19 juin 2017

Bilan 1/2 : la stratégie plutôt gagnante de la France insoumise

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Jean-Luc Mélenchon, élu dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône

C’est entendu, la France insoumise n’aura pas, et de loin, réussi son pari d’inverser la tendance présidentielle en imposant une cohabitation au président Trouducul. Mais le bilan du mouvement emmené par Jean-Luc Mélenchon est pourtant loin d’être négatif.

Lors de ces législatives désertées à chaque tour par plus de la moitié des électeurs inscrits, la FI aura gagné sur deux tableaux :

  • obtenir suffisamment d’élus (15 minimum) pour former un groupe à elle toute seule et pouvoir donner de la voix dans l’enceinte du Palais Bourbon ;
  • reléguer ses principaux concurrents — PCF, EELV — au rayon des vieux souvenirs et devenir la première force de gauche face à la coalition “en marche”.

Qu’aurait donc obtenu de mieux la FI en cédant aux pressions à l’union lancées par les deux “vieux souvenirs”, sinon une reproduction du triste Front de gauche laminé par les manigances d’un appareil communiste à la dérive ?

La guerre politique va continuer loin des isoloirs

Certes, LREM obtient une majorité écrasante à l’issue de ce 2nd tour des législatives. Certes, les Républicains sauvent leurs meubles. Certes, le PS, malgré sa cuisante débâcle, obtient sensiblement plus d’élus que la FI.

Mais le taux d’abstention, extravagant et inédit, lamine gravement la crédibilité de cette nouvelle “représentation nationale”. La guerre politique va désormais pouvoir se continuer loin des isoloirs.

Dans ce contexte de dilution démocratique accélérée et de démolition sociale annoncée par ordonnances, ce serait bien le diable si, pendant ces cinq prochaines années, n’apparaissait pas une de ces minorités agissantes qui bouleversent régulièrement l’Histoire. La France insoumise y a incontestablement une carte à jouer.

=> À suivre : Place à la guerre politique loin des isoloirs

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