20 janvier 2010
CE TRAVAIL QUI BAT EN RETRAITE
Martine Aubry vient de forcer le verrou de la retraite à 60 ans en annonçant qu’on pourrait bien travailler bientôt jusqu’à… euh, 61 ans ? 62 ? Plus ? Quelques timides protestations tout au plus pour la forme (Hamon). Et François Chérèque d’applaudir aussitôt à tout-va, tous stylos à signature de futurs contrats dehors.
On peut à juste titre s’interroger sur cette drôle d’idée de prolonger le temps de travail des plus anciens, quand les entreprises n’ont de cesse de vouloir s’en débarrasser au plus tôt. Et que le système laisse sur le carreau du désœuvrement des quantités astronomiques de jeunes pousses qui se bousculent aux portillons.
Pour l’heure, l’impression prévaut que c’est plutôt le travail qui bat en retraite.
Trop d’emplois inutiles ou nuisibles
En réalité, il faudra bien convenir un jour que la société de plein-emploi a disparu. Tout au long de leur histoire, les humains n’ont d’ailleurs eu de cesse d’échapper aux contraintes du travail grâce aux progrès techniques et aux gains de productivité.
Nous avons désormais atteint un tel niveau de développement et une telle saturation productiviste, que le plein-emploi se justifie difficilement. D’ailleurs, il n’existe plus nulle part. Ou alors sous forme de plus en plus précaire.
Si l’on y regarde de près, une bonne partie de ce qui reste de travail et d’emplois aujourd’hui pourraient être supprimés sans aucun dommage pour la communauté. Combien de produits inutiles, de gadgets superflus, de gaspillages éhontés au nom de la « croissance » à tout crin, de la compétitivité et de notre désir de piquer la place aux concurrents, c’est-à-dire à tous les autres ?
Les emplois faisant défaut dans certains secteurs comme nos malmenés services publics (santé, éducation…) ou ces emplois « verts » qu’on nous promet à cors et à cris, peuvent encore faire illusion. Mais ils ont bien peu de chances de compenser totalement la disparition (souhaitable) des « boulots-boulets » qui ne servent à rien, nous gâchent la vie et nous bousillent l’environnement.
Une inversion absurde de la logique économique
Nous sommes prisonniers des vieilles croyances et des idées reçues. A l’origine, l’activité économique visait à produire, via le travail, des biens et des services destinés à satisfaire les besoins d’une population. Mais avec le temps et , c’est le travail qui est devenu l’incontournable but en soi. La sacro-sainte valeur. Avec l’argent !
Vous remarquerez qu’on ne parle plus jamais de relancer l’activité économique pour produire les biens et les services et satisfaire les populations… mais seulement pour créer des emplois ! Et faire de l’argent !
Logique absurde, destructrice, et un tantinet ridicule. Mais que personne ne semble en capacité de remettre en cause, surtout pas dans nos hautes sphères.
Prétendre vouloir augmenter aujourd’hui le temps de travail, en prétextant le rallongement de l’espérance de vie et le problème des retraites, c’est s’appuyer sur un raisonnement obsolète à bien courte vue.
Une mutation indispensable de nos schémas de pensée
Qu’on le veuille ou non, de gré ou de force, viendra le moment ou nous devrons intégrer cette réalité d’un monde sans plein-emploi dans nos schémas de pensée économique, politique, sinon philosophique. Et dans notre organisation sociale.
Plutôt que de persister dans notre logique insensée, il nous faudra nous adapter. Plutôt que de vouloir rallonger le temps de travail au nom des urgences à court terme, il nous faudra inventer des modes de fonctionnement entièrement nouveaux où le travail (pas plus que l’effort ou le sacrifice) n’occupera la place centrale. Et ou ne pas travailler ne sera plus déchoir.
C’est en ce sens que j’avais proposé dans mon petit programme politique, quelques mesures comme l’introduction d’un revenu vital décent. Qui n’est ni plus ni moins qu’une re-répartition originale des gains de productivité collectifs, aujourd’hui captés par quelques rapaces à la Proglio|http://eco.rue89.com/2010/01/20/deux-millions-par-an-pour-proglio-5-excuses-bidons-134637].
Mais tant que toutes les forces politiques en place continueront d’entretenir l’illusion d’un retour au plein-emploi comme objectif ultime (plutôt que celui de la quête du bien-être pour tous), la communauté humaine continuera tranquillement d’aller droit dans le mur.

Commentaires
Cette obsession du travail…de la souffrance aussi, perdre sa vie à la gagner, faire des efforts, sans relâche, s’épuiser à la tâche ou au gain, en oublier que la vie s’écoule, que les enfants n’en sont plus et que les sourires perdus ne se rattrapent pas..
Se retrouver vidé(e), hagard(e) quand le travail se termine, quand claque la porte de l’usine, quand le chef indique la sortie…trop vieille, trop vieux…
Trop agé(e) et las(se) pour jouir du temps nouveau, du temps de la liberté…
Il faut tout repenser, arrêter de se laisser exploiter, sans ses employés un patron n’est rien.
partager le travail, que tout le monde travaille un peu et bien sûr, un revenu vital décent…
Baci
mes 10 sec de “ralage”
/morceau utopiste :
Je pense que l’humanité aurais beaucoup à gagner si elle faisait front commun sur tous les soucis qui sont entrain d’arriver (fin des matières premières (peak oil en particulier mais pas que celui là)), écologique, économique, sociétale.
Je comprend que dans le passé la valeur Argent ai été une nécessite pour avancer, mais aujourd’hui quand tout peut être gratuit ou presque, nous avons les moyens par la robotique et l’informatique de massivement automatiser,(voir le travail de Jacques Fresco sur ce sujet))et donc de se passer de la valeur argent. C’est un grand pas en avant pour l’humanité, une œuvre commune pour mettre fin à tout ceci, mettre en commun la capacité de création, de recherche, artistique, enfin avoir le choix de ce que l’on aimerai faire dans la vie, on se rendrai compte que l’on est tous identique, tous humain, le meilleur pourrait enfin sortir, mais il est tellement plus simple de se faire chier avec la valeur argent.
/fin du morceau utopiste
Maintenant l’élite qui à le pouvoir (économique, financier, politique) n’est pas prés a changer de réalité en fait tout le problème est là 1% de la population mondiale (à la louche) qui spolie le reste (pour eux la notion de travail et d’argent et surtout de pouvoir n’est pas la même ).
… bref rien de neuf sous le soleil…notre crise actuel est avant tout une crise de civilisation en particulier…
Albert Jacquard et Stéphane Zagdanski, notamment, ont rappelé l’étymologie du mot travail: “Tripalium, instrument de torture, de coercition…”
Henri Laborit: “L’homme est un être de désir. Le travail ne peut qu’assouvir des besoins. Rares sont les privilégiés qui réussissent à satisfaire les seconds en répondant au premier. Ceux-là ne travaillent jamais.”
Que l’on instaure une sorte de revenu universel, remplaçant les plus petites retraites (je pense à certains agriculteurs pensionnés survivant dans des ruines, et à tant d’autres), le chômage, le rsa, les allocations dites “pour handicapés”, etc par un revenu octroyé sans contrepartie.
Et puis un travail “selon l’envie” pour ceux qui désirent tant et tant de ces belles choses dont l’acquisition engendre rapidement la frustration et l’envie d’acquérir tant d’autres choses encore, “d’en avoir plein nos armoires, dérision de nous, dérisoire…”
Et si nous augmentions les impots sur les richissimes pour financer les 32 ou les 24 heures…
“Mais ils s’enfuieraient mon pauv’ monsieur”
“Mais ce n’est pas grave mon pauv’ monsieur”
J’avais travaillé, juste après mai 68, dans une boite pourrie à emballer des biscuits. Une jeune ouvrière m’avait raconté qu’à un journaliste venu lui demander “ses revendications” elle avait répondu: “La retraite à 25 ans”. Et elle se marrait en ajoutant qu’elle avait juste 25 ans.
Comme quoi, Volem rien foutre al païs, c’est pas d’hier.
En attendant le capital accapare les gains de productivité et le système financier parasite le travail….
Pour l’instant celui qui n’a pas de travail ou un travail précaire souffre…
Je n’ai rien contre les utopies , mais il faut reconnaître qu’elles n’apportent pas la solution des déséquilibres et injustices mondiaux.
@Yéti
Cet article est un peu fourre-tout, un commentaire exhaustif se révèlerait fastidieux. Aussi je vais me contenter de pointer deux éléments qui me paraissent pour le moins discutables:
- Sur la question des retraites, ta position me semble contradictoire:
Si le P.S. en est réduit à considérer l’allongement de la durée du travail, c’est précisément parce qu’il a pris acte de la fin du plein emploi. En effet, il n’existe que 3 façons d’équilibrer les comptes du régime par répartition:
1/ Augmenter le taux de cotisation
2/ Augmenter la durée de cotisation
3/ Augmenter le nombre de cotisants
De ces 3 options, seule la troisième requiert le plein emploi. Les deux autres pré-supposent au contraire une augmentation du ratio retraités/cotisants. C’est bel et bien la position du P.S. sur ce sujet.
- Sur la question du revenu vital décent, posons un rapide calcul:
On suppose une indemnité de 1000euros/mois/personne.
Ce qui signifie qu’il faille réunir chaque année une somme comprise entre 336 et 780 milliards d’euros - selon qu’on prenne le chiffre de la population active (ce qui laisserait par définition les inactifs, dont les retraités, sur le carreau) ou le chiffre de l’ensemble de la population. Pourquoi pas, mais un prélèvement même drastique des plus hauts salaires suffirait-il à couvrir une telle fourchette?
@ Blaise
Utopie de quoi ? Cette mutation est désormais et depuis longtemps en cours dans les faits. Le taux d’activité des 55-64 ans plafonne dans l’Hexagone à 38 % (en baisse constante). Et le taux d’inactivité des jeunes adultes de moins de 30 ans (ou ballotés entre stages et emplois précaires) est au plus haut.
Ce que je préconise, c’est une prise en compte de cette réalité vraie et une adaptation pour que personne n’en subisse, comme c’est le cas aujourd’hui, les graves conséquences.
Que proposes-tu d’autres ?
@ Dissonance
“Sur la question du revenu vital décent, posons un rapide calcul: On suppose une indemnité de 1000euros/mois/personne. Ce qui signifie qu’il faille réunir chaque année une somme comprise entre 336 et 780 milliards d’euros”.
Faux. Tu avais déjà fait cette erreur de calcul dans un commentaire lors de la publication de mon petit programme.
Je te recopie donc ici la réponse d’alors, (toujours valable) :
””Erreur dans tes comptes, Dissonance. L’État ne verse le minimum vital décent qu’à ceux qui n’ont aucun revenu ou des revenus inférieurs au minimum vital décent (dans ce cas-là, l’État compense). Pour les salariés et les actifs, le minimum vital décent est inclus dans le salaire versé par l’entreprise.
Une partie de ce minimum vital est déjà versé aux inactifs (qui ne sont pas 27 millions !) sous formes de RMI, allocations chômages, etc.
Le complément (je laisse aux spécialistes le soin de le calculer) sera récupéré par déplacement des richesses monétaires (grâce par exemple à la fixation d’un revenu maximum), mais aussi par bien d’autres moyens qui seront développés dans les prochains volets de mon petit programme.”’
Toi aussi tu fais une erreur, je cite:
“Une partie de ce minimum vital est déjà versé aux inactifs (qui ne sont pas 27 millions !) sous formes de RMI, allocations chômages, etc.”
Ce qu’on nomme “population active” en statistiques socio-économiques regroupe à la fois “actifs occupés” et chômeurs.
(source: INSEE - http://www.insee.fr/fr/methodes/def… )
Avec une population active évaluée à 28 millions et une population totale à 65 millions, ce ne sont effectivement pas 27 mais 37 millions d’inactifs qu’il faudrait rémunérer, plus les quelques millions de chômeurs, si je te suis bien.
Considérons que les mineurs de moins de 16ans ne puissent prétendre à cette indemnité, soit à la louche 12 millions de moins, on en est encore à 25 millions d’inactifs, plus les chômeurs. Si comme je pense l’avoir compris, cette indemnité est sensée remplacer les retraites, le chiffre de 25 millions est bel et bien celui à retenir. Avec environs 3 millions de chômeurs en supplément, on arrive bien aux 28 millions de la borne inférieure de mon calcul. 336 milliards annuels donc. Ma question reste valable…
Impossible de discuter tes chiffres, Dissonance. Ils reposent sur des bases qui n’ont strictement rien à voir avec mon petit système.
Dans mon petit système :
1/ l’État ne verse pas l’intégralité du NVD, il compense la différence pour ceux, en âge de travailler, qui ont un revenu inférieur ;
2/ il n’a jamais été question de garantir ce NVD dès l’âge de 16 ans (1000 euros par mois pour chaque lycéen, fichtre !)
3/ il n’a jamais été question de supprimer les retraites ;
4/ tes 37 millions d’inactifs sont-ils tous sans revenu ? Bien sûr que non. D’autant que mon système prend en compte les revenus des foyers, pas seulement celui de chaque individualité. Il prend aussi en compte le patrimoine de chaque foyer.
Etc. etc. Mais j’arrête là, car nos comptes d’apothicaires pourraient lasser le visiteur.
Le produit national brut de la France étant d’environ 1500 milliards €, la question du revenu vital décent peut se ramener à un problème de répartition de la richesse. Et c’est loin d’être une utopie révolutionnaire puisqu’un économiste d’inspiration libérale comme John Stuart Mill en faisait dès le milieu du 19° un problème central de l’économie politique. Il précisait même que la répartition dépendait des institutions en vigueur (et non pas de quelques lois surnaturelles immuables) donc du politique. Or gouverner c’est choisir non ???
“mon système prend en compte les revenus des foyers, (…) le patrimoine de chaque foyer.”
Intéressant mais casse-gueule : porte ouverte à de fausses déclarations sur la composition des foyers et la valeur des biens (c’est déjà le cas), donc contrôle, donc sanction et c’est reparti … Egalement potentiellement générateur d’injustices : ce type de dispositions est totalement dévoyé par les lois Hartzmann IV en Allemagne, où le chômeur n’est indemnisé que lorsqu’il n’a plus rien, ni lui ni sa famille, et où on peut lui demander de déménager à moins cher pour toucher une aide.
Mon utopie irait davantage vers une individualisation des droits en ne tenant compte que des enfants à charge, libre à chacun de constater qu’ensemble (ça peut commencer par le couple) on est plus fort, ou choisir de ne pas le faire. Pourquoi pénaliser ceux qui se solidarisent ? Allègement des contrôles devenus en grande partie inutiles et dont les coût directs et induits finissent par peser presque autant que les abus détectés.
Bref, my 2 cents et retour à la réalité
@ ti-cyrano
“Mon utopie irait davantage vers une individualisation des droits en ne tenant compte que des enfants à charge”
Euh, donc si dans le ménage du foyer fiscal Proglio, madame (qui ne travaille pas) choisit ce principe d’individualisation, elle percevra chaque mois de l’État, au titre du minimum vital décent, la somme d’environ 1000 euros… son époux se contentant de ses quelques 133000 euros mensuels
Ben vi. C’est exactement cela et cela me semble normal. C’est une attitude très machiste de voir madame comme “femme de” au lieu de la considérer comme une citoyenne. Ou alors une citoyenne de seconde zone, juste un ornement de son mari. Cette indemnité astronomique (tu parles de 1000€ là) lui permettra peut-être, si elle le souhaite (hum), de s’affranchir de la tutelle économique de son époux.
Vouloir mettre en place un système fondamentalement injuste sous prétexte de régler un nombre ridiculement bas de cas emblématiques, représentant au total un coût totalement dérisoire ! Il y a plein de coms comme cela dan le figaro.fr, vociférant contre ces profiteurs fraudeurs du RMI et voulant du coup un durcissement drastique des conditions d’attribution, voire sa suppression. Typique des solutions faisant plus de mal que de bien pour un coût même pas inférieur. Paraît que y’en a même un qui a poussé la logique jusqu’au bout : un fait divers = une loi.
Le scandale est la rémunération du mari, et surtout la multiplication de ses casquettes et les conditions de sa nomination, pas le versement d’une indemnité de 1000€ à une conjointe. Amha tu prends la lunette par le mauvais bout Yéti.
“un nombre ridiculement bas de cas emblématiques”
Dans mon système, le minimum vital décent est d’environ le smic actuel par adulte. Si mon exemple sur la famille Proglio était emblématique (autant qu’humoristique), le nombre de foyers fiscaux de deux adultes percevant largement plus que deux SMIC ne l’est pas.
Ceux-là ne percevront évidemment pas de MVD.
Ne nous perdons pas dans des discours théoriques totalement coupés des réalités
.
“Ne nous perdons pas dans des discours théoriques totalement coupés des réalités
“
Bah c’est samedi on peut décompresser un peu
Mais si je t’ennuie pas de pb, j’arrêterai de pourrir ton billet 
Mais c’est la définition actuelle du foyer fiscal qui me chiffonne. Je préfèrerai une imposition par contribuable, sans tenir compte de la situation matrimoniale ou “pacsienne”. Plus simple, plus juste, favorisant le conjoint économiquement défavorisé et ne nécessitant pas de contrôle.
Le principe est simple : chacun a les mêmes droits et chacun contribue à hauteur de ses moyens. Si un membre du couple ou de la communauté a une situation économique vraiment enviable, il contribuera plus largement et a de fortes probabilités de payer bien davantage que ce que recevra son (sa) conjoint(e). Pourquoi la redistribution économique devrait-elle s’arrêter au seuil du couple ?
Ce qui m’ennuie surtout, tu l’as compris car je suis lourd, c’est le contrôle. D’une rentabilité douteuse, il est de plus extrêmement chronophage en démarches et paperasseries. J’ai l’impression que son utilité tient davantage du contrôle social que de la bonne gestion. On transforme le citoyen en quémandeur soumis, prêt par obligation à obtempérer aux injonctions les plus intrusives, devant faire acte d’allégeance avec humilité et sans moufter chez Paul et ailleurs. Cet acte d’allégeance devant bien sûr être réitéré régulièrement, que ce sous-citoyen sache bien où est sa place.
Il me semble que la qualité d’un système s’évalue aussi à la simplicité de sa mise en œuvre (contrôles inclus) et au faible nombre de cas particuliers ou d’exceptions à prendre en compte.
Bon maintenant j’arrête
”Mais si je t’ennuie”
Non, non, ti_cyrano, tu ne m’ennuies pas
(L’expression “ne nous perdons pas” était juste une formule de style.)
Le bonjour vous va,
il y a un longtemps que je passe devant, je me permet d’entrer!
Concernant le” revenu minimum de dignité “, j’ai gardé un article de 2006 qui a l’air de faire son chemin, et c’est bien.
http://www.actuchomage.org/Les-doss…
Ou plus récemment, ceux-ci:
http://www.contre-feux.com/economie…
http://ecodistributive.chez-alice.f…
Je pense, que de toutes les façons, tant que dans les hautes sphères, ils n’auront pas compris ce que disait Gandhi:
” Vivre plus simplement pour que d’autres, simplement puissent vivre.”
Y ahora qué?
à Yéti : je pense que revenu vital décent est utopique parce que je ne vois pas d’un côté des salariés qui s’emmerderaient à aller au boulot , et d’autres qui seraient assurés de toucher de quoi vivre , volem rien foutre al pays…Le partage du travail me semblerait plus juste…On dit que le plein emploi c’est fini mais déjà on limiterait les délocalisations….As-tu lu sur politis la dernière usine d’écrans plats Philips , à Dreux , qui bénéficiaire délocalise en Hongrie ? Les salariés se sont battus et ont fait tourné l’usine en autogestion , comme Lip en son temps…Je n’en avais pas entendu parler ailleurs . Encore quelques centaines d’emplois et de savoir faire perdus.
@ blaise
Lors de l’instauration des congés payés, beaucoup disaient également qu’il s’agissait d’une utopie inventée par ceux qui, comme vous dites, “ne veulent rien foutre”.
La mécanisation de nos sociétés devrait aller de pair avec l’augmentation du temps libre pour se consacrer au sport, à la lecture, la réflexion, voire la sieste, etc.
Il ne s’agit pas de “vouloir ne rien foutre”, mais plutôt de vouloir faire des choses que l’on aime (ce qui est mon cas, je ne me plains pas), pour ne pas perdre sa vie à la gagner (je pense à tous ces gens qui sortent épuisés d’un boulot qui les exaspère, et qui ne reçoivent même pas un salaire décent pour pouvoir s’évader durant les congés).
Vous savez, blaise, ce qui nous semble impossible aujourd’hui, si l’on considère l’Histoire de l’humanité…. Absolument tout est possible… Ou presque.
Cordialement
@ blaise
De plus, le partage du travail que vous préconisez (et je suis absolument d’accord avec vous), aurait pour conséquences une diminution du nombre d’heures, et donc un appauvrissement encore plus conséquent… donc… si l’on veut que chacun vive décemment et que les gens s’em. un minimum de temps au boulot… à nous d’inventer un nouveau système plus équitable: un minimum de travail pour chacun allié à un revenu décent.
Quote :
“Si le P.S. en est réduit à considérer l’allongement de la durée du travail,
c’est précisément parce qu’il a pris acte de la fin du plein emploi.
En effet, il n’existe que 3 façons d’équilibrer les comptes du régime par répartition:
1/ Augmenter le taux de cotisation
2/ Augmenter la durée de cotisation
3/ Augmenter le nombre de cotisants
De ces 3 options, seule la troisième requiert le plein emploi. Les deux autres pré-supposent au contraire une augmentation du ratio retraités/cotisants. C’est bel et bien la position du P.S. sur ce sujet.”
—-Ca, c’est impressionnant !
Il n’y aurait donc que 3 solutions fermées à un problème !
Et voilà !
Nouvelle définition du socialisme :
Doctrine politique qui prétend être proche des hommes en prenant le parti des nantis dans ses décisions sociales et économiques.
Je ne vous connais pas, Dissonance, mais votre voix semble plutôt harmonique avec les doctrines du capitalisme libéral !
Quoi, vous n’envisagez donc aucune autre solution au problème des retraites ?
Mais dans ce cas, il ne faut pas parler d’opposition, mais de position à côté « paraposition » (avec un béret vert !)
On comprend mieux, à vous lire, la totale désespérance du peuple français …. Votre discours à la M. Aubry : ‘on ne peut rien faire, c’est la loi du marché !’
Si vous réagissez à tous les problèmes de cette façon, on n’a pas fini de régresser !
Vos conseillers sont déjà à l’Elysée, ça évitera d’en recruter de nouveaux !
En fait,
les positions du PS et de M. Aubry en particulier sont en phase de mutation.
Les socialistes étant persuadés, comme d’hab., qu’ils vont gagner les prochaines régionales et les prochaines présidentielles, préparent le terrain du retour.
Nous savons, par expérience (fort malheureuse et traumatisante) que le PS partage la doctrine capitaliste et n’hésite pas à user des mêmes ficelles et cordes pour ligoter les profits à leur profit !
La différence ?
Ce ne sont pas les mêmes copains qui profitent du gâteau !
Mais les pratiques sont identiques !
Alors, il faut rapidement désamorcer la bombe sociale des retraites.
Que disent les actuaires ?
Qu’il n’y a que 3 solutions (voir ci-dessus).
Et les actuaires, ce sont des seigneurs, personne ne leur résiste, ils savent tout, ont tout compris et possède la Vérité avec un grand ‘V’.
Les actuaires ne peuvent jamais se tromper, ces sont les évènements qui ne respectent pas leurs prédictions !
Ouf ! Avant la crise financière, leurs fumeuses théories commençaient à péter de partout ….
Heureusement, la crise est tombée fort à propos ! Oh ! pas pour démontrer leurs théories, non, mais pour tout remettre en cause et donc leur permettre de rebondir et de relancer la machine à casser le mécano.
Vous l’avez compris …. ou pas …. les fonds des caisses de retraites (aussi appelées investisseurs institutionnels), toutes confondues représentent une montagne de milliards vers lesquels, depuis qu’elles existent, se figent des yeux grands comme des trous de sécu sociale !
Dur dur de taper dedans (à cause des directions paritaires) …. mais même avec une petite cuillère, ça remplit bien des panses !
Bon ! je ne vais pas non plus faire un article de fond ….. je ferais ça sur mon blog si je le faisais …. mais les fonds de retraite sont dans la ligne de mire des banques depuis si longtemps que si les yeux pouvaient tuer ….. il y a belle lurette que ces fonds seraient assimilés placement toxiques !
Il n’y a personne au PS pour se rapprocher des administrateurs des caisses de retraites ?
Je sais qu’ils ne sont pas tous compétents, mais il y en a !
Sarkozy prétend qu’il ne touchera pas au principe des retraites par répartition …….
Quand il dit, il fait !
et il aurait bien tort de se gêner …. voyez plutôt comment, avec les millliards des investisseurs institutionnels les capitalistes pourraient se GAVER :
“La retraite par capitalisation, que de blabla pour faire croire à une conquête sociale alors qu’il ne s’agit que d’une opération financière au seul profit des banques.
Après 10 années de cotisations, mon capital s’élève à 54 000 euros.
On me propose un taux technique de 2,5% sans m’expliquer ce que ça signifie, et sans me proposer un taux autre.
Un taux de 2,5% signifie que la revalorisation annuelle de ma rente sera de 0,5% au lieu de 3%.
On me propose 3 rentes :
Sans réversion : 2590 / an - 215,83 mois
Avec réversion 60% : 2274 / an - 189,50 mois
Avec réversion 100% : 2103 / an - 175,25 mois
Pour vous donner un exemple comparatif, le même montant emprunté auprès d’une banque sur 20 années coûte 400 euros par mois. (sachant que l’espérance moyenne de vie ne France est, actuellement de 20 années. Mais le calcul marche aussi sur 25 ans)
Prenez votre calculette et comptez ce que cela signifie en terme de rendement financier pour une banque de prêter 55 000 euros sur 20 ans et ce que cela rapporte au rentier.
Voilà ce que le système par capitalisation propose aux rentiers : utiliser leur argent pour s’en foutre plein les fouilles !
écart : 400 (prêt) - 215 (placement) = 185 X 12 X 20 = 44 400 euros dans la poche du banquier.
Ou, si vous préférez,
Versement perçu pour 54000 euros d’économie sous forme de retraite par capitalisation : 215 X12 X 20 = 51600
Pendant que le banquier perçoit : 400 X 12 X 20 = 96000
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que par le jeu des fonds de garantie, le banquier peut prêter 3 ou 4 fois mon argent (qu’il détient en otage) à des taux variant de 4 à 20 % (taux de l’usure) et que cet argent lui rapporte un énorme pactole et que non satisfait de me spolier, il me fait payer mon propre argent pour me le rembourser !
Elle es pas belle la vie de banquier ! ?
Etonnez-vous qu’après ça les banques remboursent des milliards les doigts dans l’nez !
Si ça ce n’est pas un scandale !
L’autre scandale, encore plus monstrueux, c’est de considérer que cet argent n’est qu’à moi et que mon épouse n’y a droit que si nous acceptons une décote d’environ 20 % (de 215 à 175) soit, sur le capital : 54000 X 20% = 18000 euros !
Nous vivons dans un monde de brutes financières qui n’hésitent pas à voler le fruit du travail d’autrui.
A quand la moralisation de cet état de putréfaction ?
@Yfig
Lorsque j’énonce “les trois façons d’équilibrer les comptes”, je parle effectivement de celles les plus couramment envisagées, et notamment au P.S. La logique à l’œuvre ici est celle d’un financement endogène (concrètement, le travail finance le non-travail), c’est à dire la méthode qui semble a priori la plus légitime (cette approche est d’ailleurs également appliquée au système d’assurance chômage, ce qui n’est sans doute pas un hasard).
S’il en existe d’autres (endogènes), merci de bien vouloir préciser lesquels. Pour ce qui est des financements exogènes en revanche, il n’est pas utile d’en faire le détail dans la mesure où dans ce cadre (qui n’en est plus un, de fait), on peut envisager à peu près tout et n’importe quoi.
Quelques exemples arbitraires et/ou provocateurs pour vous en convaincre: Financement par une taxe sur l’épargne, sur les ventes de biens d’occasion, sur les transactions financières, sur la consommation d’antidépresseurs, sur les successions… Tout et n’importe quoi, littéralement.
Le propos sur lequel vous réagissez consistait simplement à relever le paradoxe d’un constat manifestement partagé entre le Yéti et le P.S. (“la fin du plein emploi”), tandis que la conséquence tirée par le P.S. soit contestée par notre hôte: Je lui faisais remarquer qu’il n’y avait pas 36 autres solutions envisageables, ce qui est effectivement le cas dès lors qu’on parte du principe d’un financement endogène.
Ceci dit, merci de me permettre de préciser cette analyse: Sur ce point, le Yéti ne s’est pas trompé (intuition ou finesse d’analyse?): Le financement de sa proposition repose également sur une redistribution des richesses produites par le travail, mais il est assimilable à l’option 1/ que j’ai précédemment décrite.
En cela cette proposition a le mérite de l’originalité (aucune formation politique ne défend une telle position, à ma connaissance), mais aussi le défaut d’une grande difficulté de faisabilité: Du point de vue de la population concernée, il y a tout lieu de penser qu’une telle mesure serait très mal accueillie, on peut même se risquer à parier qu’elle serait impossible à mettre en œuvre, les patrons “victimes” préférant certainement se délocaliser sous des latitudes plus favorables avec leur entreprise sous le bras.
Il est certain que dans de telles conditions, il serait aberrant de prôner un retour au plein emploi, car on provoquerait en fait à coup sûr une explosion du chômage - et ainsi d’autant plus de difficultés à financer la mesure en question. (boucle rétroactive - façon pompeuse de dire cercle vicieux).
Néanmoins, tout ceci n’implique absolument pas que je souscrive à la position adoptée par le P.S., bien au contraire. En prenant acte de la fin du plein emploi, j’estime que le P.S. ait en fait abdiqué le pouvoir de la sphère politique à celle de la finance.
Cette analyse peut être mise en parallèle avec celle de P. Jorion à propos du rapport de forces entre salariés d’une part et patrons/actionnaires d’autre part. Toutefois dans le cadre de cette discussion, il apparaît que l’intérêt des salariés converge avec celui des chômeurs et des retraités: Tout salarié est un futur retraité (ou tout retraité est un ancien salarié), et tout salarié est un chômeur potentiel (ou tout chômeur est un salarié potentiel). La question se résumerait ainsi en définitive à déterminer le moyen de rendre cette convergence d’intérêts effective pour inverser le rapport de forces.
@ Dissonance,
Merci de ces précisions et du caractère placide de cette réponse, sans tomber dans le flegme.
Je vais essayer de répondre sur le même ton …. ce qui m’est parfois difficle car je suis d’un tempéremment vif et souvent ironique (à un certain âge, on ne se refait pas).
Je m’apprêtais à écrire : “j’m’en fous de l’endogène comme de l’éxogène” …. vous voyez …. chassez le naturel …
Je vous le dis avant que ça me reprenne, si j’utilise des formules parfois un peu vélléitères, excessives, en fait je suis très tolérant et attentif …. l’habit ne fait pas le moine comme dit ma concierge !
Ce que je voulais dire, c’est que les caisses de retaites sont pleines et que certains aimeraient bien se mettre cet argent dans la fouille et que la technique est toujours la même : dénigrer le système pour prétendre qu’il en faut un autre !
L’EDF a besoin de fonds, privatisons EDF (n’importe quoi !)
La SNCF perd de l’argent, privatisons la SNCF …
La poste n’est plus gérable, privatisons la poste …..
La santé coûte bonbon, privatisons la sécu …
Le nucléaire est dangereux …. privatisons-le
Les caisses de retraites ne sont plus viables …. privatisons les retraites …..
Chaque fois, l’individu se retrouve face à une entreprise de droit privé, dépourvu du droit publique et des associations aptes à défendre ses intérêt !
Si les caisses de retraites perdent de l’argent, c’est parce que leurs fonds sont détournés de leur finalités. les gouvernements tapent dans cette manne pour financer des projets déficitaires ou à zéro.
C’est dans la charte des caisses de retraites …. les fonds peuvent être utilisés pour financer des projets d’intérêt général …. mais il n’est dit nulle part que ces projets doivent coûter de l’argent aux caisses de retraites !
Reprenez les comptes de résultat et les bilans des caisses et vous comprendrez pourquoi le système est en danger …. ça n’a rien à voir avec le ratio des actifs / retraités, c’est juste que le fric est détourné et que personne ne dit rien parce que ça arrange les quelques politiciens qui y comprennent quelque chose !
C’est comme ça pour tout !
Quand un débat au parlement s’attaque à l’éducation nationale, personne n’est à son poste et ceux qui sont là dorment …. pourquoi ?
C’est juste que ça les dépasse et qu’ils considèrent leur rôle comme étant celui d’une personne à l’écoute de son charcutier ou de son plombier …. seuls domaines dans lesquels ils ont une simili compétence !
Expliquez leur les transferts de fonds des investisseurs intitutionnels ou les mécanismes mathématiques de cotation en bourse et ils s’endorment dans l’instant !
Notre démocratie est un leurre et nos représentants ne servent que de légitimité à quelques grands prédateurs qui eux, s’en tireront toujours.
bien à vous
PS :
Sans fanfaronnade, j’ai été pendant sept années administrateur bénévole d’un des plus grands caisses de retraites ARCCO. Je suis retraité et j’ai mis six mois a faire valoir mes droits (3 mois pour la retraite de base et 4 pour l’ARCCO et 6 mois pour la retraite des professions libérales …)
Vous êtes au couran, je suppose, des financements de certaines sociétés privées d’investissement touristiques par les caisses de retraite ….
Ah !
Ca me démange aussi :
Reculer l’âge de la retraite doit s’accompagner d’une assurance d’un emploi ou, à défaut, d’une attribution automatique de trimestres et de points.
Car tel que ce projet est abordé en ce moment, par la droite comme par la droite (si peu à gauche), on se retrouvera avec des retraités miséreux par millions, sous le seuil de pauvreté. (ça, les actuaires se gardent bien de le préciser !)
Si ça vous intéresse, je vous expliquerai comment sont calculées les retraites …… ça va vous filer des cauchemars, je vous préviens !
Ah ! l’esprit d’escalier ….
Les actuaires partagent l’avis des économistes (ceux qui n’ont pas vu venir le krach financier) et partagent les pratiques des traders …. leur science est si précieuse …. vous comprenez, il faut bien les récompenser !
Si vous ne connaissez pas les finesses des mécanismes boursiers, difficile de comprendre l’économie en général !
Histoire de retraite Une chronique édifiante de notre temps et qui peut arriver à chacune et chacun d’entre nous. (revu, corrigé et complété)
Aujourd’hui, vous avez le droit de faire valoir votre droit à la retraite à l’âge de 60 ans. Mais ça ne veut pas dire que vous toucherez votre retraite complète.
Si vous n’avez pas vos 161 trimestres validés, et que vous ne connaissiez pas vos droits, on vous demandera de continuer à travailler jusqu’à ce que vous les ayez. Quitte à rester au chômage avec 14 euros par jour.
Tant que vous n’aurez pas atteint l’âge requis, quelque soit votre nombre de trimestres, vous ne pourrez pas profitez de la retraite.
La retraite, un monde IMPITOYABLE qui demain le sera encore bien plus lorsque vous n’aurez même pas le choix de partir à 60 et vous retrouvez avec rien ou, au mieu, l’ASS à 14 euros par jour.
Ne vous fiez pas au discours des politques, surtout pas les parlementaires et les sénateurs qui se sont concoctés des retraites dorées pour ne pas sombrer dans la misère.
La misère, c’est un luxe de pauvres ……
Voici mon expérience personnelle :
http://yfigexnihilo.hautetfort.com/…
Je me suis fourvoyé dans le lien ?
http://yfigexnihilo.hautetfort.com/…
mes excuses les plus plates.