Mise au point : je ne respecte que les résultats électoraux qui me conviennent

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Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, mène une campagne législative à succès dans le 19e arrondissement de Paris !

On me demande : pourquoi t’investir autant dans ces campagnes politiques, après tout le mal que tu dis depuis des années dans tes billets sur la démocratie. ce triomphe de la « médiocrité majoritaire » ? Eh bien, réponse très simple : parce que je me fous du résultat… sauf s’il me convient !

« Désintéressons-nous, une fois pour toutes, des élections ! » clame Alain Badiou dans un texte confié à Mediapart. « Hystériser les résultats d’une élection [au prétexte qu’ils vous sont contraires, ndlr] ne mène à rien qu’à une dépression vaine. » Pour le philosophe de la pensée communiste, la France majoritaire est indécrottablement « pro-capitaliste et droitière ».

Je partage évidemment cet avis qu’aucun progrès social, aucune révolution, n’est jamais sorti des urnes et qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de ces dernières. D’autant plus que leur démocratie a depuis longtemps viré à la mauvaise farce, tant elle est outrageusement manipulée par l’oligarchie dominante et sa clique médiatique (cf. le produit “Macron”).

Mais pourquoi se priver de cette arme, même frelatée, qu’est le bulletin de vote ? C’est à une guerre politique sans merci à laquelle nous devons nous livrer. Aucune arme ne doit être négligée, fusse celle d’un cynisme électoral bien pesé. Et s’il vous plaît, ne venez pas me braire que le vote engage celui qui y recourt, que “qui ne dit mot consent” ou patati patata. Ce genre de fadaises ne me fait plus ni chaud, ni froid. Mon degré et mes limites d’engagement, c’est moi qui en décide comme je veux, quand je veux !

Il y a belle lurette que leur démocratie ne m’apparaît plus que comme un vulgaire leurre à couillons : voyez comme le camp d’en face en respecte le résultat quand il lui est chagrin : programmes foulés au pied, renversements de gouvernements en Amérique latine, étranglement financier de pays comme la Grèce, réédition, voire négation, de référendums “nonistes”…

Le bulletin de vote n’est qu’une des armes politiques dont je me sers sans la moindre vergogne, ni le moindre sentiment mystique d’aliénation. Avec la désobéissance, la rébellion, le coup de pied au cul…

Ceci dit, si vous voulez bien, je repars illico à ma campagne pour les législatives avec la France insoumise !