Message à la haute finance internationale : dégage !

Tunisie, Égypte, Bahrein, Libye… Peu à peu, les dictatures vacillent sur leurs socles. Or, voilà qu’en guise de place Tahrir, c’est la place du Capitole à Madison dans le Wisconsin, USA, qui est envahie par des dizaines de milliers d’émeutiers en colère.

Regardez donc cette hallucinante vidéo… montée par le camp conservateur pour discréditer les manifestants, et qui aboutit au résultat inverse.

L’objet du courroux ? La décision du gouverneur Scott Walker, de « faire des économies » pour sauver les finances en charpie de son Etat en révoquant la plupart des droits syndicaux : interdiction de négocier les retraites, les régimes de santé ou les conditions de travail, contributions aux régimes de retraite et de santé quasi multipliées par deux.

Avec en sus, un communiqué officiel explosif :

« Si le gouverneur déclare l’état d’urgence, le projet de loi permet de nommer des responsables prêts à licencier tout employé qui serait absent durant trois jours sans la permission de son employeur ou de tout employé qui participerait à une action organisée dans le but de stopper ou ralentir le travail. »

Réaction immédiate : plus de 13.000 manifestants le mardi 15 février, puis environ 30.000 le lendemain. Parmi les protestataires : pompiers et policiers de la ville en uniforme, enseignants, étudiants, employés municipaux… Et les mouvements de se répéter et de s’étendre les jours suivants.

La crise sans issue d’une dictature globalisée

La gangrène de la Grande Crise n’en finit pas de se répandre. Jusqu’au cœur de l’Empire, Aujourd’hui, ce sont la presque totalité des cinquante États américains qui sont en situation de virtuel défaut de paiement. Comme de vulgaires Islandais, Grecs, Irlandais, Portugais…

Comme nos régions à nous, nos cantons à nous, nos villes dont beaucoup se préparent à établir des budgets déficitaires pour 2011. Comme notre pauvre État français qui, indigent, ne peut que laisser dépérir ses systèmes éducatif, de santé, sa justice…

Voilà maintenant plus de trois ans que cette Grande Crise systémique a éclaté. Que nos sociétés opulentes n’en finissent pas de péricliter. Trois ans que nos savants fous de la haute finance, dépassés par leur créature, dansent comme des possédés sur le pont supérieur de leur Titanic en s’arrachant ses ultimes dépouilles.

Trois ans que leurs affidés politiques, de sommets pompeux en réunions à la diable, de G trucs en déclarations d’intentions vaseuses, promettent régulation, moralisation, retour à une normale. Qui ne viennent pas, et pour cause.

Un message clair : « dégage ! »

La dictature financière globalisée et incontrôlée est à nos populations occidentales ce que Ben Ali est aux Tunisiens, Moubarak aux Égyptiens, Khadafi aux Libyens. Rien ne sera possible tant que demeurent ces tyranneaux pathétiques avec lesquels il est illusoire de vouloir composer.

Les populations commencent à le comprendre, et surtout à le ressentir, un peu partout dans le monde. En Tunisie, en Égypte, en Libye. Et maintenant, sur la place du Capitole, Madison, État du Wisconsin, USA. Seuls les naïfs, les peureux et les idiots croient encore qu’il puisse en être autrement.

Beaucoup sont encore paralysés par la peur, s’accrochent à des lambeaux d’illusions, se réfugient derrière l’atonie supposée de leurs voisins, l’indifférence décrétée des jeunes, s’apprêtent à régresser entre les bras faussement maternants de l’extrême-droite, ou à voter petit bras pour un des affidés du système au prétexte qu’il présente un peu mieux que l’autre.

Mais qui aurait aussi pu prévoir il y a encore quelques semaines l’ampleur des révolutions arabes ? Qui aurait pu prévoir les émeutes de la place du Capitole à Madison, Wisconsin, USA ? Ou encore ce mercredi 23, la reprise des troubles à Athènes (Grèce) ?

Encore un peu et vous verrez que sous la pression des catastrophes en chaîne, les foules s’enhardiront enfin à lancer à la haute finance internationale et aux oligarchies qui la soutiennent, un message clair : dégage !

Notes

24 février, 15h34 : Rue89 vient de publier ce billet avec un titre encore plus offensif que je ne l’avais osé : Message à la haute finance internationale : dégage !
Adopté et par conséquent modifié ici-même.