne sait plus trop à quel saint (sein, sain) se vouer. Merci pour la correction
Cres réseaux (RESF, AMAP) tu en parlais déjà, quand tu voulais créer les tiens, au soir du second tour il me semble Yéti…sauf que depuis ils n’ont à ma connaissance pas progressé…et en période de crise, quand on ne progresse pas, on regressse (ce qui est le cas aussi des EDQ dont tu n’as pas parlé)
Bref, rien de nouveau sous le soleil…ah si, Besancenot hier s’est fait interpellé par un salarié…et du coup, les autres partis (en
campagnemascarade politique) ont imité TF1 (quelle puissance de création ils ont!) pour le casser…pitoyable ces petits partis (nains ils sont et nains il resteront, alors que du coup notre vénéré président gagnera et deviendra grand)TOUS AUX ABRIS
@ Christophe84
RESF prend de plus en plus d’importance. Mieux, cette association bénéficie d’un avis de plus en plus favorable au sein de la population.
Et les AMAP se sont développés au point de s’être rassemblés en association nationale. Si tu veux connaître l’importance du développement des AMAP, va faire un tour par exemple dans la région de Nantes. Les producteurs ne suffisent plus à répondre à la demande.
Ceci dit, ces deux associations seraient-elles restées marginales, que ça n’aurait pas changé mon point de vue. Il n’entre pas dans mes intentions de dresser un hit-parade Médiamétrie de la résistance.
“RESF prend de plus en plus d’importance. Mieux, cette association bénéficie d’un avis de plus en plus favorable au sein de la population.”
Tu aurais pu dire que nombre de veaux qui ont voté sarko en reviennent aujourd’hui, que ça aurait été pareil ! Quand on a un pic au niveau du mal, on prend un peu de bien derrière (avant que le mal reparte de plus belle!)
Et moi ce qui m’intéresse c’est les chiffres (et bien sûr tu n’en donnes pas) et aussi les victoires (même petites), pas les leurres…
Quand aux amap, les seuls chiffres récents que j’ai sont ici
Alors, oui, il y a eu croissance apparemment, mais ça n’est plus le cas. Et le fait que nombre de militants arrivent à saturer la production des amap n’est représentatif de rien car le salut viendra bien entendu du réveil des non militants (quand à Nantes désolé mais ça n’est pasq représentatif non plus alords que dans le sud les AMAP ont au contraire du mal…mais ça n’est pas représentatif non plus)
35 000 consomacteurs contre 60 millions de CONsommateurs, victoire par ko des veaux
Et c’est pas parti pour changer…mais je serai super content de me tromper…cependant si l’optimisme est important, le réalisme l’est encore plus à mon avis…
Cependant je suis entièrement d’accord avec toi : à titre INDIVIDUEL on peut essayer d’échapper à la dérive en cours du système (enfin, sa mutation ! Vers un monde plus “sûr” !!)
“Car en l’occurrence, ce sont bien ces majorités en plein délitement moral qui ont porté au pouvoir les assez pitoyables toqués qui sablent le champagne et les bonnes intentions creuses dans des G-chose surréalistes.” :
ces mêmes majorités ,qui s’apprêtent à redonner de l’élan aux sbires de ces toqués qui sablent le champagne .C’est à désespérer .Même si ce parlement n’a qu’un pouvoir consultatif , les moutons vont redonner la majorité à la droite très à droite .
“Puissions-nous être nombreux à les rejoindre.”: il le faut …ils sont forts en face ( ils ont fait en sorte que nous n’ayons plus de contre-pouvoirs )
Une des grandes victoires du RESF, ce n’est pas d’avoir empêché des expulsions: nous en avons sûrement empêché beaucoup, et nous avons obligé le gouvernement à marquer le pas, ce qui n’est pas si mal. Notre vraie victoire, c’est que les étrangers expulsables aient pris, auprès du français de base, figure d’êtres humains: des parents, des enfants, des amoureux, des gens qui bossent et qui ne veulent plus raser les murs. Des gens qui leur ressemblent. Quand je vois quelle est l’ambiance en Italie, par exemple, une xénophobie haineuse et active, je me dis que nous avons au moins évité ça.
Une autre dérive à laquelle nous avons échappé, c’est la haine de l’enfance. Nous avons vécu une période de véritable pilonnage sur le thème “Il faut les visser dès le plus jeune âge, sinon on n’en viendra pas à bout”. Le truc a failli marcher. Mais la plupart des familles ont refusé de détester leurs enfants. La pétition “Pas de 0 de conduite pour les moins de trois ans” a recueilli 200.000 signatures en très peu de temps, alors qu’elle en espérait beaucoup moins, ne croyant toucher que des professionnels.
Des gens luttent actuellement (La nuit sécuritaire) pour qu’on n’en revienne pas à une conception de la folie du type “Surveiller/punir”si bien décrite par Michel Foucault. D’autres réseaux se créent, souvent des réseaux de professionnels qui ne veulent pas renoncer à trouver du sens à leur travail.
Minoritaires? Oui, nous sommes minoritaires. Individualistes? Non, nous ne le sommes pas.
Christophe84
Je trouve que tu y vas un peu fort pour RSF. Essaye un peu de les suivre et tu verras si leur action est si marginale et porte si peu de fruits.
Je n’en fais pas partie, je suis juste sympatisante et je n’arrive pas toujours à soutenir tous leurs appels (de l’ordre de plusieurs chaque jour dans ma boîte mail en rentrant du travail…). J’ai aussi le privilège, du coup, d’être informée des résultats concrets de leurs actions, qui ne sont pas toujours négatifs. Tiens, va faire un tour sur leur site ce soir. Il y a justement un appel urgent pour éviter à un jeune de19 ans de se retrouver demain dans un avoion pour un pays où il n’a plus aucune famille.
Tu sais quoi, je suis peut-être un peu con à tes yeux, mais un seul non expulsé grâce à leur action, qui est avant tout la nôtre, la mienne, la tienne, (ils sont, eux, un relais organiateur de nos actions), c’est un trésor.
Oui, merci le Yéti, on n’est pas dans la quantité, et on verra ce que l’histoire, si elle s’écrit un jour, dira de ces réseaux…
Une petite escapade en bateau et une partie de pêche à l’araignée? tout ça me semble d’actualité et en plus le riesling est tout à fait en harmonie avec le reste.
Merci Yéti de laisser cette petite marge qui permet de continuer à croire dans un avenir possible.
Bien sûr que les AMAP ne solutionneront pas tout mais elles sont essentielles de par leur existence même. Quant à RESF, je partage complètement le témoignage de jardin: sa première victoire a été de modifier notre regard sur les “étrangers expulsables” et dans le même temps de nous aider à prendre du recul face à la désinformation permanente qu’il s’agisse des sans papiers ou d’autres sujets qui font (ou justement ne font pas) l’actualité des médias dans notre quotidien.
tiens justement à propos de désinformation…
http://www.politis.fr/article7078.h…
C’est marrant mais des fois j’ai l’impression qu’il y en a certains qui ne comprennent pas le français…pourtant je pense être sur un blog d’une certaine qualité là…
Bre, Neige, je n’ai pas dit (ou écrit) que RESF ne servait à rien mais qu’il fait partie de ces réseaux qui ne progressent plus ! Oui ils ont de petites victoires, et on ne se privera pas de les apprécier. Mais hélas pendant que RESF gagne quelques victoires (mais de moins en moins, donc, faute de combattants…et même si les Français disent “c’est bien ce que vous faites”!), le système capitaliste, même dans ses dérives, gagne toujours du terrain et assoit sa suprématie…car oh non il n’est pas près de perdre lui, croyez moi, et tout va même aller très vite désormais…
Or on ne peut avoir le don d’ubiquité, et donc pendant que nos militants s’amusent avec les élections, affaiblissant ainsi le vrai mouvement social qui pourrait apporter une éventuelle alternative, le capitalisme sait sans doute ce qui va se passer en août, et décembre de cette année (moi je ne le sais pas encore, j’ai juste des doutes ou hypothèses)…ainsi donc tout est histoire de timing et pendant que RESF gagne une (petite) victoire, et que les autres se préparent à perdre leurs élections, c’est bien le capitalisme qui se prépare à une grande (et nouvelle) victoire.
Tous aux abris, car, oui il y a peut être des moyens d’échapper à tout ça…A TITRE INDIVIDUEL (même si on écrase un ou deux veaux au passage)
Ce n’est pas dans le mépris voire la haine,
(ce chagrin qui s’est infecté, comme le slame Souleyman Diamanka
”… je sais que la haine c’est un chagrin qui s’est infecté
Nul n’est poète en son pays et pourtant
J’ai vu ceux qui suent et ceux qui saignent
Devenir ceux qui sèment les mots qui soignent…” )
ce n’est donc pas dans le mépris, voulais-je dire à Christophe, que l’on échange ou argumente des possibles meilleurs.
On est probablement toujours le veau de quelqu’un, mais d’un troupeau différent.
Quant à se mettre aux abris à titre individuel, voilà une bien triste image mais qui illustre peut-être l’égarement et la maladie de cette époque.
Et dans le chapitre la connerie de la droite n’a pas de limite en voila une qui s’est passée à Floirac,histoire de dire que la société évolue dans le bon sens!
http://www.sudouest.com/
Cher Yéti, je ne te reconnais plus (sauf le Riesling, ça d’accord !)
D’ordinaire, tu vises juste ! Et là tu rames…
Tu décris bien la désolation générale ; mais alors on se résigne et on se tire ?
L’abstention (ou le bulletin blanc, qui de toutes façons ne compte pas), c’est tout simplement LAISSER FAIRE CE QUI SE FAIT !
Et c’est bien là-dessus que comptent ceux qui FONT, eux, leurs bonnes affaires, en se moquant des peuples !
Car ce qui se fait, ce sont les mauvais coups de la Commission de Bruxelles, relayés par un Parlement où les députés PS-sociaux-démocrates votent en choeur avec la droite 90% des décisions ! Tout en nous faisant avaler leurs parlottes “sociales”…Leur politique, ce que nous avons sous les yeux, ce sont les fameuses Directives !
Notre politique à nous, c’est l’entraide et la combativité, les chansons et le cinéma, l’amour de l’art et l’amour de la vie, envers et contre tout!
Ton programme était tout à fait bien pensé . D’autant plus qu’il ouvre une perspective de coopération dans les luttes.
Mais qu’est-ce qui pèse le plus, le texte sur le papier, ou la mobilisation des forces nécessaires en vue de populariser et d’imposer vraiment quelque chose qui lui ressemblerait ?
C’est pourquoi j’irai voter, avec ma perruque multicolore, dans le sens de l’Appel de Politis, c’est-à-dire pour le Front de Gauche, vu que le NPA, c’est quand même des diviseurs …
Et en mettant mon bulletin dans l’urne, je penserai que je fais quelque chose pour les copains, les vieux et les jeunes.
Après ça et de toutes façons, on se la fait, cette bouteille ! Moi aussi j’ai du Riesling “cuvée particulière”, de chez un vigneron de souche !
Alors A+
pas d’accord, grain de sel (si je peux me permette ) :
l’abstention, c’est refuser ce système qui se fout de nous.
voter est dérisoire au sein de tout ce chaos qui se prépare.
RESF, par exemple, puisque l’on parle de lui, est bien plus efficace, malgré ses petites victoires.
@ Grain de sel
Si la gauche n’a comme pauvre argument que le “vote utile” en opposition à Sarkozy, ce dernier a encore de beaux jours devant lui !
Bien au contraire, ce prétendu “vote utile” pour des formations ou des listes de gauche sans relief ni projets sérieux, renforce la position des voyous de la droite,
1/ parce qu’elles n’ont évidemment aucune chance de l’emporter ;
2/ parce qu’en maintenant ces insignifiantes formations sous la perfusion de nos votes (au-dessus de 5%, elles crient victoire !), on recule d’autant la création d’une véritable force de renouvellement.
Le “vote utile”, j’ai déjà donné ! Trente ans de vote socialiste pour me faire refourguer cette nullarde de Ségolène Royal et la trahison de Versailles sur le traité de Lisbonne ; un vote pour Chirac pour éviter Le Pen… et obtenir Sarkozy la fois suivante !
Les conneries, ça suffit comme ça ! Si ils (les gens de gauche) retrouvent un jour raison, je suis à disposition. Quand ils seront au fond du trou, peut-être consentiront-ils à ouvrir les yeux et à écouter un peu les autres.
En attendant, je fourbis mes cannes à pêche et je continue à bosser dans mon coin en essayant d’offrir, au cas où, des suggestions (mon petit programme, par exemple).
t’as mis le temps mais enfin

Sinon Jean Claude, ok, interpeller un enfant de 6 ans c’est du n’importe quoi et aussi les propos de darcos parle de mettre des flics dans les écoles…mais avec notre président qui a parlé du gêne de la délinquance AVANT que les veaux l’élisent (voir interview avec onfray) ne fait il pas qu’appliquer son programme? Et est ce normal que les parents laissent divaguier leurs gamins, ne s’occupent de rien, pour ensuite venir râler et imposer à la société des vols etc ? Ah elle est belle la france des veaux
Allez parlons nous, engueulons nous, rassemblons nous (?) mais demain on sera obligé de le faire ailleurs (pas plus mal finalement)
Il y a des limites à ne pas dépasser, Christophe. Pas de problème pour que tu publies de futurs commentaires ici, mais à deux conditions :
1/ que tu indiques un mail exact, comme le font tous les autres ;
2/ que tu te calmes un peu.)
où comment passer de démocrature à dictature… je partage ta colère vis à vis des mes contemporains, néanmoins je suis plus indulgent, et par optimisme je me dis que du fait de l’individu qui ne se résigne pas, du fait de réseaux, il sera possible de vivre autrement… Effectivement, ça sera difficile… Mais à coeur vaillant, rien d’impossible, non ?
Bon je m’aperçois que le com de Christophe a été supprimé, j’envoie le mien quand même, j’espère que Le Yéti va le laisser, en fait il s’adresse à tout le monde..
Oui je comprends bien tout ce que tu dis Christophe pour l’avoir ressenti.
Et puis j’ai compris ceci.
La (très) grande perversion, au sens psychiatrique du terme, de Nicolas Sarkozy.
Un pervers est d’abord très séduisant, très séducteur, il te blufferait des foules. Et ce n’est pas que dans son apparence physique, mais tout autant dans ses discours, enjôleurs s’il en est.
Mais aussi, et c’est sa deuxième particularité, il est excessivement manipulateur. Il te retourne les êtres comme des crêpes, ou, et c’est beaucoup plus parlant parce que ça fait rentrer en jeu la troisième particularité, il te retourne les êtres, comme un chat jouant avec sa souris moribonde, lentement moribonde.
Oui, le chat joue, lance sa proie, la rattrape, l’égratigne encore de quelques coups de griffes mortels et, regarde bien comme le spectacle est long et cruel.
Le chat joue, il joue de la souffrance des autres, et c’est bien la troisième particularité du pervers. Dont on pourrait dire d’ailleurs qu’il jouit plus qu’il ne joue de la souffrance qu’il procure.
Rarement tu ne pourrais le prendre en défaut et pourquoi ?
Parce que ses mots manipulateurs et sournois sont d’une intelligence telle que tu finirais par les boire comme du petit lait, il te maltraite mais c’est pour ton bien, il a raison et tu as tort, etc etc…
Alors tu es perdu(e).
N’oublions pas la maltraitance imposée à la gauche par les trahisons successives qu’il a suscitée et suscite encore.
La gauche est sa souris, il joue de nous, nous ne savons plus, nous sommes perdus.
Et surtout nous nous haïssons, et le chat jubile, oui c’était bien son objectif, nous regarder nous auto-détruire par la haine.
Avec un pervers une seule solution, se tenir derrière et loin.
Nous devons l’éloigner !
C’est à l’heure actuelle l’unique priorité, il sera temps ensuite de faire de la politique.
@christophe84/@yéti
Je trouve dommage cette querelle et j’espère que christophe reviendra sur sa décision de partir, en tant qu’animateur régulier du débat sur ce blog. Voilà c’est dit!
Sinon sur la chronique:
Comme explications, j’entrevoie 2 lames de fond qui se rejoignent et nous conduisent au point ou nous en sommes (crise systémique économique, crise de la démocratie):
Les 2 lames de fond amènent 2 natures de conséquences:
- Celle du capitalisme sur le vivant et l’humain
- Celles qui pèsent sur la notion même de démocratie
Peut-être faut-il avoir déjà fait le constat de cette double menace, pour décider de rentrer en Résistance?
Qui dit Résistance, dit Résaux, dit collectifs:
Internet est un formidable outil, à cet égard. Mais régulièrement, j’aimerais y trouver des alternatives aux blogs et aux médias d’actualités:
Quelque chose comme un espace de référence des résistances , plus collectif en terme d’édition moins sujet aux aléas de l’actualité, Pas un agragateur non plus (comme réso), ni une tribune large spectre comme agoravox.
Quelque chose entre un journal et wikipédia sur des thèmes variés de résistances (politique, arts, économie, philo, etc..).
Le programme du Yéti, pourrait s’y trouver au même titre que les expériences collaboratives d’Etienne Chouard pour une constitution Européenne, celle de Jorion pour une constitution de l’économie, RESF, etc…
Votre avis?
Merci Sybille mais non je ne reviendrai pas…enfin si juste pour poster le message que Môsieur yeti estime devoir censurer…juste pour l’enquiquiner quoi, et lui montrer à quel point il ne pèse pas lourd, contrairement à ce qu’il croit ! Sinon je continuerai à écrire sur divers blogs de la toile, autant pour me faire plaisir, qu’essayer de donner des infos, comme j’en reçois d’autres personnes (certes intéressantes, et donc pas remplies d’ego et d’orgueil, et qui ont compris que le net appartient à tout le monde, idem pour un blog dés l’instant où il est public)
@ Sybille
La “brouille” avec l’ami Christophe n’est pas grave (ce n’est pas la première
). Tu as raison, Sybille, l’animal est passionnant sauf que parfois, il déborde. Pas grave, ça arrive à tout le monde (j’ai quelques exemples douloureux me concernant). Il m’aurait juste suffi de l’alerter en privé avec l’adresse mail que tout le monde est obligé de fournir pour commenter. Sauf que le malin m’a filé un mail de comédie. Quand il jouera franc-jeu (tout de même pas compliqué), il sera de nouveau le bienvenu.
Je te dis ça à toi, Sybille, mais pas seulement… Je suis sûr que notre soupe-au-lait lira ces lignes
(PS : j’ai laissé passé son post #26 pour qu’il n’y ait pas de jaloux.)
La description de dom est assez pertinente, sauf que…l’individu pervers n’est lui-même que la MARIONNETTE des vrais puissants, en l’occurence le Cac 40 et le Medef…
Il ne suffit donc pas de changer de marionnette : c’est le traité de Lisbonne et ses complices qu’il faut démasquer !
Rappelons-nous l’erreur (ou la tromperie) des historiens qui présentent Hitler simplement comme un cas pathologique : ils masquent les vraies causes, qui sont politiques et non psychologiques :
Hitler a été porté au pouvoir par Thyssen-Krupp et Cie …
C’est notre fichue constitution qui personnalise à outrance le pouvoir, et c’est l’ineffable Jospin qui a mis les présidentielles avant les législatives…
Ce qui a pour effet de privilégier la concurrence entre individus “porteurs”, piège pervers par excellence, et d’anesthésier la conscience des citoyens !
BRECHT et la Résistible ascension d’Arturo Ui, et Grandeur et misère du IIIème Reich, ça vous dit quelque chose ?
On y voit même des militants de gauche continuer à se déchirer à belles dents dans leur prison…avant l’exécution.
Alors, tant que nous avons de quoi résister, et nous réconforter…
Ouai, OK!
Mais pour une fois que je fais une proposition (certes modeste), j’aimerais surtout avoir des retours sur ma suggestion de monter avec quelques uns d’entre vous ici et ailleurs, un site de référence des résistances!
@grain de sel
Je suis tout à fait d’accord avec ton analyse mais pas nécessairement sur les moyens.Le meilleur moyen de démasquer le traité de lisbonne n’est peut être pas de participer à une élection qui n’a d’autres ambitions que d’entériner ce traité.
J’analyse dans le post #25 un des pourquoi, de cette obsession qui ne saurait s’expliquer par l’orientation économique alors même que les précédents traités ne sont plus appliqués par ces temps de crises (dans leur orientation ultra libérale). Cette obsession s’explique bien mieux sur le plan institutionnel qui consacre définitvement l’emprise oligarchique.
Vu de cette façon, on voit bien que le scrutin du 7 juin, est de toutes les manières un piège.
En 1789, la révolution c’était de s’emparer de l’état. En 2009, ce serait de s’emparer des banques, qui ne doivent appartenir ni à l’état ni à des intérêts privés, mais à la société civile. C’est mon nouveau crédo.
Note : 2009 - 1789 = 220 = deux s’en vint ! Les nombres ont parlé, ils sont pour la révolution !
@ Sybille (et aux autres)
Il y a déjà beaucoup de “sites de référence des résistances”, et celui-là en est un ! (Voir les liens…)
Ça n’empêcherait pas d’en faire un autre exprès, et d’y mettre des textes permanents, dont le programme du Yéti !
Moi je suis pour, mais je n’y connais rien – je me contente de me promener parmi les blogs sympa…
Celui-là m’a plu parce que justement je partage l’écoeurement tous azimuths du Yéti, et la façon amicale dont il s’en sort.
C’est vrai que l’abstention peut avoir un SENS positif, mais son résultat sera immédiatement neutralisé !
Et si finalement je m’abstiens de m’abstenir, c’est parce que je crois qu’il faut quand même pousser, partout où ça bouge un peu mieux qu’ailleurs, et où il y a une petite chance d’empêcher le pire.
J’aime bien les “deux s’en vint” de Crapaud rouge… Mais attention, c’est 1984 qui approche à grands pas, hadopi, mouchards informatiques et autres fichiers pour enfants dès la crèche, des fois qu’ils voleraient la poussette du copain !
Il faut aussi montrer qu’il y aura toujours du monde, contre ça, et contre les faux-semblants.
A propos, je le vois maintenant, mea culpa pour la pièce de Brecht ! Le titre est GRAND’PEUR et misère (et non “grandeur”) . J’avais relu, mais c’était sûrement dans l’angle mort …
Bien cordialement (toujours le Riesling…)
Salut Yéti, je reprends un peu ma plume pour commenter tes précieux articles.
“Il est significatif qu’au plateau des Glières le 17 mai, les grands anciens comme Stéphane Hessel ou Raymond Aubrac côtoyaient sur la même tribune l’instituteur Alain Refalo et le psychiatre Michaël Guyader, tous les deux ayant en commun d’avoir manifesté par lettres aux autorités, leur volonté résolue de « refuser d’obéir ».”
Je sors d”une conférence débat à Montpellier à l’occasion de la sortie du livre de Bastien Cazals “Je suis prof et je désobéis”avec Jean Marie Muller et Alain Refalo entre autres désobéisseurs et il a été question de la réunion des Glières du 17 Mai.
Ceux qui y étaient ont insisté sur le caractère intemporel de la résistance et de la désobéissance civile et ils ont vécu cet évènement comme une passation de flambeau entre les générations avec un très bel exposé de Jean Marie Muller sur la nécessité de cette désobéissance qui place la conscience au dessus de tout, y compris et notamment dans le cas des fonctionnaires.
Pour info, Bastien Cazals vient de recevoir 24 jours de retrait de salaire supplémentaires qui s’ajoutent aux 12 jours qu’il avait déjà eus.
Et l’ IA, droit dans ces bottes, qui clame sur FR3, “même pour 5 minutes non effectuées, j’ai le droit de retirer un trentième du salaire mensuel…”
Quand on voit l’engagement et la Conscience Professionnelle d’un Bastien Cazals et le comportement buté et obéissant de l’IA, on se dit que désobéir devient urgent et indispensable pour l’avenir de nos gosses!
Mon ami le Yéti
Superbe billet.
Ce qui, à mon sens, tue l’humanité (entre autres) et que trop d’entre nous n’ont pas conscience d’en faire partie.
Ils se savent humains mais n’envisagent le monde, la planète, l’humanité, qu’à leur propre échelle, c’est à dire leur vie. Ils ne s’inscrivent ni dans la chaine humaine (avant moi, maintenant et après moi), ni comme élément de la planète (faune, flore, volcans, océans, eau, air…).
Partant de là, se plaçant systématiquement au centre du monde, il n’ont ni respect, ni attention, ni solidarité pour tout ce qui est étranger à eux mêmes; il leur est donc facile de priver de liberté, de coloniser, de massacrer, de détruire la nature, de trucider les animaux.
Sans états d’âme.
Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais il s’est accentué au cours des cinquante dernières années. La vie des occidentaux est une suite de fragments réglée par des horaires, par des contraintes. Beaucoup de citadins n’ont qu’un contact éphémère avec la nature. Le libéralisme effréné avait pour volonté de transformer l’ être humain en ressource: sa force ou son cerveau pour travailler, son aptitude à l’achat inutile pour consommer.
A-t-il réussi?
En apparence presque mais ce n’est qu’un leurre.
Nombreux sont ceux qui se détachent du système, et qui justement, se regroupent en réseaux.
La crise, due à l’avidité de certains, est venue battre les cartes.
Ce n’est pas le moment de baisser les bras, au contraire. Les années qui viennent seront difficiles mais c’est l’occasion, unique et précieuse, de tout repenser.
Baci le yéti
@ Céleste,
Mis ton commentaire dans ma sélection Google Reader (pas pour le compliment
mais pour la qualité de l’analyse).
merci Le yéti
je crois que je vais partir de ces quelques lignes pour rédiger un billet.
” République et Socialisme “appelle tous les électrices et électeurs républicains et socialistes à voter pour le Front de Gauche
LE 7 JUIN
NE TOURNEZ PAS LE DOS A VOTRE VOTE DU 29 MAI 2005,
VOTEZ ET FAITES VOTER POUR LES LISTES
DU FRONT DE GAUCHE !!!
http://www.frontdegauche.eu/index.p…
Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net (Numérama)
http://www.legrandsoir.info/article…
Dadvsi - Hadopi - Loppsi
Ne ratez pas l’ Histoire et allez tous voter tant qu’on vous en donne encore le droit. Car demain rien n’est plus sûr.
Plusieurs générations devront payer la crise qui engouffre les trillions de milliards dans la gueule du monstre qui nous broie, comme des stères de buches dans une chaudière en feu.
Réveillez-vous ! Nous avons changé de monde. La politique des bizounours, c’est bien fini. Le molosse s’est réveillé car le système qu’il avait inventé pour écraser les individus et les populations du monde a fini par dévorer les siens. Il ne l’accepte pas. Il refuse de reconnaître sa faillite morale et philosophique. Que croyez-vous qu’il arrive ? Ouvrez les yeux ! Le molosse a compris qu’il devait redevenir méchant. Mauvais, très mauvais pour les autres et bons avec ses semblables, la poignée de quelques centaines de fous qui dirigent la planète et la pousse vers l’ abyme. Guerres totales, sécurisation / militarisation des sociétés dites ” démocratiques “, criminalisation accéléré de la contestation sociale et demain criminalisation de la contestation politique.
Il est temps. Plus que temps. Il nous faut réapprendre à se réarmer politiquement et idéologiquement. Se reparler avec nos différences, nos histoires, nos cultures, et renforcer le cap démocratique véritable. Maintenant !
Fuir, se mettre la tête dans le sable ? Prendre la pose ?
On a plus le temps. L’adversaire a décidé de redevenir notre ennemi.
Et bien alors la guerre ! Ne pas voter le 7 juin pour les partis qui ont compris la nouvelle donne et l’ enjeu qui se fait jour, c’est abdiquer toute raison. Définitivement. Aujourd’hui et demain. Car il sera encore plus dur demain de l’ouvrir grande. L’appareil juridique qui se rigidifie ne le permettra plus. Réfléchissez-y & répondez-y en votre for intérieur.
@chris
On va encore faire une piqure de rappel, même si je sais d’avance mettre un coup d’épée dans l’eau: Le scrutin européen n’a pas vocation à changer les orientations politiques nationales. Voter fdg (ou quelque autre parti que ce soit dans la même veine) aux européennes ne coutera pas son mandat à Sarkosy, et n’a a priori pas de raison d’influer sur sa ligne politique. L’épisode hadopi n’étant pas encore bouclé, évitons de tirer des conclusions a priori.
Quoi qu’il en soit, dis toi bien, mon cher chris, que c’est aussi la faute au genre d’argumentaires biaisés et hors sujet que tu présentes (toi ici, d’autres en font autant ailleurs) que des gens comme moi ne vont pas voter. Vos ficelles sont trop grosses, bien trop grosses, ce sont de véritables câbles industriels même. Le poisson est naturellement méfiant, pour le pousser à mordre, il faut être monté fin (les pêcheurs comprendront).
Par exemple, je suis personnellement tout à fait lassé de voir désormais fleurir les menaces du type “n’entendez-vous pas le bruit des bottes?” pour arracher l’assentiment des gens dont vous sentez que le discours “classique” les laisse sceptiques. Dans le monde d’internet, recourir à de tels procédés rhétoriques porte un nom: Atteindre le point Godwin.
A ce titre, un discours plus mesuré et plus en phase avec les enjeux réels de l’Europe serait plus que bienvenu. Par exemple, la part de la députation française au parlement européen étant de 10%, comment le gars Mélenchon compte-t-il s’y prendre pour imposer (même en comptant avec son probable futur allié allemand Die Linke) une réorientation complète de l’Europe (puisque c’est bien le fond de son projet) tandis que la plupart de ses partenaires sont plutôt favorables à la production made in Lisbonne?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parlem…
Selon le graphique sur cette page, la part des partis inféodés au libéralisme est grosso modo de 80% des parlementaires. Explique donc, pour voir, quelle est la marge de manœuvre du parti que tu défends dans ces conditions?
Par conséquent, dans la mesure où un compromis en la matière serait d’une part vraisemblablement illusoire, d’autre part totalement contradictoire avec l’objectif annoncé, le programme du pdg ne conduirait-il pas la France à finalement se retirer purement et simplement des structures européennes? (Avec la question connexe sur laquelle je n’ai pas d’avis bien tranché, à savoir serait-ce une mauvaise chose de sortir de l’Europe, en définitive?)
Tu veux me faire voter pour le scrutin européen? Commence donc par me parler d’Europe, on verra à ce moment là.
Et puis les “bruits de bottes”, ça appelle surtout à faire de la “résistance”…
Et la “résistance”, elle vote pas, elle rentre pas dans le système, elle s’organise en réseaux …
Tout à fait d’accord avec Dissonance.
Pour reprendre les messages 6 de Cristophe84 et 10 de Neige, petite info qui me réjouit au plus haut point. Le lycéen de 19 ans dont je parlais, Zohïr, vient d’être libéré du centre de rétention de Vincennes…
Petit message de RSF: Zohïr a été libéré cet après-midi. Un grand merci à vous tous qui, dans toute la France, vous êtes mobilisés.
Bon dimanche
http://www.youtube.com/watch?v=3YVh…
@Dissonance
Bien lu ton argumentaire. Il sera difficile d’y répondre tant sa construction est bien écrite et bétonnée de l’intérieur.
Pas facile, c’est vrai.
Quand on sait que 80 % des lois Françaises qui régissent en partie nos existences sont le fruit de la “Commission” auto-proclamée et paraphées par le parlement majoritairement de droite en Europe, je ne saisis plus à vrai dire la fameuse audace de ne pas aller voter le 7 juin 2009.
Je rappelle que si son vote est personnel, ses effets sont décuplés d’autant et bien au delà de soi. C’est toujours une responsabilité.
Ne pas voter c’est entériner une logique européenne de la droite sécuritaire et nous livrer pieds & poings liés pour le futur.
Je sais que beaucoup sur ce blog vont clamer : ” PAS MOI , JAMAIS ! “
Même si je respecte la fibre libertaire et les actions en réseaux qui s’inventent et se renforcent, je ne nie pas non plus que le terrain laissé à nos ennemis sera vite occupé.
Pourquoi conserver cette vieille logique binaire ?
On peut balancer un bulletin dans une urne et poursuivre le renforcement des réseaux de solidarité active. Pourquoi l’un empêcherait l’autre ?
Je m’en fous que mon argumentaire ressemble à de gros ” câbles industriels ” ! Tant mieux s’ils apparaissent ainsi !
Il n’était pas question pour moi de mentir ni de travestir quoi que ce soit pour ferrer le ” poisson ” par un fil si finement invisible et rusé qu ‘il aurait été de la vraie magouille.
Je cherche surtout à faire réagir. Il est vrai que j’aimerais que les abstentionnistes votent pour le Front de Gauche ou le NPA et bien oui, je le dis, je ne cherche pas à le cacher.
L’ UMP et le parlement majoritaire de droite, européen c’est la même chose !
Enrayer le processus, permettre aux rouages de se gripper par l’envoi de députés me semble des plus urgents plutôt que de laisser une chambre ” bleu horizon ” après le 7 juin !
Quand je lis sur le site du Figaro :
“Pour mobiliser son électorat sans réveiller celui de ses adversaires…
… la majorité ( UMP ) compte imposer des thèmes chers à la droite, comme le non à la Turquie et l’immigration “
Ou : “Européennes : l’UMP se garde de crier victoire trop tôt ” , la stratégie de ne pas aller voter me semble absconse et ressemble bien à signer un chèque en blanc à cette clique dont les clones pullulent à Bruxelles.
Lien article du Figaro :
http://www.lefigaro.fr/elections-eu…
Après, de cette élections du 7 juin 2009, je n’en fais pas non plus une fin mais bien le départ fondateur des reconquêtes politiques à venir.
La droite nous la rejoue ” néofascisme ligth “, nous sommes prévenus.
Mais pour combien de temps encore tandis que les milliards d’ euros et de dollars s’engouffrent dans le tonneau des danaïdes des banques en faillite qui en réclament toujours plus, toujours plus ?
Le néolibéralisme c’est le Toujours Plus !
Et c’est à nous demain que l’on viendra présenter la note à régler, parce qu’ on nous dira que nous coûtons trop chers !
Et ce sera les milliards de déshérités condamnés jusqu’à la fin des temps aux remboursements des dettes engrangées par les élites financières de toute la planète.
Croyez-vous que celle-ci y résistera longtemps ?
Alors oK, ce vote est plus symbolique dans un premier temps que tout à fait opérationnel - même si les députés présents pourront empêcher certains forfaits de se produire par l’alerte donnée aux opinions publiques européennes - ce qui n’est déjà pas si mal.
Les symboles sont nécessaires pour renouer avec les subversions, quelles qu’elles soient et je n’ai pas l’intention de les négliger au point de prêter la nageoire à tous ces putois qui veulent contraindre la multitude à abdiquer ses libertés pour la gloire et la perpétuation d’un système devenu à nouveau complètement absurde, incontrôlable et meurtrier.
Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net (Numérama)
Je suis qdm scotché que l’on puisse encore imaginer le net comme un espace de liberté d’expression réelle…L’outil même appartient au ” grand pouvoir” non? Le net à pour destination de devenir un outil de contrôle…ne pas avoir d’abonnement sera même le signe d’une certaine “insoumission” comme ne pas avoir de teleph mobile.
Qu’est ce qui nous a pris de faire confiance à cette machine là?
J’envisage sereinement mon désabonnement.
C’est pas grave hein…
J’ai tout lu les comms …y’en à un qui me traite de veau…pas grave…
Perso je ne vois d’autre combat que celui de la gratuité…pas pour moi non…pour vos enfants ou encore plus loin très certainement…pour moi il n’y a pas d’autre sortie…(comptez pas sur moi pour développer…ça me fatigue déjà)
On peut continuer encore longtemps à jouer à touche pipi avec des concepts d’équité…tant qu’il y a un frappeur de monnaie on n’est toujours au moyen age.
Faudra bien commencer à décrocher réellement…
Je dis ça hein…pour participer
@chris
Dont acte. Plus l’échéance approche, plus les articles fleurissent, et plus les militants se manifestent. Être militant implique d’avoir la foi, or je suis viscéralement et totalement agnostique, d’où certaines réactions épidermiques de ma part.
Tout de même, si je peux me permettre un petit conseil, arrête de lire le figaro, tu te fais du mal pour pas grand chose
@Dom (l’autre
)
Si ce n’est déjà fait, intéresse-toi aux conférences d’un certain Benjamin Bayart, notamment celle-ci: http://www.fdn.fr/Internet-libre-ou…
L’internet dit libre, c’est sans doute l’alpha et l’oméga des technologies réseaux, tandis que le logiciel libre, de même inspiration, met de sérieux bâtons dans les roues du dogme de la propriété intellectuelle.
Le seul problème pour l’instant, c’est que les tenants du capitalisme libéral, politiques comme acteurs économiques, engoncés qu’ils sont dans leurs vieux schémas, n’ont absolument pas compris les enjeux de fond sur ces questions, alors ils se débattent de toutes leurs forces pour contrôler un maximum de choses.
A terme, c’est une entreprise aussi certainement vouée à l’échec que de vouloir stopper le cours d’une rivière. Même canalisée, barrée, éclusée, elle finit inlassablement par rejoindre l’océan. Les défenseurs des modèles libres (internet et logiciels) ont à cet effet employé l’image de l’avènement de l’imprimerie face au monopole des moines copistes. Ce qui résume assez finement la situation.
Paradoxalement même, l’introduction de lois aussi crétines que celle de l’hadopi pourrait bien signer l’accélération de la propagation de ce modèle alternatif. Ce n’est au final qu’une question de temps.
En la matière, les contrôleurs de tout poil ont du retard, énormément même, si on considère le niveau du débat sur la loi précédemment citée par exemple, ce qui est un renversement des rapports de forces sans précédent à mon sens. Une lueur d’espoir en quelque sorte.
J’aime bien les lueurs d’espoir moi
Sincèrement
A Sybille,
On me forwarde ce lien depuis quelques temps déjà, à vrai dire je ne sais qu’en penser parce que à vrai dire aussi je ne le lis pas vraiment : saturation de lectures, saturation de faux espoirs.
Ce matin je me suis dit : Et si c’était un peu ça (ou sur ce modèle là) ce qu’elle voulait faire notre Sybille ?
Chais pas !
Désolée par avance si c’est nul (et non avenu), vrai, j’ai l’esprit guimauve chais pas si c’est la chaleur ou le ras le bol !
Bises.
Le radicalisme, provient ou est le résultat au quotidien d’innombrable et permanent mécontentements et de vraies et profondes injustices.
Ce qui engendre des violences (parfois aveugles), des émeutes, des guerres civiles
Pour ceux qui ont lu le livre sur la constitution Européenne, tout ce qui concerne le social et résumé en quelques pages où trois mots reviennent sans cesse “nous essaierons de”… claire comme de l’encre.
Conclusion : pour les dirigeants européens le social se résume à “nous essaierons de” point à la ligne, ou circulez n’y a rien à voir
Ils auraient du mettre les nouveaux mots composés:
— éventuellement-peut-être.
— éventuellement-peut-être-sait-on-jamais. ( pour donner un peu d’espoir)
Pour toutes les catégories, exploitations de l’homme par l’homme, tout est réglé comme du papier à musique, par les mots ” nous ferons ou ce sera fait”….claire comme de l’eau de roche.
Ma conclusion en date du 27 mai 2009, officiellement le peuple a le pouvoir sauf que les dirigeants et ceux qui ont les capitaux feront ce qu’ils voudront faire, à moins de faire une révolution (sans bains de sang) organisée et bien ciblée sur les despotes et leurs armées de larbins ( je ne parle pas du personnel de maison (domestiques)
Je termine en conseillant à toutes personnes lucides et ceux qui en ont encore les moyens de se préparer, moralement, physiquement et en biens de toutes sortes, comme par exemple un champ (jardin), des semences non traité OGM ( les OGM ne donnent pas de semences pour replanter) et des outils de jardinage, et autres “outils”.
Pensez à la fin de la Yougoslavie, ce qui risque d’arriver si nos abrutis de dirigeants, ne reviennent pas à plus de bon sens.
Mieux vaut prévenir que guérir
Bonjour Le Yéti,
J’ai beaucoup aimé ton billet, surtout le passage consacré à l’analyse du professeur Henri LABORIT.
Personnellement, j’ai découvert il y a peu, cette discipline peu connue, me semble-t-il, du grand public, qu’est l’éthologie ; je ne sais plus trop d’ailleurs comment j’y suis venu mais peu importe…
Je ne me prétends aucunement être un expert en la matière, mais je pense avoir assimilé certaines notions, réflexions et conclusions.
En ce moment, lorsque je vois le monde tel qu’il se présente actuellement à mes yeux, je ne peux m’empêcher de penser à Konrad LORENZ et sa théorie sur l’instinct d’agression.
Selon lui l’instinct d’agression participe de la conservation et de l’évolution de l’espèce, notamment sous les formes suivantes : la répartition d’êtres vivants de la même espèce dans l’espace vital disponible, la sélection effectuée par les combats entre rivaux, et la défense de la progéniture.
Au sujet de l’une des fonctions de l’instinct d’agression qui vient d’être énumérée, la sélection intraspécifique, il relève un résultat paradoxal : la sélection intraspécifique produit à l’occasion des formes, des comportements, qui non seulement manquent de toute valeur adaptative, mais peuvent même nuire directement à la conservation de l’espèce. C’est qui se produit lorsque c’est la rivalité sexuelle seule qui est le critère de sélection, sans que les exigences du monde extérieur (comprenons notamment les prédateurs) jouent dans l’intérêt de l’espèce.
C’est par exemple le cas des ramures du cerf (il ne s’en sert pas contre les prédateurs, mais seulement pour évincer un concurrent) ou du plumage très coloré de certains oiseaux (par exemple, le coq faisan de l’espèce argus a des ailes si énormes qu’il ne peut plus voler, mais plus elles sont grandes, plus elles excitent la poule… et plus ce dernier a des chances d’être choisi)… Chez nous autres humains, c’est ” qui qui (kiki) a la plus grosse ” ou qui a la plus grosse BMW ou 4x4, le plus gros compte en banque, la plus belle et grande villa, etc…
Tout çà c’est le résultat paradoxal d’une certaine orientation de la sélection entre individus d’une même espèce, certaine orientation qui a été prise, parce que pour l’espèce humaine il n’y a quasiment plus, à l’heure actuelle, d’autres facteurs de sélection, notamment hors espèce.
Konrad LORENZ le dit : ” pour des raisons faciles à comprendre, l’homme est tout particulièrement exposé aux effets néfastes de la sélection intraspécifique. Comme aucun être avant lui, il s’est rendu maître de toutes les puissances hostiles du milieu extra-espèce. Après avoir exterminé l’ours et le loup, il est devenu à présent effectivement son propre ennemi : homo homini lupus “.
Du coup, la sélection intraspécifique, qui à la base doit servir à l’évolution de l’espèce, va complètement manquer son but, puisqu’elle va finalement nuire à la conservation de l’espèce.
Alors le remède ? Konrad LORENZ le voyait en partie dans la morale raisonnable, mais un peu à la manière d’Henri LABORIT, il savait que ce n’était pas une panacée ; très dur de lutter contre un instinct…
En plus, un autre éthologue, Franz DE WALL, a mis en évidence, chez nos plus proches parents, les chimpanzés, un instinct de pouvoir : ce qui fait bouger cette espèce, régie par les mâles dominants, c’est le pouvoir, son jeu et ses résultats : les femelles… Le pouvoir pour du sexe ! Les femelles, elles, donnent du sexe pour de la nourriture (elles élèvent généralement seules leurs petits) car ce sont les mâles dominants qui répartissent les ressources, dont la principale, la nourriture…
Je ne maîtrise pas beaucoup la pensée marxiste, mais je pense que sa théorie de la domination des classes n’est pas très différente des théories avancées par ces éthologues.
Et on parle de civilisation… Franchement quand je vois Monsieur Sarkozy, et ses potes des milieux financiers, je me dis qu’ils se conduisent comme des primates. En même temps, c’est normal, on est à la base des primates. Mais on est aussi autre chose, des… humains. Mais où est aujourd’hui l’humanité ?
Superbe analyse, cher yogi tougoudou. Vaut un billet. D’ailleurs je la mets dans mes sélections Google Reader (“Chez les autres…”)
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